Nationalisme de droite en Catalogne et en Flandre
Pourquoi la droite nationaliste flamande vient-elle à siéger dans le gouvernement d’un pays alors que son prograæmme vise son démantèlement ? Pourquoi un courant du nationalisme catalan, le postpujolisme, s’est-il lancé dans une fuite en avant en jouant la rupture avec Madrid ? Les convergences et les divergences entre ces courants politiques, replacés dans leur trame historique, peuvent nous éclairer, et les rapports en pointillé qu’ils entretiennent depuis un demi-siècle ne sont pas sans paradoxes.
Au nord de la frontière linguistique belge, le mouvement indépendantiste catalan est d’abord vu à travers un prisme flamand. C’est un truisme, certes, mais qui n’est pas sans répercussions. Ainsi, la droite flamingante se montre solidaire et s’identifie résolument à ce mouvement, ce qui amène d’ailleurs la gauche à s’en détourner ostensiblement. Elle s’inquiète de soutiens à des avancées vers le confédéralisme voire vers l’indépendance, la dynamique catalane pouvant apporter de l’eau au moulin des flamingants partisans d’une séparation. Le prisme flamand a même tellement parasité la perception du combat indépendantiste catalan qu’une grande partie de la gauche ne s’est pas positionnée sur les mesures de répression excessives de l’État espagnol à l’encontre des séparatistes catalans, sur le traitement violent réservé au référendum d’indépendance du 1er octobre 2017, ni plus généralement sur la judiciarisation de ce qui reste avant tout un conflit politique. Non, la gauche flamande s’est en réalité surtout montrée sensible au fait que l’Espagne est devenue un État de droit à l’issue de la transition démocratique, qu’elle est pleinement membre de l’Union européenne et donc qu’une séparation n’est pas souhaitable. Là où la droite flamingante est prompte à stigmatiser les aspects non démocratiques de l’appareil d’État espagnol, le manque de séparation entre les pouvoirs et la persistance d’institutions, de procédures, de pratiques et de conceptions anachroniques laissées par la dictature franquiste.
À fronts renversés
Une telle configuration est remarquable à au moins deux égards. Tout d’abord, cette dernière critique, celle de l’Espagne dictatoriale et centralisatrice qui dénie la pluralité socioculturelle du pays, se fait l’écho d’arguments qui, sur la scène espagnole, sont surtout ceux de la gauche, voire de la gauche radicale. Ensuite, il faut relever d’importantes convergences sur les plans éthique et socioéconomique entre un parti flamingant de droite comme la N‑VA, conservateur sur le plan éthique et néolibéral sur le plan socioéconomique, et des partis comme le Partido Popular (PP), Ciudadanos (C’s) et même Vox qui se retrouve, avec la N‑VA, au sein du groupe des conservateurs réformistes au Parlement européen1. Une véritable anomalie, lorsque l’on voit à quel point une grande partie (et certainement les factions les plus militantes) de la base du mouvement indépendantiste catalan se situe sociologiquement et politiquement entre le centre gauche et la gauche radicale. Leurs valeurs, à commencer par leurs priorités socioéconomiques, se situent diamétralement à l’opposé de celles de la N‑VA et du reste du mouvement flamand.
Il est un exemple particulier qui contient à lui seul tout ce paradoxe. Par la voix de son porte-parole et ancien secrétaire d’État fédéral à l’Asile et aux Migrations, Theo Francken, la N‑VA a affirmé à plusieurs reprises que les opérations de sauvetage des migrants en mer Méditerranée stimulent le trafic des êtres humains. Déjà un autre porte-parole, Joren Vermeersch, actuel idéologue du parti, avait condamné l’action de la capitaine allemande Carola Rackete (qui avait sauvé des personnes de la noyade) comme « n’ayant rien d’humanitaire, mais au contraire relevant de la criminalité ». Il qualifiait ces sauvetages d’«actions arrangées de repêchage ». Or, le 10 septembre 2019, c’est justement Carola Rackete, de l’organisation humanitaire Sea-Watch, et Òscar Camps de l’ONG Proactiva Open Arms qui reçurent du Parlement catalan la Medalla d’Honor, la plus haute distinction civile.
Des nationalismes du portemonnaie
Il ne faut pas pour autant croire que la solidarité de la droite flamingante avec les indepes catalans soit simplement fondée sur une vision commune et un peu rapide, celle d’une entité infranationale qui se hisserait techniquement et administrativement au rang d’État-nation. Comme pour tout nationalisme, ce qui prévaut ici est une thin ideology, qui, au sens strict, ne déduit aucun projet social global de son ambition centrée sur la nouvelle délimitation d’un État. Et même si les manières flamande et catalane de mettre en œuvre ce projet ne vont pas se superposer, les nationalistes flamands de droite semblent quand même témoigner d’une affinité idéologique et politique avec un certain segment de la tendance autonomiste catalane. Cette affinité se noue avec ce qui peut être décrit comme la mouvance postpujoliste, organisée autour du projet de Convergència Democràtica de Catalunya (CDC). Au cours des décennies, cette convergence s’est refondée et renommée à plusieurs reprises. La dernière en date remonte à juillet 2020 lorsque Carles Puigdemont a annoncé son projet de transformer en parti politique le cartel Junts per Catalunya2.
Dans le cas du nationalisme de droite flamand comme dans le cas du catalan, on s’appuie sur une partie de la bourgeoisie, de la petite-bourgeoisie, des classes moyennes supérieures, du patronat des grandes entreprises et des PME, dont les aspirations et les intérêts servent de base pour mobiliser la population dans un projet national et, ce faisant, pour dépasser les oppositions sociales et de classe. Dans un cas comme dans l’autre, cela donne lieu à des tentatives discursives pour homogénéiser son territoire, un exercice qui doit de facto s’appuyer sur la figure d’un « autre », de préférence menaçante, qui ferait obstacle au projet autonomiste. Cet « autre », c’est l’État, le belge comme l’espagnol, dans lequel on se trouve enfermé.
Dans les deux cas, on essaie d’ancrer historiquement ce discours le plus profondément possible et de se positionner dans un rôle de victime, quand bien même cela ne peut en aucune manière être corroboré par la position socioéconomique qu’occupent les deux régions. Chacune est justement aujourd’hui la région la plus prospère de son pays (même s’il y a évidemment une certaine pauvreté relative en Catalogne comme en Flandre) et chacune est une contributrice clé au PNB national et à la balance commerciale. Et c’est bien de cette position, une sorte de « nationalisme du portemonnaie », que l’on se refuse à rester solidaire avec les autres régions plus faibles ou plus pauvres de son pays et que l’on produit un discours qui revient à dire que l’on s’en tirerait mieux en tant qu’entité indépendante au sein de l’Union européenne. Les nationalismes de droite catalan et flamand ne sont d’ailleurs pas les seuls à se positionner de la sorte en Europe, il suffit de se souvenir du discours de la Lega Nord de la très prospère Lombardie, qui s’en prenait aux « fainéants » et aux « voleurs » du Sud italien.
À certains moments, ces discours ont même pris une coloration ethnique, complétant la posture victimaire d’une forme de supériorité. Ce fut le cas dès la naissance du catalanisme, avec Enric Prat de la Riba et son ouvrage La Nacionalitat Catalana publié en 1910, qui marque encore des ténors contemporains comme l’actuel ministre-président Quim Torra3. D’une façon similaire, une telle variante se retrouve dans les représentations bien ancrées de la Wallonie comme une région où, face à une Flandre germanique et travailleuse, règnerait une mentalité latine de laisser-aller et où l’on vivrait « sous perfusion des allocations sociales ».
Dans cet exercice sont passés sous silence des épisodes historiques difficiles qui concernent son propre camp. Le postpujolisme montre à cet égard une continuité qui va des tentatives de Jordi Pujol d’«exorciser » le franquisme de Catalogne et de relire la Guerre civile espagnole comme un conflit entre l’Espagne et la Catalogne, jusqu’au premier discours de l’ex-ministre Clara Ponsatí, militante du mouvement associatif indépendantiste Assemblea Nacional Catalana (ANC), économiste ayant un parcours académique à l’étranger, élue en 2017 sur la liste Junts per Catalunya de Carles Puigdemont, devant le Parlement européen en février dernier. Elle y réduisait l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492 à une entreprise strictement espagnole qui, par-dessus le marché, aurait servi d’inspiration à l’Holocauste de la Seconde Guerre mondiale, le tout amalgamé à l’allergie que montre l’Espagne au processus d’autonomisation catalane.
Du pragmatisme à la rupture… ou pas
Dans le même mouvement, les projets nationalistes de droite flamands comme catalans ne sont pas dénués d’un vif pragmatisme. Ce n’est que tout récemment que les pujolistes, adepttes du principal parti catalan, se sont inscrits en rupture avec cette option en se dotant d’une feuille de route menant à l’indépendance. Cette accélération du processus d’indépendance est consécutive à la révision significative par le gouvernement central de Madrid du statut d’autonomie, négocié et approuvé en 2006. C’est surtout le retrait de la mention selon laquelle « la Catalogne est une nation » qui eut un effet radical et mobilisateur en Catalogne. À la fois mal conçue et autodestructrice, la mise en œuvre de cette feuille de route montre d’ailleurs qu’il s’agit de tout sauf d’un projet murement réfléchi. En fait, pendant des décennies, la politique de Jordi Pujol s’était distinguée par son pragmatisme presque cynique. Ainsi, pendant ses vingt-trois années à la ministre-présidence de la Generalitat, il a conclu accord sur accord avec Madrid, qu’il ait affaire au PSOE ou au PP. Ces accords, comme l’approbation des budgets espagnols, dotaient la Catalogne de leviers et de ressources plus autonomes qui lui permettaient de consolider son rapport de force. À gauche, la même stratégie est actuellement appliquée par l’ERC face au gouvernement de Pedro Sánchez (PSOE-Unidas Podemos). Et quand, en 1996, Pujol concluait avec José María Aznar, chef du PP, le Pacto del Majestic, en vertu duquel les Catalans soutiendraient le gouvernement de droite d’Aznar en échange de plus de compétences pour la Catalogne, on n’entendit pas la moindre critique sur le « caractère non démocratique » de l’État espagnol ni sur les « reliquats du franquisme », etc.
La N‑VA n’est pas en reste avec un pragmatisme encore plus spectaculaire. Quand le parti atteignit son sommet électoral en mai 2014 et qu’il se retrouva être la force politique la plus importante en Flandre et en Belgique, il n’utilisa aucunement cette victoire pour faire progresser le confédéralisme ou l’indépendance. Il fit même exactement le contraire, non seulement en formant un gouvernement régional flamand, mais surtout en prenant en octobre les commandes du gouvernement fédéral Michel. Ce qui lui permit de se concentrer sur ce qu’elle qualifia subtilement de « politique de réparation » (rigueur budgétaire et intentions néolibérales comme la dérégulation du marché de l’emploi, la privatisation et l’affaiblissement du secteur public, l’interventionnisme dans la concertation sociale…), laissant tomber toute exigence communautaire. Avec cette « mise au congélateur », on en arriva au résultat invraisemblable qui veut que le parti qui entend diviser la Belgique s’assurât les portefeuilles ministériels de la Défense (l’armée), de l’Intérieur (la police et la sécurité), des Finances (la comptabilité nationale), et le secrétariat d’État à l’Asile et aux Migrations (les populations qui franchissent les frontières nationales). En imaginant que le rapport de force catalaniste puisse en arriver là (ce qui ne sera jamais le cas), personne en Catalogne n’oserait proposer un politicien indépendantiste comme Oriol Junqueras à un poste de ministre espagnol en charge de la Policía Nacional ou de la Guardia Civíl4.
Mais en dépit des ressemblances politiques et idéologiques, l’analyse se heurte ici à une différence de taille entre les nationalismes de droite catalans et flamands : l’actuelle fuite en avant du postpujolisme ne fait nullement partie de la stratégie de la N‑VA. Les intérêts économiques et les groupes au service desquels se placent les nationalistes de droite flamands n’ont absolument rien à gagner d’une séparation brutale et unilatérale. Tout le monde se rend bien compte que l’Union européenne, dont font partie presque tous les partenaires commerciaux qui comptent, n’est pas emballée face à la perspective d’accueillir de nouveaux États-membres. En comparaison avec le big bang de 2004, époque où elle baignait encore dans l’euphorie de l’implosion de l’URSS et se précipitait pour s’élargir aux pays d’Europe centrale et des Balkans, l’Union a aujourd’hui d’autres soucis et porte encore le fardeau de cet élargissement à marche forcée, sans approfondissement suffisant. Ni De Wever ni personne à la N‑VA n’entreprendra d’accélération surprise à la Puigdemont : les entreprises flamandes ont en horreur toute idée de se retrouver hors de l’UE ou de l’Eurozone.
Une droite flamingante plutôt indifférente
Et, de fait, l’«amitié » entre la N‑VA et les ministres catalans en fuite à la fin d’octobre 2017 a connu des limites. À côté d’un soutien moral, politique et (de façon plus limitée) logistique, la Belgique, État membre de l’UE dont la N‑VA pilotait alors le gouvernement, ne demanda pas la reconnaissance formelle de la Catalogne. Pourtant la Belgique aurait pu faire fi de l’interdit à ce sujet. Le président du Parlement flamand, Jan Peumans (N‑VA), se montra sur ce point le plus cohérent et le moins cynique. Il soutint son homologue emprisonnée, Carme Forcadell, en critiquant le caractère incomplet de la démocratie espagnole5. Cette saillie enragea la diplomatie espagnole et valut à la Flandre le retrait de l’accréditation de son représentant diplomatique, André Hebbelinck. Ce à quoi le ministre-président Geert Bourgeois répliqua en fermant la représentation flamande en question à Madrid.
Historiquement, l’affinité entre les nationalistes flamands de droite et leurs « amis » catalans est ponctuée de hauts et surtout de bas. Il convient ainsi de rappeler que du temps de la Seconde République espagnole (1931 – 1939) et pendant la période sombre de la dictature de Franco (1939 – 1975), les figures du nationalisme flamand, leurs organes de presse et leurs organisations faisaient montre d’un positionnement tout autre qu’un soutien à la Catalogne. Ce qui primait alors était bien l’idée de l’Ordre nouveau, imprégnée d’anticommunisme qui, à partir de 1934, avait emporté l’ensemble du nationalisme flamand. Les périodiques du mouvement flamand témoignent que ce que l’on redoutait alors le plus était un coup de force communiste ou anarchiste, mais aussi l’anticatholicisme acharné des libre-exaministes et des francs-maçons. Ils soutenaient l’insurrection militaire parce qu’elle allait mettre fin au chaos et ils se réjouissaient de la victoire de Franco dans la guerre civile. En un mot comme en cent, la rhétorique du camp franquiste avait été intériorisée et la Catalogne décrite comme le bastion du chaos et de la destruction. Les flamingants se réjouirent au moment où, début 1939, un véritable exode de républicains se mit en marche de la Catalogne vers la France. Pas une larme ne fut versée pour l’éradication de l’autonomisme catalan. Qui plus est, une grande partie de cette droite nationaliste flamande bascula dans la collaboration pendant l’occupation nazie de la Belgique (mai 1940-septembre 1944) et, après la libération, voire un peu plus tôt pour les plus malins, ils furent nombreux à prendre la fuite vers l’Espagne franquiste, où même la langue catalane avait, entretemps, été interdite. Franco n’extrada aucun d’entre eux (pas plus que le fasciste francophone Léon Degrelle, ancien chef de Rex) et leur laissa vivre une existence tranquille, bien souvent sur les côtes catalanes. Un certain nombre d’entre eux investirent dans l’immobilier et en tirèrent de solides gains à la faveur du développement touristique entrepris et soutenu par la dictature.
C’est seulement à partir du milieu des années 1950 que le nationalisme flamand retrouva une expression politique, avec la Volksunie (VU) et qu’un autre son de cloche se fit peu à peu entendre. Une génération de cadres progressistes se constituait, composée de militants issus des mouvements sociaux, avec des sensibilités internationalistes, marqués par les mouvements de libération nationale de l’après-guerre dans ce que l’on appelait alors le Tiers-Monde. Ils se levèrent contre toutes les oppressions nationales et tentèrent de renouer le lien, perdu en Flandre, avec les dominations sociales. Des figures comme Maurits Coppieters, Willy Kuijpers et Walter Luyten prirent parti pour les Bretons, les Irlandais, les Corses et les Basques. Kuijpers et Luyten furent arrêtés à Guernica alors qu’ils distribuaient des tracts. Ils étaient tout aussi solidaires des Érythréens et des Palestiniens, position en porte-à-faux radicale avec les politiques du gouvernement israélien de droite, ce qui les distingue des figures de proue anversoises de la N‑VA. Et c’est seulement au moment du tardofranquismo que le nationalisme flamand — et encore, seulement ses personnalités et ses factions les plus progressistes — se mit à considérer les Catalans, les Galiciens et les Basques comme des « frères »6.
L’amitié de la droite flamingante pour la droite catalaniste repose sans doute sur un projet nationaliste partagé, au service des patronats locaux et régionaux, mais elle s’arrête là où la stratégie des postpujolistes s’est emballée de façon irréfléchie et contreproductive. Cet emballement a vu nombre d’entreprises, y compris des institutions financières, menacer de déplacer leur siège social de la Catalogne vers d’autres régions espagnoles. La N‑VA, elle, ne pense pas une seconde à un tel scénario surprise… Elle utilise la dynamique catalaniste dans les discours qu’elle adresse à sa base, pour la brosser dans le sens du poil et pour contrebalancer des options pragmatiques qui frôlent le cynisme. Cette différence stratégique renvoie aux rapports de force fondamentaux dans lesquels se trouvent l’un et l’autre parti sur sa scène nationale propre : la N‑VA est tout sauf une minorité. À ce jour, elle est encore la première force politique dans sa région et en Belgique. Elle est dès lors plus encline à opter pour une stratégie du pourrissement que pour une rupture quasi révolutionnaire.
Traduit du néerlandais par Thomas Lemaigre
- La droite politique espagnole compte trois formations nationales qui, face à la montée de l’indépendantisme catalan, se sont lancées dans une surenchère d’appels à la répression. Le Partido Popular (PP), droite conservatrice, est le plus important et le plus ancien de ces partis. Fondé en 1977, il se nomma Alianza Popular jusqu’à sa refondation en 1989. Il regroupait plusieurs fonctionnaires et dignitaires appartenant à la dernière phase de la dictature franquiste. Ciudadanos (C’s), créé en 2006 à Barcelone, prit de l’envergure au niveau national lorsqu’il fallut formuler une réponse à la montée du parti de gauche Podemos. Au parlement européen, Ciudadanos fait partie de la fraction libérale. Il se situe au centre-droit de l’échiquier politique, sans avoir des racines dans le libéralisme espagnol du XIXe siècle et des premières décennies du XXe siècle. Vox est un parti d’extrême droite qui développe un discours xénophobe et machiste et n’hésite pas à se référer positivement au soulèvement franquiste de juillet 1936 et à la dictature nationale-catholique issue de la guerre civile. Tant C’s que Vox comptent plusieurs militants et cadres transfuges du PP.
- Ce nouveau parti lancé et dirigé de l’extérieur par Carles Puigdemont s’appelle Junts per Catalunya (JxC) – Ensemble pour la Catalogne. Il fut créé en novembre 2017 comme front électoral comportant le CDC et le PDeCAT, deux partis de centre-droite. Ni ce nouveau parti ni l’ancien front électoral du même nom ne comprenaient Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), formation de centre-gauche, qui participa sous son propre nom et sigle aux élections.
- Dans La nacionalitat catalana, Enric Prat de la Riba décrit la Catalogne, contrairement à l’Espagne, comme une nation. Il utilise le concept d’impérialisme pour introduire une hiérarchie entre cultures supérieures et inférieures, légitimant la guerre comme moyen d’imposer la volonté des cultures dites supérieures. Dans sa vision « impérialiste », Prat de la Riba situe la Catalogne au-dessus de l’Espagne. Voir Prat de la Riba E., La nacionalitat catalana, Barcelona, Biblioteca Popular, 1906 ; Ucelay-Da Cal E., El imperialismo catalán, Prat de la Riba, Cambó, D’Ors y la conquista moral de España, Barcelona, 2003.
- Oriol Junqueras est le président de Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), parti républicain et indépendantiste de centre gauche, issu en 1931 de la fusion de plusieurs petites formations. L’historien Junqueras fut vice-premier ministre dans le gouvernement de Puigdemont et le principal accusé au procès des dirigeants catalans. En octobre 2019, le Tribunal Suprême le condamna à treize ans de prison, l’empêchant ainsi de siéger comme parlementaire espagnol ou européen.
- Carme Forcadell est membre de l’ERC (Gauche républicaine catalane); elle fut également emprisonnée et condamnée à onze ans de prison pour le rôle qu’elle joua, comme présidente du Parlement catalan, lors du référendum du 1er octobre 2017.
- Tardofranquismo est le nom donné, à posteriori, à ce qui correspond à la dernière phase du franquisme (soit à partir des années 1960 jusqu’en 1975).
