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Vous avez dit « traumatisme institutionnel » ?

Numéro 2 - 2018 par Renaud Maes Michel Sylin

avril 2018

La notion de trau­ma­tisme ins­ti­tu­tion­nel fait dou­ce­ment son che­min de col­loques en articles scien­ti­fiques. Sou­vent sol­li­ci­tée pour com­prendre des phé­no­mènes col­lec­tifs de malêtre au tra­vail mar­quant des entre­prises frai­che­ment pri­va­ti­sées, cette notion a pour­tant une por­tée bien plus large. Pont entre socio­lo­gie et psy­cho­lo­gie, son usage est por­teur d’enjeu tant pour les cher­cheurs que pour les citoyens.

Article

Depuis peu, on voit se déve­lop­per une lit­té­ra­ture qui s’inquiète du « trau­ma­tisme ins­ti­tu­tion­nel » (Cha­pe­lier, 2017). L’intérêt pour cette ques­tion est né dans la conti­nui­té d’une série de « faits média­tiques » qui ont émaillé la pre­mière décen­nie du mil­lé­naire dans le cadre de restruc­tu­ra­tions d’entreprises consi­dé­rées comme des « fleu­rons natio­naux ». L’exemple le plus connu est celui de France Télé­com, décor­ti­qué notam­ment par Vincent de Gau­le­jac (2015): à la suite de sa pri­va­ti­sa­tion et de plans de restruc­tu­ra­tion, l’entreprise a connu une vague de burn-out, de dépres­sions, de ten­ta­tives de sui­cides et de sui­cides d’une ampleur inédite. La ques­tion du lien entre l’évolution du cadre ins­ti­tu­tion­nel, des normes, valeurs et mis­sions por­tées par l’entreprise et ce qui semble bien un « trau­ma­tisme col­lec­tif » ame­nant des tra­vailleurs à « cra­quer » est une ques­tion qui s’est alors clai­re­ment posée, et avec elle on a vu les pre­mières uti­li­sa­tions fran­co­phones du concept de « trau­ma­tisme institutionnel ».

Mais de quoi parle-t-on exac­te­ment ? Cet article a comme objec­tif de contex­tua­li­ser cette notion nou­velle dans le cadre des sciences psy­cho­lo­giques et, plus lar­ge­ment, des sciences sociales et humaines. L’enjeu n’est pas mince : il s’agit en effet d’éviter à la fois une « psy­cho­lo­gi­sa­tion » des consé­quences de trans­for­ma­tions ins­ti­tu­tion­nelles qui pas­se­rait par le ren­for­ce­ment des pres­sions exer­cées sur les indi­vi­dus au nom de leur « res­pon­sa­bi­li­sa­tion » et une « socio­lo­gi­sa­tion » des vécus indi­vi­duels les ren­voyant uni­que­ment au résul­tat des muta­tions struc­tu­relles et inévi­tables de la socié­té, pro­pa­geant iné­luc­ta­ble­ment défai­tisme et malêtre qui en résulte.

Du traumatisme individuel au traumatisme collectif

Un des modèles clas­siques du psy­cho­trau­ma­tisme s’inspire du modèle freu­dien pos­tu­lant l’existence d’une fonc­tion consis­tant à pro­té­ger l’organisme contre les exci­ta­tions en pro­ve­nance du monde exté­rieur. S’inspirant des théo­ries d’embryologie et de phy­sio­lo­gie à la mode dans les années 1920, Freud écrit dans Au-delà du prin­cipe du plai­sir : « En sim­pli­fiant à l’excès l’organisme vivant, nous pou­vons nous le repré­sen­ter sous la forme d’une boule indif­fé­ren­ciée de sub­stance irri­table ». Cette « boule » est en per­ma­nence « assaillie par les exci­ta­tions exté­rieures » et, sous cet assaut constant, l’organisme risque la des­truc­tion. Il pose alors que se struc­ture une couche super­fi­cielle (une « écorce » ou « mem­brane ») enve­lop­pant l’organisme et fil­trant pas­si­ve­ment ces exci­ta­tions. La fonc­tion de cette mem­brane est dési­gnée comme « sys­tème pare-exci­ta­tion ». Mais cer­tains évè­ne­ments poten­tiel­le­ment trau­ma­ti­sants sont sus­cep­tibles de créer une effrac­tion du pare-exci­ta­tion et mettent l’organisme en situa­tion de ne plus pou­voir fonc­tion­ner. On parle alors de psy­cho-trau­ma­tisme (voir par exemple Lebi­got, 2005).

Les carac­té­ris­tiques du psy­cho­trau­ma­tisme indi­vi­duel, lar­ge­ment affi­nées depuis Freud, font aujourd’hui l’objet d’un rela­tif consen­sus. La psy­cho­lo­gie sociale s’est empa­rée dès les années 1960 de la notion de psy­cho­trau­ma­tisme pour étu­dier les trau­ma­tismes col­lec­tifs (notam­ment en s’intéressant aux des­cen­dants des res­ca­pés des camps de concen­tra­tion). En Bel­gique, l’intérêt pour les aspects col­lec­tifs du trau­ma se déve­loppe rapi­de­ment à la suite du nau­frage du fer­ry Herald of Free Enter­prise en mars 1987, à moins de deux kilo­mètres du port de Zee­bruge. Mal­gré l’intervention très rapide des sau­ve­teurs et la faible dis­tance du lit­to­ral, le bilan est lourd : cent-nonante-quatre morts. L’ampleur de la catas­trophe a un impact impor­tant sur les équipes de sau­ve­tage. Les consé­quences psy­cho­so­ciales du vécu des sau­ve­teurs sont sys­té­ma­ti­que­ment prises en charge, avec une cer­taine effi­ca­ci­té et ce sui­vi amène d’ailleurs à l’établissement d’un plan natio­nal pour la ges­tion psy­cho­so­ciale des catas­trophes au cours des années 1990 qui com­prend un volet des­ti­né spé­ci­fi­que­ment aux pro­fes­sion­nels. En paral­lèle, une série de tra­vaux sont déve­lop­pés qui étu­dient la manière par laquelle un vécu trau­ma­tique se struc­ture et se pro­page au sein d’une « col­lec­tion d’individus ». L’armée et les uni­ver­si­tés belges ont notam­ment consti­tué des res­sources notables de connais­sances en la matière.

Du trau­ma­tisme col­lec­tif au trau­ma­tisme social

Si une psy­cho­so­cio­lo­gie du trau­ma semble main­te­nant rela­ti­ve­ment bien des­si­née, la néces­si­té de déve­lop­per une socio­psy­cho­lo­gie du trau­ma­tisme devient de plus en plus évi­dente. Le ren­ver­se­ment des termes n’est pas un simple jeu de mots : il s’agit d’un chan­ge­ment d’échelle dans les grilles d’analyse. Ain­si, par exemple, les orga­ni­sa­tions de tra­vail semblent connaitre des trau­mas. Une entre­prise ayant vécu un évè­ne­ment trau­ma­ti­sant déve­loppe un ensemble de méca­nismes spé­ci­fiques s’apparentant à un trau­ma­tisme que l’on peut qua­li­fier d’organisationnel. Dans un papier rela­ti­ve­ment récent, Alon­so et al. (2017) ont ana­ly­sé et défi­ni ces méca­nismes. Les évè­ne­ments poten­tiel­le­ment trau­ma­ti­sants sont mul­tiples. Il s’agit d’évènements sou­dains, puis­sants, hors normes qui sont sus­cep­tibles de désta­bi­li­ser de manière signi­fi­ca­tive le fonc­tion­ne­ment de l’organisation, voire, poten­tiel­le­ment de la faire dis­pa­raitre. Les exemples sont innom­brables. Il peut s’agir d’une perte de res­source finan­cière, d’un licen­cie­ment col­lec­tif, d’une perte brusque de la légi­ti­mi­té de la direc­tion, d’un acci­dent du tra­vail impor­tant, etc. Le carac­tère poten­tiel­le­ment trau­ma­ti­sant est fonc­tion des carac­té­ris­tiques et de l’histoire des orga­ni­sa­tions concer­nées. S’ils ont bien un impact sur les indi­vi­dus de l’organisation, ce sont les dys­fonc­tion­ne­ments orga­ni­sa­tion­nels qui en sont les symptômes.

En s’inspirant du modèle freu­dien et dans une pers­pec­tive para­dig­ma­tique, on peut donc pro­po­ser l’existence d’un pare-exci­ta­tion pro­té­geant l’organisation des agres­sions qu’elle vit, tant celles issues de son envi­ron­ne­ment (fusion-acqui­si­tion, cam­brio­lage, modi­fi­ca­tion du cadre légis­la­tif, coupe bud­gé­taire, etc.) que de son propre fonc­tion­ne­ment (licen­cie­ment, restruc­tu­ra­tion, désa­veu de la direc­tion, etc.). Il arrive que la sen­si­bi­li­té ou l’état de « la mem­brane » soit telle que l’organisation vit un trau­ma­tisme à la suite de ces agres­sions. C’est dans ce cas que l’on parle de « trau­ma­tisme organisationnel ».

Le trau­ma­tisme orga­ni­sa­tion­nel peut cepen­dant prendre une forme plus géné­rale en mar­quant un groupe social don­né qui n’est pas for­cé­ment lié à une (seule) orga­ni­sa­tion. Dans le cas du nau­frage du fer­ry Herald of Free Entre­prise, des membres d’équipages de fer­rys effec­tuant la liai­son entre Douvres et Zee­bruge ou Calais ont mon­tré des signes de trau­ma alors qu’ils n’avaient pris connais­sance de l’évènement qu’indirectement (Dixon et al. 1993). Ce même type de phé­no­mène est obser­vable lors de grandes catas­trophes fer­ro­viaires, les che­mi­nots de pays limi­trophes à celui où a eu lieu l’accident déve­lop­pant des signes de trau­ma­tismes, alors même que l’organisation des che­mins de fer peut varier signi­fi­ca­ti­ve­ment d’un pays à l’autre. Dans ce cas, on évo­que­ra un « trau­ma­tisme social ».

Du traumatisme social au traumatisme sociétal

On peut pro­lon­ger la notion de trau­ma­tisme social telle que défi­nie ci-des­sus à un niveau « socié­tal ». Dans cette pers­pec­tive, c’est un sys­tème social qui est trau­ma­ti­sé. Les pre­mières mani­fes­ta­tions bien docu­men­tées de ce phé­no­mène sont conco­mi­tantes à l’avènement de la presse popu­laire (Pignol, 2014).

En effet, dès le début des années 1860 aux États-Unis et en Europe, à la suite des pro­grès des tech­niques d’impression sur rota­tives per­met­tant des grands tirages, une presse deve­nue popu­laire relate avec force détails les pre­miers acci­dents de che­min de fer. Fai­sant « vivre » l’évènement à leur lec­to­rat, déve­lop­pant et pro­lon­geant le sen­sa­tion­na­lisme, les jour­na­listes contraints à pro­duire des articles cap­ti­vant le lec­teur, lui don­nant l’envie voire le besoin d’acheter ont créé les condi­tions de trau­ma­tismes sociétaux.

Aujourd’hui, le trau­ma­tisme socié­tal est por­té non seule­ment par la com­mu­ni­ca­tion de masse qui tend à acti­ver les dimen­sions affec­tives de nos atti­tudes, mais aus­si par l’instantanéité de la dif­fu­sion de l’information qui rend cette com­mu­ni­ca­tion par­ti­cu­liè­re­ment viru­lente. Ain­si, des actions ter­ro­ristes par­fois de grande ampleur (par exemple l’attentat du World Trade Cen­ter du 26 février 1993, qui fit plus d’un mil­lier de bles­sés) n’ont pas mar­qué aus­si pro­fon­dé­ment les esprits que les atten­tats du 11 sep­tembre 2001. Plus que le nombre de vic­times, c’est sur­tout le sui­vi « en direct » de l’effondrement des tours du World Trade Cen­ter, avec les vidéos de la chute inter­mi­nable des tra­vailleurs se jetant dans le vide, avec la cap­ta­tion d’images au plus près des équipes d’intervention, qui a cau­sé cet ancrage en pro­fon­deur dans les repré­sen­ta­tions col­lec­tives (Lamy, 2006).

En Bel­gique, une mani­fes­ta­tion rela­ti­ve­ment récente de ce trau­ma­tisme socié­tal à très grande échelle est sans doute l’affaire Dutroux. Le trau­ma­tisme socié­tal est une sorte de trau­ma­tisme social total. Il touche une grande par­tie de la popu­la­tion dans un péri­mètre don­né. Il affecte signi­fi­ca­ti­ve­ment et dura­ble­ment les atti­tudes et les com­por­te­ments de cette popu­la­tion. Ain­si, en Bel­gique, mais aus­si dans le nord de la France, au Luxem­bourg et aux Pays-Bas, il y a un « avant » et un « après Dutroux », dans l’éducation des enfants et leurs rap­ports à l’adulte (Mur­cier, 2004).

Par exemple, après 1996, il devient dif­fi­cile d’imaginer qu’il soit rai­son­nable de lais­ser jouer un jeune enfant en toute auto­no­mie et sans sur­veillance par­ti­cu­lière dans un espace public. Les plans d’aménagement urbain sont d’ailleurs revus dès le der­nier tri­mestre 1996 : les zones de jeux dans les parcs et sur les places vont sys­té­ma­ti­que­ment (re)devenir des endroits qui puissent être sur­veillés de toutes parts, avec peu de recoins et éloi­gnés des bos­quets. Or comme le montre la cher­cheuse et archi­tecte pay­sa­giste Maria Kylin (2015), outre qu’il est essen­tiel pour le déve­lop­pe­ment des enfants de pou­voir par­fois struc­tu­rer leurs jeux hors du regard des adultes, les dis­po­si­tifs de « sur­veillance per­ma­nente » sont de nature à repro­duire l’anxiété au tra­vers des géné­ra­tions, lais­sant des marques pro­fondes dans la struc­ture de la société.

Du traumatisme sociétal au traumatisme institutionnel

Le trau­ma­tisme socié­tal peut se muer en trau­ma­tisme ins­ti­tu­tion­nel. Ce fut le cas pour l’affaire Dutroux. Outre notre rap­port à l’éducation des enfants qui a chan­gé, c’est plus pro­fon­dé­ment encore notre rap­port aux ins­ti­tu­tions qui s’est consi­dé­ra­ble­ment modi­fié. À tel point que la réponse poli­tique fut de trans­for­mer ces rap­ports, avec des réformes en pro­fon­deur des ins­ti­tu­tions incar­nant les fonc­tions réga­liennes de l’État, les­quelles consti­tuent bien sûr le fon­de­ment de la défi­ni­tion moderne de l’État. Bien sûr, les ori­gines de ces réformes dépassent le cadre de l’affaire Dutroux en tant que telle (Smeets, 2000), il n’empêche que si ces réformes ont pu prendre sens, c’est bien en s’appuyant sur une « rup­ture » due à cette affaire.

Dans le cadre d’un trau­ma­tisme ins­ti­tu­tion­nel, les réa­li­tés ins­ti­tu­tion­nelles perdent en cré­di­bi­li­té. Or, ces réa­li­tés ins­ti­tu­tion­nelles sont celles à par­tir des­quelles on se construit, à par­tir des­quelles on struc­ture nos vies. Ces réa­li­tés jouent en fait un rôle de pare-exci­ta­tion, elles nous pro­tègent des agres­sions que nous vivons comme membres d’une com­mu­nau­té. L’école, l’université, la jus­tice, la police, le gou­ver­ne­ment, l’Église, etc. nous per­mettent d’assumer la dan­ge­ro­si­té inhé­rente à nos vies. Si des élé­ments ins­ti­tu­tion­nels deviennent faillibles, nous sommes sus­cep­tibles de vivre une effrac­tion psy­chique. C’est bien ce qui s’est pas­sé en 1996.

On peut ici inter­ro­ger — on doit inter­ro­ger — l’effet de la doc­trine néo­li­bé­rale qui par­ti­cipe à « mettre en concur­rence » les ins­ti­tu­tions, à les faire entrer dans des logiques qui causent leur « crise per­ma­nente » (Maes, 2016). Ne peut-on iden­ti­fier dans la perte de légi­ti­mi­té inhé­rente à cette trans­for­ma­tion la source d’un trau­ma­tisme ins­ti­tu­tion­nel en train d’advenir ?

Quelles réponses au traumatisme institutionnel ?

L’effraction de la mem­brane pro­tec­trice, c’est aus­si une his­toire trans­gé­né­ra­tion­nelle (Til­mans-Ostyn, 1995). En ce qui regarde le trau­ma­tisme ins­ti­tu­tion­nel, c’est par­ti­cu­liè­re­ment pré­gnant. En effet, au risque d’écrire un truisme, il nous faut insis­ter, les ins­ti­tu­tions per­mettent le main­tien et la péren­ni­sa­tion des réa­li­tés psy­cho­so­ciales, pour le meilleur, le main­tien du lien social, comme pour le pire, la repro­duc­tion de l’ordre social.

Dans le cas des indi­vi­dus, la recon­nais­sance du trau­ma­tisme est une étape essen­tielle de la recons­truc­tion. La connais­sance des causes du trau­ma­tisme est tout aus­si impor­tante dans le cas du trau­ma­tisme ins­ti­tu­tion­nel. Cepen­dant, il ne suf­fit pas de dési­gner ou de se faire dési­gner les tor­tion­naires et les res­pon­sables, il ne suf­fit pas plus d’une déci­sion de jus­tice pour apai­ser la souf­france et per­mettre la réparation.

S’il est néces­saire qu’un pro­ces­sus de recon­nais­sance s’opère, pas­sant par la « mise à plat » de l’expérience du désar­roi et des conflic­tua­li­tés, par l’expression du vécu du « mépris social » (au sens d’Axel Hon­neth) et par la légi­ti­ma­tion de son expres­sion, il faut for­cé­ment aller au-delà de l’enfermement dans la fonc­tion de vic­time pour ouvrir des pos­si­bi­li­tés de dia­logue à même de per­mettre une évo­lu­tion socié­tale (San­chez-Maza et Lica­ta, 2014). Comme le sou­lignent Koz­lows­ki et al. (2016), l’absolutisation de la figure de vic­time est en effet de nature à dépla­cer la ques­tion des rap­ports sociaux hors du champ d’action poli­tique. Or même si les contours des réponses aux trau­ma­tismes ins­ti­tu­tion­nels res­tent encore à défi­nir, il paraît clair que la recon­nais­sance ins­ti­tu­tion­nelle s’inscrit dans le temps et s’opère grâce à une volon­té poli­tique affir­mée. Plus pré­ci­sé­ment, elle implique une adhé­sion de toutes les par­ties à une volon­té de réins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion de « prin­cipes com­muns », bref une volon­té de « faire socié­té » sans laquelle la poli­tique se réduit à l’expression la plus vio­lente de rap­ports de force.

On per­çoit ici à quel point la ques­tion du trau­ma­tisme ins­ti­tu­tion­nel est un enjeu cru­cial pour les cher­cheurs comme pour les citoyens. Elle ques­tionne en pro­fon­deur notre capa­ci­té à recon­naitre les vécus, à tis­ser des liens sociaux et à contre­ba­lan­cer les rap­ports de domi­na­tion. En tant que telle, il importe de s’en emparer…

Renaud Maes


Auteur

Renaud Maes est docteur en Sciences (Physique, 2010) et docteur en Sciences sociales et politiques (Sciences du Travail, 2014) de l’université libre de Bruxelles (ULB). Il a rejoint le comité de rédaction en 2014 et, après avoir coordonné la rubrique « Le Mois » à partir de 2015, il est devenu rédacteur en chef de {La Revue nouvelle} en novembre 2016. Il est également professeur invité à l’université Saint-Louis (Bruxelles) et à l’ULB, et mène des travaux de recherche portant notamment sur l’action sociale de l’enseignement supérieur, la prostitution, le porno et les comportements sexuels, ainsi que sur le travail du corps. Depuis juillet 2019, il est président du comité belge de la Société civile des auteurs multimédia (Scam.be).

Michel Sylin


Auteur

psychologue, directeur du Centre de recherche en psychologie des organisations et des institutions (CeRePOI)-ULB