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La fille qui n’avait qu’une main

Numéro 4 Juin 2025 par Elin Wägner

juin 2025

– Qui veut me voir, m’avez-vous dit ? – Une ouvrière, une demoiselle… Pettersson, Svensson, quelque chose de ce genre. Le rédacteur en chef recevait toujours ses abonnés, quitte à s’interrompre au milieu d’une phrase. Lorsqu’elle entra, il se leva pour lui tendre la main. Elle s’était sûrement demandé s’il allait le faire : dans ce pays, il le […]

Italique

– Qui veut me voir, m’avez-vous dit ?
– Une ouvrière, une demoiselle… Pettersson, Svensson, quelque chose de ce genre.

Le rédacteur en chef recevait toujours ses abonnés, quitte à s’interrompre au milieu d’une phrase. Lorsqu’elle entra, il se leva pour lui tendre la main. Elle s’était sûrement demandé s’il allait le faire : dans ce pays, il le savait, on ne s’attendait pas forcément à ce qu’une personne de rang supérieur vous serre la main.

La jeune ouvrière rougit.
– Je ne peux pas vous serrer la main, déclara-t-elle.
– Ah bon, fit-il en retirant la sienne. Qu’ai-je donc fait ?
– Ce n’est pas quelque chose que vous auriez fait, répondit-elle. Mais…

je n’ai pas de main.

Alors, il contourna vivement le bureau, alla jusqu’à elle et la prit par les épaules.
– Oh, c’est donc Vous ? Dire que je n’ai pas tout de suite… Installez-vous !
D’une pression, il la fit asseoir sur la chaise à côté du bureau et poursuivit :
– Racontez-moi le but de votre visite. Que puis-je faire de plus pour vous ?

Aux mots de plus, un sourire furtif vint adoucir la ligne amère de la bouche. Le rédacteur le remarqua, mais n’eut pas le temps de s’y attarder : le sourire avait déjà fait place à l’expression d’une humble prière.
– De plus ? Oui, vous pouvez, si vous le voulez. Et j’espère que vous le voudrez, ajouta-t-elle, sans trop d’espoir.

Il était prêt à accéder rapidement à n’importe quelle demande pourvu qu’elle s’en aille. Cette jeune personne mutilée était encore nimbée de l’atmosphère de toute la souffrance physique qu’elle avait vécue ; cela mettait les nerfs à vif. Écrire son histoire avait permis au rédacteur de faire saigner le cœur des autres plutôt que le sien. Quant à supporter sa présence…
– Pourquoi tant de préambules, Mademoiselle ? N’avez-vous donc pas compris, à la lecture de mon article, que vous comptez en moi un ami ?

La réponse fut inattendue :
– Ils disent que vous ne démentez jamais.
– C’est exact, fit-il, souriant car elle ignorait sans doute le sens de ce verbe. Mais c’est parce qu’on ne dément que si ce qu’on écrit est faux. Vous ne voudriez tout de même pas que je retire ce que j’ai écrit à votre sujet hier ?
– Si, c’est ce que je voudrais.

Voilà, c’était dit.
– Oh ! s’exclama-t-il, très étonné. Vous n’auriez donc pas perdu votre main droite ?
Elle sortit du manchon le moignon bandé, le posa sur le bureau en précisant :
– Mais ça ne s’est pas passé comme vous l’avez écrit, et donc…

Une femme qui ne commence pas ses phrases, et ne les termine pas non plus, pensa-t-il, irrité. Il vit alors qu’elle pleurait.
– Comment cela s’est-il passé, dans ce cas ? demanda-t-il d’un ton plus aimable que voulu.

De la main gauche, elle lui tendit une enveloppe qu’elle avait tenue prête tout ce temps. L’adresse était effacée par les larmes.
– J’imagine qu’elle m’est destinée, dit-il, affable.

L’enveloppe contenait une lettre, tapée à la machine.

« Votre article dans le numéro d’hier de votre estimable journal, concernant l’accident survenu il y a deux mois dans la société de confection Svea, se base sur un malentendu. »

Il jeta un bref coup d’œil à la jeune femme, qui baissait la tête ; sans le vouloir, ses yeux se posèrent sur le duvet de la jolie nuque, sous le chapeau. Une rareté à cette époque où la mode était aux cheveux courts.

« Je ne connais pas l’origine de ce malentendu (qui ça, “je” ? ah oui, le contremaître), mais j’ai la conviction que vous allez y remédier.

Il est exact que mademoiselle Signe Karlson s’est gravement blessée lors de l’essai d’une nouvelle découpeuse. Mais ce qui s’est produit est le fruit d’un pur accident. La lumière électrique s’est en effet éteinte en plein travail et mademoiselle Karlson, nerveuse car la machine était neuve pour elle, a trop approché sa main de la lame.

L’accident peut d’autant moins être imputé à la présence du directeur que ce dernier n’est arrivé qu’après l’événement. J’étais seul présent sur les lieux. 

Les patrons de l’usine ont soutenu mademoiselle Karlson bien au-delà de ce que la loi leur impose et financent actuellement son séjour dans un institut pour estropiés. Ils sont prêts à lui fournir ensuite un poste, rémunéré au même salaire que celui quelle touchait en tant quouvrière qualifiée. Étant donné que mademoiselle Karlson  n’a donc aucune raison d’attaquer ses patrons, ni en justice ni par voie de presse, il n’y a rien de suspect au fait par vous souligné que cet accident n’ait pas été porté à la connaissance du public plus tôt. Mademoiselle Karlson est la première à déplorer l’apparition de fausses rumeurs concernant la conduite inconvenante du directeur, et leur propagation par votre article.

Respectueusement vôtre,
Karl Anderson
Contremaître »

Le rédacteur en chef plia la lettre et la glissa sous un presse-papiers qui se trouvait sur le bureau.

Cette lettre est l’œuvre du directeur en personne, songea-t-il, mais pourquoi ce vieil adversaire se montrait-il si poli ? Pourquoi n’en profitait-il pas pour le traîner en justice ? Si ce que j’ai écrit – qu’il avait été la cause de l’accident en embrassant sur la nuque l’ouvrière de la machine – constitue réellement une vile diffamation, je devrais être condamné pour usage extrême des lois sur la liberté de la presse.
– Mademoiselle Karlson ! fit-il brusquement d’une voix forte, et elle sursauta comme il l’avait escompté.
Et comme elle l’avait certainement fait en ce jour funeste…
– Pourquoi est-ce le contremaître qui a écrit ceci, et non vous-même ?
– C’est que je lui étais fiancée, expliqua-t-elle.
– Ah bon ! Et donc, il a rompu après cet accident…
– Ça dépend, répondit-elle. Si vous acceptez ceci, tout peut rentrer dans l’ordre.
– Ah bon ! Le contremaître pose ses conditions pour garder sa fiancée ! Ce n’est pas bien joli de sa part. Ne vous souciez pas de lui.

Elle prit sa défense :
– Comment pourrait-il imaginer épouser une fille qui n’a qu’une main, et qui ne possède rien ?

Il réfléchit à toute allure : selon la lettre du contremaître, mademoiselle Karlson allait obtenir un poste avec plein salaire. Mais si je refuse de publier ce démenti, la promesse tombe à l’eau : les nobles patrons mettent eux aussi des conditions à leur humanité. Ils font pression sur le contremaître pour qu’il fabrique une autre version des faits, en le menaçant de laisser sa fiancée sur la paille. Et le bougre m’envoie celle-ci avec mission de me mentir effrontément sous peine de rupture de fiançailles.
– Je comprends, dit-il après une longue minute de silence.

Elle n’apprécia pas : « comprendre » était tout le contraire de ce qu’il avait à faire.
– Si Monsieur le Rédacteur voulait bien avoir la gentillesse de publier cette lettre. Bien en vue, ajouta-t-elle d’une voix hésitante, avant de se lever.

Mais d’un geste ferme, il la fit se rasseoir.
– Si je publie ceci, expliqua-t-il, il faudra que j’y joigne une note. Je dois préciser que je tenais tous mes renseignements de votre propre frère, Mademoiselle Karlson. Jusqu’à présent, j’ai omis de le citer, à sa demande, car lui aussi travaille chez Svea, mais je ne pourrai plus l’éviter. Après ce démenti, les relations fraternelles ne seront plus aussi réjouissantes chez les Karlson.
–  Non, c’est impossible, souffla la jeune fille, terrifiée.
– Et vous exigeriez que j’admette avoir tout inventé ? C’est impensable.
– Oh, Monsieur le Rédacteur, pour vous qui êtes un personnage éminent, qui n’êtes employé chez personne, qu’est-ce que cela peut faire ?

Il secoua la tête :
– Jamais de la vie.
– Mais c’est pourtant vous qui avez écrit : « Que tout cœur capable de sentiment humain saigne pour Signe Karlson. »
– Oui, en effet, qu’il saigne, dit-il. Alors, qu’est-ce que vous préférez ?
Au lieu de répondre, la jeune fille se rua vers la porte.

Il réussit toutefois à l’arrêter et, du haut de son omniscience, il martela :
– Non, on ne court pas chez son fiancé. On éclaircit d’abord tout ça.

Sous sa main, l’épaule de la jeune fille tremblait comme une feuille.
– Je n’ai plus rien à éclaircir.
– Si, vous pouvez dire la vérité.
– Oui, mais…

Elle reprit sa place sur la chaise des visiteurs et il entreprit de l’interroger calmement. Il connaissait la force de la question bien choisie. Elle laisse les gens sans défense, incapables de réagir, de mentir vite et bien.

Comme il l’avait deviné, c’était la version du frère qui était la bonne.
– Vous reconnaissez que le contremaître vous a obligée à m’apporter cette lettre, parce que les patrons de l’usine ont explicitement stipulé sa publication comme condition au respect de leur promesse d’un poste avec salaire plein ?

Soit la jeune fille trouvait la question trop compliquée, soit elle sentait qu’il était dangereux d’y répondre. Elle fixa d’un regard craintif et implorant le rédacteur, lequel, pour la calmer, lui tapota l’épaule. Ce n’était pas la peine de la tourmenter davantage. Il en savait déjà assez.

Quelle histoire ! Elle dépassait de loin en gravité les faits mêmes. Qu’un patron ait eu à l’égard de la nuque d’une jeune fille un tel comportement, c’était bien sûr mal, mais cela ne suffisait pas pour faire un procès au capitalisme. Par contre, cette menace de ne plus l’engager si elle ne mettait pas l’accident sur le compte de sa propre nervosité, ça, pensait-il voluptueusement, ça trahissait toute la cruauté, l’arrogance et la folie de l’argent.
Ah, suffit, Monsieur le Directeur, vous n’irez pas plus loin !
– Où habitez-vous ? demanda-t-il, brûlant d’impatience.

Elle n’osa pas lui donner la réponse. La tournure que prenait son affaire la paralysait soudain de terreur.
– À quoi pensez-vous ? demanda-t-elle, au désespoir. Vous aurez bien un peu de pitié pour moi ?

Il n’en avait visiblement aucune.
– Allons, où habite votre frère ?
– Et pourquoi ?
– Nous allons nous rendre chez lui pour discuter de cette affaire.
– Mais vous, Monsieur le Rédacteur, à quoi pensez-vous ?
– À remuer ciel et terre, bien sûr. Nous allons déclarer la guerre au directeur ! Il payera cher sa légèreté.
– Peut-être, mais c’est justement pour qu’il paye, de sa poche, que cette lettre doit être publiée.

Enfin, on y était.
– Ah, il y a d’autres façons de faire. On peut l’y obliger. Si vous allez en procès contre lui, il perdra.
– Moi ? Jamais ! Quelle horreur !

Cet homme aussi était fou, pensa-t-elle. Un de plus. Un fou d’une autre espèce.

Il sifflota en enfilant son manteau, et sa voix avait des accents de jubilation quand il annonça à la réception son intention de sortir. Elle l’observa, remplie d’une haine impuissante. Qu’est-ce qui lui prenait ? Était-ce donc si amusant de précipiter dans l’abîme une jeune fille privée d’une main ? À cette pensée, elle sentit des élancements dans les doigts qu’elle avait perdus.

Que voulaient tous ces hommes ? se demandait-elle. Tous prétendaient d’une seule voix qu’ils voulaient m’aider. Le directeur abondait en promesses, et il n’y avait pas plus noble qu’Anderson au début. Seul mon frère aurait pu rivaliser avec lui. Et le rédacteur n’avait-il pas écrit que les cœurs devaient saigner pour Signe Karlson ? Et voilà que tous se dressent les uns contre les autres, chacun guettant la moindre occasion de porter un coup à son adversaire. Peu leur importe de savoir comment je vais. Pourtant, c’est moi qui ai perdu une main. Et ce rédacteur…

Il la prit par le bras et se lança dans une envolée :
– Ce sera une belle cause. Il y aura des articles, des réunions auxquelles vous serez présente. Toute la classe ouvrière du pays devra prendre les armes.
– Je ne veux rien de tout ça, dit-elle.

Elle se sentait à nouveau aspirée dans une machine qui aller broyer ce qui restait d’elle.
– Si, vous le voulez, répondit-il.
– Non.
– Si ! Parce que vous voulez qu’on vous aide.
– Oui, mais pas ainsi, surtout pas ainsi !
– C’est votre frère et moi qui décidons. Vous devez accepter. Oh, j’en oubliais la lettre !
Non, ne restez pas ici à attendre ! dit-il sans la lâcher. Vous en profiteriez pour filer. Suivez-moi dans mon bureau !
– Rendez-moi cette lettre, fit-elle en tendant son bras sans main.
– Ah non, mon enfant ! Venez, appelons une voiture. Où habite votre frère ?
– Je ne veux pas.
– Vous devez ! Calmez-vous… Votre peur ne durera pas. Nous vous apprendrons le courage. Vous allez voir ce que c’est que d’avoir toute une classe sociale derrière soi. Faites-moi confiance !
– Mais Karl ? Que va dire Karl ?
– Le mieux serait que vous ne le revoyiez jamais. Ce n’est qu’un traître. D’ailleurs, il va en prendre pour son grade, lui aussi. Ne pleurez pas, vous en trouverez un autre.
– Et puis quoi encore ?

Elle tenta de se dégager. En vain : l’instant suivant, elle se retrouvait dans la voiture.
– Eh bien ! dit le rédacteur, l’adresse, vite ! Le journal est bientôt sous presse.

L’histoire de mademoiselle Karlson et du rédacteur en chef fit le tour du pays. Lui y gagna de nombreux abonnés ; elle y perdit son Karl.
À leur dernière rencontre, elle apparut très amère. Quant à lui, il avait peu de temps à lui accorder puisqu’elle avait accompli son devoir.
– N’oubliez pas d’insister auprès de l’assurance obligatoire pour les accidents de travail, Mademoiselle Karlson.

Sur ces mots, le rédacteur ferma la porte sur elle et retrouva la tranquillité de son bureau.

Traduit du suédois par Elisabet Brouillard et Isabelle Piette

Elin Wägner

Écrivaine et journaliste suédoise de la première moitié du XXe siècle, Elin Wägner (1882 – 1949) s’est d’abord intéressée à l’anthropologie, à la philosophie et à l’histoire (notamment celle de la région de sa famille, le Småland, qui est le cadre d’un grand nombre de ses récits). Elle a progressivement mis sa plume au service des grandes causes de son époque : les droits des femmes, les luttes sociales, la paix dans le monde, le respect de l’environnement. Auteur prolixe, à l’écriture efficace, elle a publié une trentaine d’œuvres littéraires (romans et recueils de nouvelles) et de nombreux articles. Elle jouissait de son temps d’une notoriété peut-être difficile à imaginer aujourd’hui, tant elle est peu connue (et peu traduite) dans le monde francophone. Après avoir rédigé une bibliographie de Selma Lagerlöf (Prix Nobel de littérature en 1909 et autrice, entre autres mais pas seulement, du Merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède), elle fut, en 1944, élue au siège numéro 15 de l’Académie suédoise. Elle mourut sans avoir le temps d’achever la biographie de Fredrika Bremer, pionnière du mouvement féministe suédois.

La présente nouvelle, qui illustre tant son engagement social et féministe que la modernité de son style, est tirée du recueil Spinnerskan (La Fileuse), paru en 1948 aux éditions Albert Bonniers.

Quelques titres traduits 

  • Romans :

- Wägner, Elin, Les hirondelles volent haut, roman traduit du suédois par Marguerite Gay et Gerd de Mautort, Paris, A. Michel, 1949, 352 p.

- Wägner, Elin, Le Tourniquet, roman traduit du suédois par Marguerite Gay et Gerd de Mautort, Paris, A. Michel, 1961, 299 p.

- Wägner, Elin, La Ligue de Nortull, traduit du suédois et annoté par Vincent Dulac, nouvelle édition revue et corrigée, Paris, Cupidus Legendi, 2022, 179 p.

  • Biographie :

- Wägner, Elin, Vie de Selma Lagerlöf, traduction de Mlle Thekla Hammar et Mme Metzger, avant-propos de Lucien Maury, Paris, Stock, 1950, 480 p.

Elin Wägner


Auteur

Écrivaine et journaliste suédoise de la première moitié du XXe siècle, Elin Wägner (1882-1949) s’est d’abord intéressée à l’anthropologie, à la philosophie et à l’histoire (notamment celle de la région de sa famille, le Småland, qui est le cadre d’un grand nombre de ses récits). Elle a progressivement mis sa plume au service des grandes causes de son époque : les droits des femmes, les luttes sociales, la paix dans le monde, le respect de l’environnement. Auteur prolixe, à l’écriture efficace, elle a publié une trentaine d’œuvres littéraires (romans et recueils de nouvelles) et de nombreux articles. Elle jouissait de son temps d’une notoriété peut-être difficile à imaginer aujourd’hui, tant elle est peu connue (et peu traduite) dans le monde francophone. Après avoir rédigé une bibliographie de Selma Lagerlöf (Prix Nobel de littérature en 1909 et autrice, entre autres mais pas seulement, du Merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède), elle fut, en 1944, élue au siège numéro 15 de l’Académie suédoise. Elle mourut sans avoir le temps d’achever la biographie de Fredrika Bremer, pionnière du mouvement féministe suédois. La présente nouvelle, qui illustre tant son engagement social et féministe que la modernité de son style, est tirée du recueil Spinnerskan (La Fileuse), paru en 1948 aux éditions Albert Bonniers.
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