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La mélancolie blanche ou comment pleurer la « bonne vieille Suède »

Numéro 2 Février 2012 par Catrin Lundström

février 2012

La Suède béné­fi­cie d’une image, héri­tée de l’après-guerre, de pion­nière de l’égalitarisme et de l’antiracisme. Plus qu’on ne pense, cette image contient des traces de chau­vi­nisme natio­nal et racial. À l’heure où s’estompe le mythe de l’excellence sué­doise, la gauche comme la droite se retrouvent consu­mées par une « mélan­co­lie blanche ». Pour la pre­mière fois en 2010, […]

La Suède béné­fi­cie d’une image, héri­tée de l’après-guerre, de pion­nière de l’égalitarisme et de l’antiracisme. Plus qu’on ne pense, cette image contient des traces de chau­vi­nisme natio­nal et racial. À l’heure où s’estompe le mythe de l’excellence sué­doise, la gauche comme la droite se retrouvent consu­mées par une « mélan­co­lie blanche ».

Pour la pre­mière fois en 2010, les légis­la­tives ont por­té au par­le­ment natio­nal le par­ti raciste des Démo­crates sué­dois (SD). Les débats et ana­lyses pos­té­lec­to­raux ont ten­du à expli­quer cela comme le reflet de l’insatisfaction res­sen­tie par cer­tains seg­ments de l’électorat, sans du tout prendre en compte l’enjeu raciste et l’enjeu blanc. Et pour­tant, au même moment, on assis­tait à une infla­tion d’antiracisme au sein des élites et de l’establishment suédois.

Pour­quoi ces enjeux sont-ils res­tés hors-champ ? Com­ment faut-il com­prendre que le fait d’avoir la peau blanche soit tou­jours lié à cer­tains pri­vi­lèges, alors qu’on se trouve ici dans un pays gou­ver­né par des poli­tiques sociales pro­gres­sistes aux­quelles pré­sident tou­jours de fortes ambi­tions d’approfondissement démo­cra­tique, d’égalité de genres et d’antiracisme ?

Notre ana­lyse est que l’identité blanche de la Suède est en train de connaitre une double crise. La « vieille Suède », c’est-à-dire la Suède en tant que socié­té homo­gène, ain­si que la « bonne Suède », c’est-à-dire en tant que socié­té pro­gres­siste, se sentent mena­cées par la pré­sence des migrants non blancs et de leurs des­cen­dants. Et le camp réac­tion­naire et raciste tout comme le camp pro­gres­siste et anti­ra­ciste de pleu­rer la double perte de cette iden­ti­té blanche sué­doise. Nous sommes même d’avis que cette ana­lyse s’applique aux pays scan­di­naves voi­sins, par­ti­cu­liè­re­ment à la Nor­vège d’après la tue­rie d’Utøya, qui a sus­ci­té là-bas le même type de réac­tions qu’en Suède les légis­la­tives de 2010.

Fondements de l’identité blanche des Suédois

Dans la Suède contem­po­raine, le fait d’être blanc de peau et d’en avoir conscience consti­tue en fait le noyau cen­tral et le pre­mier signi­fiant du fait d’être Sué­dois. Un Sué­dois est une per­sonne à la peau blanche, et un non-blanc n’est pas un Sué­dois. Autre­ment dit, dans l’imaginaire natio­nal sué­dois, la dif­fé­rence a com­plè­te­ment dis­pa­ru entre le sup­po­sé concept géné­tique de race et le concept cultu­rel d’ethnicité. Les deux notions se super­posent exac­te­ment, se confondent.

Cette réa­li­té n’est pas seule­ment éprou­vée par les migrants non-blancs et leurs des­cen­dants, mais aus­si par les Sué­dois de cou­leur, métis­sés ou adop­tés, que leurs racines puisent en Amé­rique du Sud, en Afrique ou en Asie : alors même qu’ils sont englo­bés dans la réa­li­té sué­doise des points de vue lin­guis­tique, reli­gieux et cultu­rel, ils font l’expérience de pra­tiques à carac­tère racial du fait de leurs « corps non sué­dois1 ».

C’est que l’histoire de la construc­tion iden­ti­taire sué­doise puise dans l’idée de la pré­émi­nence des Sué­dois, des Nor­vé­giens et des Danois au sein d’une race blanche auto-éri­gée en élite des homo sapiens. À en croire un dis­cours scien­ti­fique domi­nant depuis presque deux-cents ans, les Sué­dois et les autres Scan­di­naves sont consi­dé­rés comme la popu­la­tion la plus accom­plie sur terre du point de vue phy­sique et esthé­tique2. Il faut rap­pe­ler que les savants sué­dois ont excel­lé dans la science des races et y ont lar­ge­ment contri­bué : Charles Lin­né a créé le pre­mier sys­tème scien­ti­fique de clas­si­fi­ca­tion des races au milieu du XVIIIe siècle ; dans les années 1850, Anders Ret­zius a inven­té l’indice cépha­lique, qui ne devint rien moins que la prin­ci­pale méthode de la science des races ; et en 1922, le gou­ver­ne­ment a fon­dé l’Institut sué­dois de bio­lo­gie raciale3. Au milieu des années trente, la Suède a enfin lan­cé l’un des pro­grammes de sté­ri­li­sa­tion les plus effi­caces de l’histoire, un pro­jet eugé­niste à orien­ta­tions raciale, hété­ro­sexuelle, mas­cu­li­niste et de classe, qui a tou­ché plus de 60.000 Sué­dois avant d’être abo­li dans les années sep­tante4.

Or dans les années soixante et sep­tante, la Suède et les autres pays scan­di­naves se fai­saient les hérauts (occi­den­taux) et les défen­seurs (blancs) de la déco­lo­ni­sa­tion et des mou­ve­ments anti­sé­gré­ga­tion et anti­apar­theid. Ce fai­sant, ces pro­mo­teurs par­mi les plus achar­nés de la jus­tice sociale et de l’égalité entre hommes et femmes fai­saient du racisme un enjeu par­fai­te­ment non sué­dois. Dans la pro­mo­tion des valeurs natio­nales, la « bonne Suède » s’est posi­tion­née comme plus tolé­rante et libé­rale que n’importe quel autre pays (occi­den­tal) et que n’importe quel autre peuple (blanc) de la pla­nète. Avec comme résul­tat, par exemple, que la Suède, pro­por­tion­nel­le­ment, est le pays occi­den­tal où l’on a adop­té le plus d’enfants issus des anciennes colo­nies, donc de cou­leur, et où ont vu le jour le plus de mariages et de couples mixtes, inter­ra­ciaux. C’est dire à quel point la Suède s’est vue comme une uto­pie non raciste et post­ra­ciale, qui plus est sans pas­sé colonial.

Paral­lè­le­ment, des concepts d’identité blanche sué­doise sont appa­rus au moment où la Suède deve­nait terre d’immigration. L’immigration non occi­den­tale en Suède a com­men­cé à petite échelle dans les années cin­quante, et ensuite de façon plus impor­tante dans la seconde moi­tié des années sep­tante, et sur­tout des années quatre-vingt et ensuite, quand l’afflux de réfu­giés a pris le pas sur l’immigration de tra­vailleurs. Depuis les années nonante, les non-blancs et les non-chré­tiens sont les prin­ci­paux migrants en Suède. Et ce n’est pas par hasard si c’est au même moment que l’intégration a com­men­cé à être vue comme un pro­jet en échec. Dans la vie quo­ti­dienne, dans l’espace public et dans les dis­cours poli­tiques, les per­sonnes appar­te­nant aux 8% de la popu­la­tion ayant tout ou par­tie de leurs ori­gines en Asie, en Afrique ou en Amé­rique du Sud sont désor­mais qua­li­fiées d’«immigrants », d’«étrangers » ou de « non-Sué­dois », et sou­vent aus­si de non-chré­tiens ou de non-luthériens.

Pour ce qui est des dis­cri­mi­na­tions à l’encontre des immi­grés non-blancs et d’origine extra-euro­péenne, et de leurs des­cen­dants, la Suède ne fait pas excep­tion par­mi les pays occi­den­taux. En par­ti­cu­lier sur le plan du loge­ment, la Suède se dis­tingue par des sché­mas de ségré­ga­tion rési­den­tielle accentuée.

Le recul his­to­rique montre la simul­ta­néi­té d’un déve­lop­pe­ment de l’idée d’une iden­ti­té blanche sué­doise, pen­dant la Guerre froide, la déco­lo­ni­sa­tion et la révo­lu­tion sociale de 1968, et de l’idée d’une Suède comme un para­dis sur terre, une uto­pie des droits de l’homme, de la démo­cra­tie, de l’égalité entre les femmes et les hommes, et de l’antiracisme, où la race comme concept ou comme caté­go­rie était deve­nue obso­lète et hors de propos.

L’extension des limites de l’identité blanche

L’identité blanche est donc une notion pivot pour ana­ly­ser le récent scru­tin légis­la­tif sué­dois. En réa­li­té, elle est per­ti­nente pour les racistes aus­si bien que pour les anti­ra­cistes, et donc en fin de compte pour pra­ti­que­ment tous les Sué­dois, quelles que soient leurs opi­nions poli­tiques5. Sa construc­tion et sa robus­tesse sont à cher­cher des deux côtés, ain­si même que du côté des immi­grés, qui entre­tiennent l’image d’une Suède comme pays le moins raciste et le plus éga­li­taire au monde. Sans par­ler des non-Sué­dois qui dési­rent, voire approchent, les Sué­dois (blancs) comme conjoints ou comme amis, sim­ple­ment, à en croire le mythe racial nor­dique, pour leur beau­té et leur patri­moine génétique.

Tiers-mon­disme et anti­ra­cisme ont mar­ché main dans la main avec la supré­ma­tie et l’homogénéité blanches, autre­ment dit, avec ce dont le SD pleure aujourd’hui la perte, leur réponse consis­tant à ins­til­ler la haine contre les migrants et les gens de cou­leur. En même temps, c’est l’effritement de cette image d’une Suède éga­li­taire et pro­gres­siste si chère aux anti­ra­cistes qui a sus­ci­té de si vives réac­tions des élites sué­doises après les légis­la­tives de l’an dernier.

Cette ana­lyse est étayée par le fait que l’identité blanche se com­prend comme une caté­go­rie en constante expan­sion6. Ses limites ont été recons­truites sans cesse de façon à inclure de nou­veaux membres, comme ce fut le cas pour les Irlan­dais et les Ita­liens aux États-Unis. On peut ain­si affir­mer que, depuis ce scru­tin de 2010, la com­po­sante blanche pré­vaut sur les autres dimen­sions de l’identité sué­doise comme les dif­fé­rences de classe. Des Sué­dois blancs de tous sta­tuts et de tous milieux se fédèrent désor­mais autour de cette notion d’identité blanche sué­doise. […] De même, de nom­breux élec­teurs du SD sont des migrants blancs, occi­den­taux et chré­tiens (ou leurs des­cen­dants) ou des des­cen­dants de couples mixtes ou d’enfants adop­tés. Le recul des limites de l’identité blanche leur per­met de s’identifier à la Suède pour pro­fi­ter de cette sorte de recon­nais­sance que l’Américain David R. Roe­di­ger a appe­lé le « salaire de la peau blanche7 ».

Égalité hommes (blancs) femmes (blanches)

L’un des aspects cen­traux de la « bonne Suède » est son État-pro­vi­dence géné­reux et ses résul­tats en matière d’égalité des genres. Comme les autres pays scan­di­naves, la Suède est consi­dé­rée comme par­ti­cu­liè­re­ment éga­li­taire et favo­rable aux femmes. Cet idéal a été pro­mu dans d’autres pays (du tiers-monde) au moyen de l’aide au déve­lop­pe­ment. Cepen­dant, le dis­cours ins­ti­tu­tion­nel sur l’égalité des genres est por­teur d’une dimen­sion d’identité natio­nale et donc de ses coro­laires que sont l’identité blanche et la hié­rar­chi­sa­tion des races, et qui donc éta­blit une dis­tinc­tion excluante pour les migrants, consi­dé­rés comme « autres8 ».

Pour péren­ni­ser l’égalité des genres sué­doise, sup­po­sée unique, les non-blancs sont vus comme à prio­ri inéga­li­taires en matière de genre dans un dis­cours sur l’«oppression de l’autre ». Pour le Sué­dois, l’existence de l’égalité de genres « blanche » requiert l’existence d’une autre enti­té, non sué­doise, non blanche et inéga­li­taire9. Tout cela n’est sans doute pas sans rap­port avec le fait que deux des lea­deurs de pre­mier plan des extrêmes droites scan­di­naves sont des femmes et avec le fait que le ter­ro­riste extré­miste nor­vé­gien Anders Beh­ring Brei­vik était obsé­dé par les ques­tions fémi­nines et sexuelles.

L’égalité des genres dans sa forme idéale repose sur un modèle de la famille hété­ro­sexuelle blanche. Elle natu­ra­lise, si on suit l’analyse de Patri­cia Hill Col­lins, des notions comme le ter­ri­toire, le foyer, les liens du sang, la race, la nation et la citoyen­ne­té10. C’est cet idéal de la famille hété­ro blanche que l’on retrouve der­rière la ségré­ga­tion, la dis­cri­mi­na­tion, le natio­na­lisme à teneur raciale et les poli­tiques anti­mi­gra­toires. Cela veut dire que toute fémi­niste devrait res­ter cir­cons­pecte face à cet idéal sué­dois de la famille éga­li­taire et favo­rable aux femmes en tant que vision qui ren­force et repro­duit la relé­ga­tion sociale et géo­gra­phique des « autres », et se tra­duit dans des modes d’intégration en forme de pra­tiques de subordination.

Deuil blanc

Pour expli­quer la colère hys­té­rique des « pro­gres­sistes » contre les « réac­tion­naires » et leur suc­cès élec­to­ral, il faut donc vrai­sem­bla­ble­ment invo­quer l’identité blanche sué­doise, ses modes de hié­rar­chi­sa­tion nor­ma­li­sés et natu­ra­li­sés, et le double deuil de la perte de puis­sance de la « bonne vieille Suède ». Pen­dant la cam­pagne élec­to­rale, le SD a ras­sem­blé sous un slo­gan — Ge oss Sve­rige till­ba­ka (« Ren­dez nous la Suède ») — qui par­lait for­cé­ment aux deux côtés du spectre poli­tique11. D’une part, le désir du SD pour la « vieille Suède » est un vœu de retour à une époque où il n’y avait pas de conflits eth­niques et raciaux et pas d’«excès patriar­caux » non occi­den­taux. D’autre part, les anti­ra­cistes blancs sont plu­tôt sen­sibles aux hypo­thèques qui planent sur la « bonne Suède », avec son image de pays libé­ral et fémi­niste. Dans les deux cas, c’est par la pré­sence de migrants non occi­den­taux que sont mena­cées les images identitaires.

Le fait d’avoir long­temps cou­ru dans le pelo­ton de tête des pays occi­den­taux les plus pro­gres­sistes et sociaux-démo­crates se com­bine à la per­cep­tion que la Suède a d’elle-même en tant que nation blanche la plus pure, la plus homo­gène du point de vue racial, ce qui forme un double nœud qui rend pra­ti­que­ment impos­sible la trans­for­ma­tion de la Suède en un pays en tous points accueillant pour les gens de cou­leur. Quand l’objet ché­ri est assié­gé, il ne reste plus que mélan­co­lie indi­cible et dou­leur sans limite. […]

Ces récentes élec­tions sué­doises tout comme la tue­rie d’Utøya sont arri­vées à un moment où la Suède est dévas­tée par la mélan­co­lie blanche, la nos­tal­gie d’un pas­sé blanc construit autour de l’État pro­vi­dence et du pro­jet par­ta­gé d’un futur homo­gène et qua­si dis­pen­sé de métis­sage. Cet état psy­chique et cette manière de se réfé­rer à l’idée de la nation carac­té­risent désor­mais les Sué­dois, et d’ailleurs le reste du monde dans l’image qu’il a de la Suède : humi­liée par son déclin sur les fronts éga­li­taire, huma­ni­taire et anti­ra­ciste, et dépos­sé­dée de son titre de plus blanc de tous les peuples blancs.

Toute ten­ta­tive future de dis­so­cier iden­ti­té blanche et iden­ti­té sué­doise devra lever les bar­rières oppo­sées aux non-blancs et démon­ter la double image de la regret­tée « bonne vieille Suède ». On doit espé­rer que ce moment trans­for­ma­teur sur­vienne et débouche sur une com­pré­hen­sion plus construc­tive de l’identité sué­doise. Mais pour réus­sir une telle trans­for­ma­tion, il fau­dra recon­naitre le fait que ces images ché­ries sont irré­vo­ca­ble­ment et irré­mé­dia­ble­ment per­dues, aus­si pénible soit cette perte.

Tra­duit de l’anglais par Tho­mas Lemaigre.

  1. Tobias Hübi­nette et Cari­na Tiger­vall, « To Be Non-White in a Colour-Blind Socie­ty : Conver­sa­tions with Adop­tees and Adop­tive Parents in Swe­den on Eve­ry­day Racism », Jour­nal of Inter­cul­tu­ral Stu­dies 30 (2009); Catrin Lund­ström, «“Concrete Bodies”: Young Lati­na Women Trans­gres­sing the Boun­da­ries of Race and Class in White Inner-City Stock­holm », Gen­der, Place and Culture, 17 (2010); Lena Sawyer, « Rou­tings : Race, Afri­can Dia­spo­ras, and Swe­dish Belon­ging », Trans­for­ming Anthro­po­lo­gy, 11 (2002).
  2. NDLR : Les auteurs pro­posent plu­sieurs réfé­rences en langue sué­doise. Nous invi­tons le lec­teur inté­res­sé à se réfé­rer à la ver­sion en anglais à lire en ligne sur www.eurozine.com/articles/2011 – 10-18-hubinette-en.html.
  3. Idem.
  4. Ibid.
  5. Nous pour­rions reprendre ici la grille de lec­ture éla­bo­rée par Mat­thew Hughey à pro­pos de la « hege­mo­nic whi­te­ness » aux États-Unis. Mat­thew W. Hughey, « The (Dis)similarities of White Racial Iden­ti­ties : The Concep­tual Fra­me­work of “Hege­mo­nic Whi­te­ness”», Eth­nic and Racial Stu­dies, 33 (2010).
  6. France Wind­dance Twine et Charles Gal­la­gher, « The Future of Whi­te­ness : A Map of the “Third Wave”», Eth­nic and Racial Stu­dies, 31 (2009); Jona­than War­ren et France Wind­dance Twine, « White Ame­ri­cans, the New Mino­ri­ty ? Non-Blacks and the Ever-Expan­ding Boun­da­ries of Whi­te­ness », Jour­nal of Black Stu­dies, 28 (1997).
  7. David Roe­di­ger a appe­lé cela le « salaire de la peau blanche », en réfé­rence aux « com­pen­sa­tions » des tra­vailleurs amé­ri­cains blancs pour leur subor­di­na­tion éco­no­mique, par la recon­nais­sance publique de leur carac­tère blanc et donc amé­ri­cain. David R. Roe­di­ger, The Wages of Whi­te­ness : Race and the Making of the Ame­ri­can Wor­king Class, Ver­so, 1991.
  8. Suvi Kes­ki­nen, Sal­la Tuo­ri, Sari Irni et Dia­na Muli­na­ri, (dir.), Com­plying with Colo­nia­lism. Gen­der, Race and Eth­ni­ci­ty in the Nor­dic Region, Ash­gate, 2009 ; et idem note 2.
  9. Sarah Ahmed, Strange Encoun­ters, Embo­died Others in Post-Colo­nia­li­ty, Rout­ledge, 2004.
  10. Patri­cia Hill Col­lins, « It’s All in the Fami­ly : Inter­sec­tions of Gen­der, Race, and Nation », Hypa­tia, 13,1998.
  11. On peut appli­quer le même type d’analyse pour expli­quer que, contrai­re­ment à ce qui se pré­sente au Royaume-Uni et en Amé­rique du Nord notam­ment, les mou­ve­ments anti­ra­cistes en Scan­di­na­vie sont lar­ge­ment domi­nés par des blancs. Ou encore que les fémi­nistes sué­doises, qui se ral­lient à ce qu’il est conve­nu d’appeler le fémi­nisme hégé­mo­nique, s’allient par­fois avec les por­teurs d’idéologies racistes. Mia Lii­nas­son, « Ins­ti­tu­tio­na­li­zed Know­ledge : Notes on the Pro­cesses of Inclu­sion and Exclu­sion in Gen­der Stu­dies in Swe­den », Nora, Nor­dic Jour­nal of Femi­nist and Gen­der Research, 18,2010 ; et idem note 2.

Catrin Lundström


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