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Y aura-t-il de la neige pour Noël ?

Numéro 1 – 2021 - classe sociale inégalité skier par Laurence Rosier

février 2021

L’ancien président de la République française Valéry Giscard d’Estaing vient de mourir. Récemment, le Premier ministre belge Alexander De Croo a déploré le fait qu’à cause du virus, nous ne pourrions pas aller skier. Tandis que le Premier ministre français Jean Castex déclarait : « Bien entendu, il sera loisible à chacun […] de se rendre dans ces stations […]

Le Mois

L’ancien président de la République française Valéry Giscard d’Estaing vient de mourir.

Récemment, le Premier ministre belge Alexander De Croo a déploré le fait qu’à cause du virus, nous ne pourrions pas aller skier. Tandis que le Premier ministre français Jean Castex déclarait : « Bien entendu, il sera loisible à chacun […] de se rendre dans ces stations pour profiter de l’air pur de nos belles montagnes, des commerces, hors bars et restaurants, qui seront ouverts. Simplement, toutes les remontées mécaniques et les équipements collectifs seront fermés au public. »

Quel rapport entre le décès de l’un et les déclarations des autres ? …

Le ski… En effet, lors de son septennat, Giscard avait innové en matière de communication politique, en posant comme skieur dans les médias. L’accordéon d’un côté, les spatules de l’autre, et entre les deux le petit déjeuner avec les éboueurs, comme indices d’un rapprochement avec le peuple1 ?

Nous, skieurs, skieuses ?

De quel « nous » privé de ses vacances s’agit-il ? Qui est ce « chacun » qui pourra, au contraire, profiter des stations hivernales ?

Certes les politiques usent abondamment du nous inclusif, au-delà des différences ethniques, sexuelles, sociales, idéologiques, un nous qui se veut rassembleur et homogène et qui révèle d’où le ou la politique parle, avec ses habitus de classe et d’espace.

Après tout le film Les Bronzés font du ski participait aussi de la mythologie des vacances du « Français moyen », mais pas de la réalité sociologique de ces vacances2.

Le ski alpin fait donc partie des activités sportives regroupant des adeptes à fort capital, économique, mais aussi culturel. En 2012, une étude l’affirmait : « Malgré une apparente démocratisation des sports d’hiver amorcée dans les années 1970 – 1980, et largement évoquée par les pouvoirs publics et les stations elles-mêmes, la pratique du ski reste encore aujourd’hui une activité économiquement couteuse, aussi bien en termes de déplacement, d’hébergement, de matériel, que de péage à la pratique (forfait de remontées mécaniques)»3.

Du ski et des Belges

En février 2020, l’Observatoire des inégalités en France indiquait que les sports d’hiver restaient « une pratique de privilégiés ». En effet, « 40% des cadres partent en vacances l’hiver au moins une fois tous les deux ans, contre 9% des ouvriers. Seuls 8% des Français partent au ski au moins un an sur deux4 ».

Du côté de la Belgique, certains sites de voyages avancent le chiffre de 730.000 Belges se rendant au ski au moins une fois par an, un article de L’Avenir parle lui de 510.000 Belges (2018).

Selon une autre étude, lancée par Savoie Mont Blanc et publiée en début d’année, 1,5 million de Belges se rendent, en effet, régulièrement aux sports d’hiver, dont 730.000 au moins une fois par an, générant 940.000 séjours à la montagne chaque hiver. Un article encore évoque finalement… 7% de Belges adeptes de ces vacances.

Peu de recherches portent sur l’homogénéité sociale des profils des skieurs, mais les habitudes de consommation comparent toujours les francophones et les néerlandophones (exemple « francophones en février, Flamands en janvier », « Wallons en France », « Flamands en Autriche et en Allemagne », « Brabançons en Suisse voire vers des destinations moins courantes, Scandinavie, Amérique du nord »).

« Parmi les Belges, les Anversois à eux seuls pèsent quelque 21% de parts de marché pour les sports d’hiver, ce qui explique que depuis quelques années, on entame des démarches plus proactives pour capter ce marché-là5. »

Bien sûr, on ne parle pas des skieur·ses d’un jour à la Baraque Fraiture, ou de ceux et celles qui vivent au bord des pistes ni des voyages scolaires qui parfois offrent (moyennant des soupers spaghettis, des ventes de lasagnes et de gâteaux divers pour faire baisser le prix pour chaque élève, je parle d’un vécu) l’unique possibilité d’apprendre à skier pour de nombreux enfants… ou encore de ces cibles économiques des promotions que sont les étudiant·es : « On peut émettre l’hypothèse d’une accessibilité à la pratique du ski favorisée pour les jeunes étudiant·es, compte tenu de la multitude des offres attractives les ciblant (“remises étudiants”, tarification des forfaits, hébergement collectif…) et de l’usage de systèmes D, notamment en termes d’hébergement (chez des amis, de la famille) et de transport vers les sites de pratique (autocars, train, covoiturage).»

Aujourd’hui cependant il apparait que « les (jeunes) bronzés ne font plus de ski », comme le soulignait Le Monde du 3 janvier 2020, en raison du cout et aussi, on y reviendra, parce que cela ne les fait pas rêver : « voire ils trouvent ça un peu aberrant en des temps de dérèglements climatiques6 ».

De la diversité de la pratique ?

Dans le Daninoscope paru en 1963, l’écrivain et humoriste Pierre Daninos consacre une entrée de son dictionnaire personnel au ski. Notre sociologue spontané, qui lisait Pierre Bourdieu et Georges Gougenheim, décrit le ski tel qu’il l’aime, avec ses dangers de chute et ses neiges différentes selon les saisons (consistance hivernale ou poudreuse du printemps) et surtout la solitude recherchée des pistes : « J’aime la solitude dans l’immensité alpestre et le silence des sommets, mais comme j’obéis à la règle numéro 1 stipulant que l’on ne doit jamais partir seul en altitude, cela supposerait que les compagnons se tiennent à distance ». Le ski idéal pour l’auteur est un ski solitaire, composé de promenades et non de performances ou de cabrioles audacieuses et dangereuses. En effet, il y des pratiques de ski et non un savoir-faire ou une technique unique. Dans les études déjà citées, la pratique est décortiquée et démultipliée en fonction de divers critères : rapport au temps, rapport à l’espace, rapport aux autres, rapport aux corps pour déterminer les formes sociales des pratiques (par exemple le snowboard, le ski en club, les autres sports pratiqués pendant l’année, le matériel loué ou acheté, types de pistes, le gout des beaux paysages…). Et aussi le genre…

Variété de genre, constance sociale ?

Si le ski reste un bastion classiste, il apparait que cette discipline soit plutôt moins genrée que d’autres domaines sportifs. Mais il faut différencier skieuses… et skieuses. En 2012, les données nationales en France pour la pratique du ski alpin évoquent une certaine parité de représentation des skieur·ses avec 11,2% de femmes contre 13,1% d’hommes.

On a assisté cependant, dans le domaine du marketing, à la « féminisation du sport » c’est-à-dire l’adaptation des marques à la pratique féminine. Qu’est-ce que cela signifie ? Que des gammes spécifiques vont apparaitre dans les grandes marques, ce qui est classique, mais, au-delà, plus profondément, interroger les pratiques de façon genrée : qui sont les pratiquantes de snowboard par exemple ou comment les femmes choisissent leur matériel. Ce sont plutôt des femmes des classes aisées qui sont présentes sur les pistes et il s’agit de « préciser l’influence du capital économique et ses implications par rapport aux dimensions des concepts de forme de pratique et de logique de consommation » (op.cit.). Ces pratiquantes, par exemple, sont souvent mariées à des hommes occupant des postes professionnels hauts et disposent d’une résidence secondaire.

Le ski tel que Pierre Daninos l’aimait superposait, lui, des caractéristiques masculines et féminines : pratique solitaire alors que les femmes la jouent collective en la matière, mais pratique de contemplation et non de compétition et de risque, ce qui reste encore l’apanage des femmes. « De manière globale, les femmes pratiquent le ski davantage pour la convivialité, le paysage et la détente que pour dépenser leur énergie (11%), s’amuser (11%) ou prendre des risques (7%)» (op.cit.).

Si on regarde maintenant sur le plan des compétitions, on voit, à la lecture du palmarès de ski alpin, que les femmes ont d’emblée été présentes lors des premiers championnats dans les années 1930. Elles y concouraient avec les mêmes épreuves que leurs homologues masculins. Il y a sans doute une ouverture sociale qui a pu jouer (cela valant aussi pour les garçons de milieux modestes): des petites filles habitant à proximité ou dans des stations de ski peuvent s’y entrainer à moindre frais et développer de façon systématique leurs aptitudes. C’est ce que raconte la championne olympique de descente 2002 Carole Montillet qui a grandi dans le Vercors : « J’ai commencé le ski à l’âge de cinq ans avec mon père et ma sœur Christèle, ma maman ne sachant pas du tout skier. Voyant que nous étions toutes deux rayonnantes à chaque sortie, mon père décida de nous inscrire au Club des Sports de Villard de Lans pour que nous puissions skier le plus souvent possible. »

Le ski dans l’imaginaire : un horizon démocratique ?

Pourquoi l’imaginaire du ski et ses entours sont-ils largement répandus ? Au-delà du ski, il y a la neige, plus ou moins largement partagée en fonction des climats ; il y a le chalet, qui peut représenter aussi un habitat modeste ; la raclette et la fondue, souvent mises au menu des tables peu fortunées pour les fêtes. Il y a l’image de la montagne, si bien chantée par Jean Ferrat. Le cinéma a aussi contribué à la constitution de cet imaginaire paradoxal : on a l’impression que le monde du ski nous est familier même si on ne s’y est jamais rendu. J’ai évoqué Les Bronzés font du ski, mais les films de ski comme les scènes culte de glisse jalonnent l’histoire du cinéma. Les James Bond, par exemple, comportent de célèbres scènes de ski dans des décors impressionnants. En 1969, dans Au service de sa majesté, George Labenzy fait un tour dans les Alpes suisses. Roger Moore glisse sur les pentes de Saint-Moritz dans la première scène de L’Espion qui m’aimait (1977). Dans Rien que pour vos yeux, en 1981, c’est à Cortina d’Ampezzo, au cœur des Dolomites, que le même réalise des exploits à ski et en bobsleigh. Pierce Brosnan, Daniel Craig vont aussi tracer leurs sillons d’agents secrets en accomplissant performances et scènes poursuites dans un univers de neige.

Dans le registre du film français de genre (« comédie familiale et vaudeville en station de ski »), on retiendra pêle-mêle Aux frais de la princesse en 1969 avec notamment Francis Blanche, Michel Galabru, Jean Poiret et Marthe Mercadier ! Le synopsis indique qu’aller en vacances d’hiver est un privilège, mais constitutif d’un modèle familial et culturel : « Achille, Hélène et leur fils Zizi ont gagné le concours de la famille française modèle et peuvent partir, accompagnés de la tante Gabrielle et du garde champêtre Dagobert, pour un séjour d’une semaine aux sports d’hiver…»

La femme de mon pote en 1983 tourné par Bertrand Blier se passe à Courchevel, où Thierry Lhermitte gérant d’une boutique de vêtements de sports d’hiver marivaude avec Isabelle Huppert et Coluche dans des décors enneigés. L’étudiante avec Sophie Marceau en 1988 commence dans une télécabine où la jeune femme séduit Vincent Lindon en enlevant bonnet et écharpe. Les Marmottes d’Elie Chouraqui mêle via familiale et amoureuse de parisien.nes à Chamonix. En 2003, Taxi 3 se passe à Tignes et Tout Schuss en 2016, avec José Garcia, écrivain reconverti en papa accompagnateur des pistes, se déroule à Contamines. Le cinéma français vend bien ses stations de ski.

Mention spéciale aux films de l’acteur et réalisateur Lucien Jean-Baptiste. Pointant les stéréotypes ethniques et classistes, ses longs métrages La première étoile (2009) et La seconde étoile (2017) abordent la question de la mise en avant de certaines populations en vacances de neige. Ségrégation sociale, raciale et spatiale des aventures d’une famille française dont le père est né aux Antilles.

« Alors que les copains de classe s’esclaffent à l’idée que la famille Elisabeth aille skier — au motif que les Noirs, ça ne skie pas —, le pauvre Jean-Gabriel prend conscience du budget gigantesque qu’il lui faut rassembler pour payer ces vacances à ses trois enfants et bricole des idées aussi bancales qu’originales pour y arriver. »

Bref le film de ski est un film de genre qui se décline du renouvèlement de la course poursuite à la comédie familiale, axée autour des fêtes de Noël, en filigranes des fractures sociales et raciales. Et il nous donne l’impression « d’en être », même si les jeunes d’aujourd’hui associent le ski à des souvenirs anciens, peuplé de Heidi et de Belle et Sébastien (d’après une étude de l’agence de conseil Poprock sur un panel de 12.000 jeunes de 15 – 25 ans à propos des activités de plein air, janvier 2020).

Pour terminer par une « ouverture » : et le moniteur de ski ?

Eh bien oui, sans moniteur pas de ski : la question de l’apprentissage passe par une figure genrée dans l’imaginaire. Est-ce dû à son histoire ? Le vaste champ des études sur le ski7 et son implantation en France insiste sur le développement de la pratique dans les montagnes hexagonales sur des bases hygiénistes au début du XXe siècle, pratique encouragée par l’armée et l’État comme un moyen de propagande nationale et d’habileté technique (former des skieurs miliaires, avant progressivement de poursuivre un intérêt touristique). Les premiers moniteurs seront donc des « montagnards passés par les écoles militaires de ski ». Dans un article intitulé « Le métier de moniteur de ski. Sociologie d’une profession atypique » (2015), Yohann Rech mentionne que plus largement « le tourisme participe souvent à enchanter le monde social » et que, spécifiquement, « le métier de moniteur de ski s’inscrit dans cette logique en étant souvent socialement fantasmé ». L’article n’adopte pas une perspective de genre, ce qui donne à penser que l’emploi de moniteur est donc au masculin dit « générique », les femmes étant mentionnées de façon spécifique uniquement lorsque la question de la protection sociale est abordée : « Une autre illustration peut être faite avec le cas des femmes enceintes, qui se voient elles aussi contraintes de travailler pour subvenir à leurs besoins sans pouvoir bénéficier d’un aménagement du temps de travail et d’exercer, parfois jusqu’à une date très proche du terme, un métier relativement physique » (op.cit.).

Une rapide consultation de pages diverses du net renvoie, en effet, à cette figure masculine fantasmée : « Côté femme, vous rêveriez d’avoir Barack Obama en moniteur de ski sur les pistes » , « mon fantasme je l’ai assouvi l’hiver dernier en ayant une histoire avec un moniteur de ski!!! je me serais cru dans Les Bronzés font du ski…»

« Avouons-le, les moniteurs de ski sexy n’existent que dans les films. Dans la vraie vie, on a plutôt le droit à Gégé, Haute-Savoie, cinquante ans, amateur de génépi. Mais ne perdez pas espoir… (“Calendrier sexy des moniteurs de ski 2014!”, “séduire le moniteur de ski, le réparateur d’électroménager, le livreur de pizza : les fantasmes de séduction d’hommes virils, sportifs ou de milieux sociaux différents ont la cote”)8»…

En 2019, le film Les petits flocons réalisé par Joséphine de Meaux aborde sous le mode humoristique « le syndrome du moniteur de ski ». L’actrice et réalisatrice avait auparavant réalisé un documentaire La mélancolie des télésièges où elle interrogeait des moniteurs et des élèves : « j’ai repensé à mon enfance, aux vacances en famille à la montagne et au bonheur intense que me procuraient les cours de ski, j’étais systématiquement amoureuse de mes moniteurs. Et je me suis soudain rendu compte qu’à cause d’eux, j’avais cru, à tort, que la vie serait géniale, facile et belle parce qu’il suffisait de les suivre pour que tout fonctionne et que quand on tombait, ils nous relevaient aussitôt avec un grand sourire. Il m’a semblé évident que j’étais atteinte du syndrome du moniteur de ski. » Et d’ajouter : « Cela m’intéressait de reconnecter les gens avec leur enfance, avec le terreau de leur imaginaire ».

On le voit, les déclarations politiques sur le ski m’ont amenée à explorer des pistes de recherche passionnantes autour de la sociologie de cette pratique sportive, de son économie, de son histoire, de ses imaginaires…

Nous n’irons pas au ski, nous n’y sommes jamais allé·es, les jeunes ne rêvent plus de hors piste et il n’existe pas de film montrant des déclassés au ski… à suivre et à poursuivre…

Le titre de cet article est repris du film éponyme réalisé par Sandrine Veysset et sorti en 1996 qui raconte le quotidien brutal d’une famille à la campagne.

  1. Le Dauphiné libéré titrait en 2016 : « Giscard, le skieur de l’Elysée…».
  2. « Les vacances au ski restent un entre-soi des classes supérieures », France Info, février 2017 ; « Trop bourgeois, pas assez écolo, ils ont choisi de boycotter le ski », L’Obs avec Rue89, décembre 2017 ; « Sports d’hiver, sports de riches, moins d’un Français sur dix part en vacances au ski », Le Monde, février 2018 ; « Les sports d’hiver restent-ils destinés aux privilégiés ?», Libération, avril 2019.
  3. Vignal B., Champely St., Chantelat P., « Dualités de forme de pratique féminine de ski et de consommation de matériel de glisse », Management & Avenir, 2012/7, n° 57, p. 113.
  4. « Les sports d’hiver, une pratique de privilégiés », Observatoire des inégalités, 10 février 2020.
  5. Remacle Th., « Le Belge, complètement accro aux stations de ski », DH.
  6. Rollot C., « Les (jeunes) bronzés ne font plus de ski », Le Monde.
  7. Drouet Y. et Luciani A., « À l’origine du ski français, le discours commun de l’Armée et du Club alpin français (1902 – 1907)».
  8. Benoit Chr., Rêves et fantasmes érotiques, Editions de Mortagne, 2005.

Laurence Rosier


Auteur

Née en 1967, Laurence Rosier est licenciée et docteure en philosophie et lettres. Elle est professeure de linguistique, d’analyse du discours et de didactique du français à l’ULB. Auteure de nombreux ouvrages, elle a publié plus de soixante articles dans des revues internationales, a organisé et participé à plus de cinquante colloques internationaux, codirigé de nombreux ouvrages sur des thèmes aussi divers que la ponctuation, le discours comique ou la citation ou encore la langue française sur laquelle elle a coécrit M.A. Paveau, "La langue française passions et polémiques" en 2008. Elle a collaboré au Dictionnaire Colette (Pléiade). Spécialiste de la citation, sa thèse publiée sous le titre "Le discours rapporté : histoire, théories, pratiques" a reçu le prix de l’essai Léopold Rosy de l’Académie belge des langues et lettres. Son "petit traité de l’insulte" (rééd en 2009) a connu un vif succès donnant lieu à un reportage : Espèce de…l’insulte est pas inculte. Elle dirige une revue internationale de linguistique qu’elle a créée avec sa collègue Laura Calabrese : Le discours et la langue. Avec son compagnon Christophe Holemans, elle a organisé deux expositions consacrées aux décrottoirs de Bruxelles : "Décrottoirs !" en 2012. En 2015, elle est commissaire de l’exposition "Salope et autres noms d’oiselles". En novembre 2017 parait son dernier ouvrage intitulé L’insulte … aux femmes (180°), couronné par le prix de l’enseignement et de la formation continue du parlement de la communauté WBI (2019). Elle a été la co-commissaire de l’expo Porno avec Valérie Piette (2018). Laurence Rosier est régulièrement consultée par les médias pour son expertise langagière et féministe. Elle est chroniqueuse du média Les Grenades RTBF et à La Revue nouvelle (Blogue de l’irrégulière). Elle a été élue au comité de gestion de la SCAM en juin 2019.
 Avec le groupe de recherche Ladisco et Striges (études de genres), elle développe des projets autour d’une linguistique « utile » et dans la cité. Elle est Codirectrice de La Revue nouvelle.
La Revue Nouvelle
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