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L’exemple français d’Unis-Cité

Numéro 1 Janvier 2012 par Valérie Becquet

janvier 2012

En mars 2010 a été créé un nou­veau dis­po­si­tif de ser­vice civique en France. Héri­tier de réformes suc­ces­sives, il pour­suit de nom­breux objec­tifs : contri­bu­tion à la cohé­sion natio­nale et au ren­for­ce­ment de la mixi­té sociale, tout en favo­ri­sant l’in­té­gra­tion sociale, éco­no­mique et poli­tique des jeunes. L’exemple de l’as­so­cia­tion Unis-Cité, enga­gée depuis 1994 dans la pro­mo­tion et la mise en œuvre d’un pro­gramme de ser­vice ouvert à des jeunes aux ori­gines sociales et aux tra­jec­toires variées, montre les usages que font les jeunes de ce dis­po­si­tif et ce que cette expé­rience peut leur apporter.

Le ser­vice civique, tel qu’il existe en France depuis 2010, est le résul­tat d’une suc­ces­sion d’hésitations concer­nant l’instauration d’un ser­vice alter­na­tif au ser­vice natio­nal obli­ga­toire abo­li en 1997. Alors qu’en Ita­lie, la sup­pres­sion de la conscrip­tion a don­né lieu à la mise en place d’un ser­vice civil d’ampleur et qu’en Alle­magne, les formes civiles du ser­vice natio­nal sont par­ti­cu­liè­re­ment déve­lop­pées et per­durent à la récente fin du ser­vice mili­taire, en France, les dis­po­si­tifs ont été mul­ti­pliés sans grande cohé­rence et peu déve­lop­pés pour des rai­sons bud­gé­taires. D’un côté, les dis­cours insistent sur la néces­si­té que les jeunes fassent un ser­vice civique, le plus sou­vent en réfé­rence aux fonc­tions sociales géné­ra­le­ment attri­buées au ser­vice natio­nal ou affirment qu’il répond à leur « désir d’engagement » et, de l’autre, la mise en œuvre par les pou­voirs publics est d’inégale qua­li­té ne contri­buant pas néces­sai­re­ment à sa légi­ti­ma­tion auprès des jeunes. Cepen­dant, le ser­vice civique consti­tue un cadre d’expérience spé­ci­fique, qui conduit les jeunes de seize à vingt-cinq ans à réa­li­ser des mis­sions d’intérêt géné­ral pen­dant six à douze mois en contre­par­tie d’une indem­ni­té1. Unis-Cité est un des opé­ra­teurs du ser­vice civique en France. Depuis 1994, cette asso­cia­tion défend un pro­gramme de ser­vice en équipe ouvert à des jeunes d’origines sociales et cultu­relles dif­fé­rentes. Après avoir pré­sen­té les prin­ci­pales évo­lu­tions du ser­vice civique, l’exemple d’Unis-Cité per­met­tra d’analyser le pro­fil et les démarches des jeunes à l’égard de l’engagement volon­taire (Bec­quet, 2011).

Du service national au service civique

Dès les années soixante, les moda­li­tés de réa­li­sa­tion du ser­vice natio­nal ont été diver­si­fiées dans une logique de ges­tion des flux d’appelés et de main­tien de l’acceptabilité sociale de la conscrip­tion. Pro­gres­si­ve­ment les formes civiles du ser­vice natio­nal ont été déve­lop­pées et ont consti­tué des occa­sions pour les appe­lés ne sou­hai­tant pas ser­vir dans un cadre mili­taire. Ont ain­si été ins­tau­rées et ins­crites dans le Code du ser­vice natio­nal les formes civiles légales (par exemple le ser­vice de la coopé­ra­tion en 1965), les formes mili­taires à fina­li­tés civiles ou pro­to­coles2 et les formes mili­taires « aty­piques » (par exemple les scien­ti­fiques du contin­gent en 1963)3, aux­quelles il convient d’ajouter le ser­vice natio­nal de l’objection de conscience, créé en 1963, puis réfor­mé en 19834. Elles ont, au fil des années, concer­né un nombre crois­sant de jeunes. Ain­si, en 1995, près de 13% des appe­lés soit 32.844 jeunes effec­tuaient leur ser­vice natio­nal sous une forme civile. Néan­moins, leur accès était rela­ti­ve­ment ségré­ga­tif. Les démarches admi­nis­tra­tives et les com­pé­tences récla­mées pour y accé­der ont eu ten­dance à pro­fi­ter aux diplô­més de l’enseignement supé­rieur. Cette situa­tion, comme le sou­ligne Alain Mar­saud dans son rap­port sur les formes civiles, avait ten­dance à remettre en cause le prin­cipe d’égalité cen­sé défi­nir la conscrip­tion, « mais l’inégalité la plus évi­dente réside dans le niveau sco­laire exi­gé pour tenir les emplois pour­vus par l’une ou l’autre forme civique de ser­vice » (Mar­saud, 1994).

Au moment de la réforme du ser­vice natio­nal, en 1997, l’idée de créer un ser­vice alter­na­tif est exa­mi­née. La réforme doit en fait par­ve­nir à conci­lier trois objec­tifs : sup­pri­mer la res­source en appe­lés sur le plan mili­taire, main­te­nir le tra­di­tion­nel lien armée-nation, mais aus­si, rem­pla­cer les appe­lés qui occu­paient sous une forme civile ou mili­taire des postes dans les admi­nis­tra­tions, le tout dans un contexte de réduc­tion bud­gé­taire. Le 28 mai 1996, Jacques Chi­rac pré­sente les contours du nou­veau ser­vice natio­nal (ser­vice natio­nal uni­ver­sel). Le prin­cipe de la conscrip­tion est main­te­nu au tra­vers du recen­se­ment des jeunes à seize ans et de la par­ti­ci­pa­tion à une jour­née d’appel de pré­pa­ra­tion à la défense5.

Des volon­ta­riats mili­taires et civils sont créés. Ils visent « à appor­ter un concours per­son­nel et tem­po­raire, et à déve­lop­per la soli­da­ri­té et le sen­ti­ment d’appartenance à la nation », et s’effectuent dans les domaines de la « défense, de la sécu­ri­té et de la pré­ven­tion» ; de la « cohé­sion sociale et de la soli­da­ri­té », et, de la « coopé­ra­tion inter­na­tio­nale et de l’aide huma­ni­taire6 ». L’adoption de la loi sur les volon­ta­riats civils pren­dra deux ans dans un contexte d’alternance poli­tique (loi du 14 mars 2000). Les textes d’application spé­ci­fiques aux trois domaines sont pro­gres­si­ve­ment publiés entrai­nant une dif­fé­ren­cia­tion entre les volon­ta­riats civils et témoi­gnant, au tra­vers des finan­ce­ments publics mobi­li­sés et des condi­tions de mise en œuvre, d’un enga­ge­ment gou­ver­ne­men­tal très inégal en leur faveur. C’est prin­ci­pa­le­ment le volon­ta­riat civil de cohé­sion sociale et de soli­da­ri­té qui pâtit de cette situa­tion. Concur­ren­cé par la créa­tion du dis­po­si­tif « emplois jeunes » par la gauche, il est éga­le­ment consi­dé­ré par les asso­cia­tions comme inadap­té à leurs besoins (CNVA, 2003). En 2006, les volon­ta­riats civils touchent envi­ron 6.500 jeunes dont près de 70% effec­tuent un volon­ta­riat inter­na­tio­nal en entre­prise. Au final, cette réforme n’a pas débou­ché sur la créa­tion d’un ser­vice alter­na­tif au ser­vice national.

Les déci­sions prises à par­tir de 2004 ne vont pas néces­sai­re­ment cla­ri­fier la situa­tion. Deux contrats de volon­ta­riat sont créés pour répondre aux demandes des asso­cia­tions qui n’étaient pas satis­faites du cadre règle­men­taire exis­tant : le contrat de volon­ta­riat inter­na­tio­nal pour les ONG en février 2005 et le contrat de volon­ta­riat asso­cia­tif pour les asso­cia­tions en mai 2006. Ces deux lois ont en com­mun de des­si­ner les contours d’un nou­veau type de contrat de droit pri­vé per­met­tant de prendre en charge juri­di­que­ment des acti­vi­tés qui ne relèvent ni du « sala­riat » ni du « béné­vo­lat ». Ces contrats ne s’adressent pas spé­ci­fi­que­ment aux jeunes et sont ins­ti­tu­tion­nel­le­ment décon­nec­tés des volon­ta­riats civils du ser­vice natio­nal uni­ver­sel7. Ain­si, au moment où est annon­cée l’instauration d’un ser­vice civil volon­taire, les offres dans ce sec­teur sont par­ti­cu­liè­re­ment mor­ce­lées et ont été struc­tu­rées selon des logiques différentes.

La créa­tion de ces contrats, en par­ti­cu­lier le contrat de volon­ta­riat asso­cia­tif, va entrer en col­li­sion avec la mise en place du ser­vice civil volon­taire. Ce ser­vice est une des mesures prises en réfé­rence aux émeutes urbaines de l’automne 2005 (Le Goa­ziou, Muc­chiel­li, 2006). Sous cette appel­la­tion sont agré­gés plu­sieurs dis­po­si­tifs, dont la plu­part exis­taient déjà8 : les volon­ta­riats civils, les contrats de volon­ta­riat et des dis­po­si­tifs d’insertion. Cepen­dant, le recours à l’expression « ser­vice civil » pour les englo­ber a une fonc­tion sym­bo­lique car elle ren­voie au rôle d’intégration répu­bli­caine prê­té au ser­vice natio­nal obli­ga­toire. C’est d’ailleurs autour de l’équation entre la sup­pres­sion du ser­vice natio­nal, la situa­tion des jeunes, en par­ti­cu­lier, des « jeunes des ban­lieues » et la créa­tion de ce label que la ques­tion du ser­vice civil devient à par­tir de l’automne 2005 et pen­dant toute la cam­pagne pré­si­den­tielle de 2007 un objet de débat. Mobi­li­sant des réfé­rences à la « cohé­sion natio­nale » et à la « cohé­sion sociale », mêlant les figures de la « jeu­nesse dan­ge­reuse » à celle de la « jeu­nesse res­source » (Loncle, 2010), le ser­vice civil est alors pré­sen­té comme un ins­tru­ment d’action publique appro­prié pour appré­hen­der la situa­tion des jeunes générations.

Depuis l’élection de Nico­las Sar­ko­zy en avril 2007, qui était en faveur d’un ser­vice civique obli­ga­toire de six mois, la ques­tion est res­tée d’actualité. La rédac­tion d’un rap­port a été confiée en 2008 à Luc Fer­ry, pré­sident du Conseil d’analyse de la socié­té (Fer­ry, 2008), mais n’a pas débou­ché sur un enga­ge­ment gou­ver­ne­men­tal. Ce n’est qu’en 2009 avec la nomi­na­tion de Mar­tin Hirsch à la fonc­tion de haut com­mis­saire à la jeu­nesse que la déci­sion est prise de rem­pla­cer le ser­vice civil volon­taire par un ser­vice civique devant béné­fi­cier d’un enga­ge­ment gou­ver­ne­men­tal plus impor­tant. Man­da­té par le pré­sident de la Répu­blique pour en défi­nir les contours, il intègre ce pro­jet à la réflexion de la Com­mis­sion de concer­ta­tion sur la poli­tique de jeu­nesse qui rend public en juin 2009 un livre vert : Recon­naitre la valeur de la jeu­nesse. Le ser­vice civique est offi­ciel­le­ment créé par la loi 201 – 241 du 10 mars 2010.

Un exemple de mise en œuvre : Unis-Cité

Unis-Cité a déve­lop­pé un pro­gramme de ser­vice civique qui com­porte cer­taines spé­ci­fi­ci­tés. Tout d’abord, l’association défend un prin­cipe de mixi­té sociale. Les volon­taires sont issus d’origines sociales et cultu­relles diver­si­fiées et de niveaux sco­laires variés. Ensuite, les volon­taires tra­vaillent en équipe de huit ou quatre jeunes et inter­viennent au sein de struc­tures (asso­cia­tions, col­lec­ti­vi­tés locales ou éta­blis­se­ments publics) par­te­naires d’Unis-Cité. En leur sein, ils réa­lisent des pro­jets de soli­da­ri­té de proxi­mi­té (accom­pa­gne­ment de per­sonnes sans domi­cile, dis­tri­bu­tion de repas, réno­va­tion de foyers d’accueil, etc.), de pro­mo­tion de l’environnement (net­toyage d’espaces natu­rels, réa­li­sa­tion d’actions de sen­si­bi­li­sa­tion, etc.), d’animation locale (réa­li­sa­tion d’animations en direc­tion des enfants, accom­pa­gne­ment sco­laire) ou d’intervention auprès de publics spé­ci­fiques (per­sonnes âgées, per­sonnes han­di­ca­pées, etc.). Enfin, comme requis dans le dis­po­si­tif « ser­vice civique », Unis-Cité assure une for­ma­tion citoyenne et pro­pose un accom­pa­gne­ment de la défi­ni­tion du pro­jet pro­fes­sion­nel. Les choix opé­rés par cette asso­cia­tion la dis­tinguent des autres asso­cia­tions qui accueillent des volon­taires en ser­vice civique. Par exemple, si, dans les docu­ments offi­ciels, les struc­tures d’accueil sont invi­tées à « veiller à la diver­si­té de pro­fils des jeunes », les quelques don­nées dis­po­nibles montrent que la mixi­té sociale n’est pas tou­jours une réa­li­té. Ain­si, l’enquête réa­li­sée en 2008 par la confé­rence per­ma­nente des coor­di­na­tions asso­cia­tives (cpca) auprès d’un échan­tillon de volon­taires fait appa­raitre qu’ils sont majo­ri­tai­re­ment issus des caté­go­ries socio­pro­fes­sion­nelles supé­rieures et sont diplô­més de l’enseignement supé­rieur9. Les récentes don­nées dif­fu­sées par l’Agence du ser­vice civique ne com­portent pas de don­nées sur l’origine sociale des volon­taires. Elles laissent appa­raitre que les diplô­més du supé­rieur y sont très pré­sents (40%), mais que les jeunes d’un niveau infé­rieur ou égal au bac­ca­lau­réat y ont aus­si accès (res­pec­ti­ve­ment 24% et 36%)10. Qu’en est-il à Unis-Cité ? L’enquête quan­ti­ta­tive réa­li­sée depuis 2006 auprès de l’ensemble des volon­taires com­porte de nom­breuses infor­ma­tions sur leur pro­fil, leurs usages du ser­vice civique et les apports de cette expé­rience11.

Un recrutement social hétérogène

La construc­tion de pro­mo­tions de volon­taires socia­le­ment mixtes n’est nul­le­ment évi­dente et sup­pose de « for­cer » les fonc­tion­ne­ments sociaux. En effet, l’analyse du pro­fil des jeunes enga­gés dans le ser­vice civique ou dans d’autres types de ser­vices volon­taires, comme le ser­vice volon­taire euro­péen ou le volon­ta­riat de soli­da­ri­té inter­na­tio­nale, met en évi­dence que le recru­te­ment s’opère fré­quem­ment aux dépens des jeunes peu qua­li­fiés ou issus de milieux popu­laires. L’existence d’un pro­gramme de ser­vice volon­taire euro­péen court terme à des­ti­na­tion des « jeunes ayant moins d’opportunités » (jamo) témoigne d’un accès inéga­li­taire des jeunes à ce type de dis­po­si­tif d’engagement. Dans le cas d’Unis-Cité, la dif­fu­sion de l’information et le recru­te­ment des volon­taires sont opé­rés dans la pers­pec­tive d’aboutir à une cer­taine mixi­té sociale. Plu­sieurs réseaux de par­te­naires sont mobi­li­sés, dont les pro­fes­sion­nels de l’insertion inter­ve­nant auprès des jeunes en dif­fi­cul­té, et la pré­sen­ta­tion de l’association valo­rise tout autant le conte­nu et les apports du pro­gramme que le pro­fil des jeunes qui s’y engagent depuis de nom­breuses années. Au cours du recru­te­ment, une atten­tion est por­tée à l’équilibre entre les dif­fé­rents pro­fils, moti­va­tions et par­cours indi­vi­duels. Sans pour autant consi­dé­rer que l’association applique une poli­tique de quo­ta, elle fait preuve d’une vigi­lance dans la construc­tion de ses pro­mo­tions. L’analyse du pro­fil social des quatre der­nières pro­mo­tions de volon­taires per­met de mettre en évi­dence les effets de ce pro­ces­sus12.

Depuis 2006, les pro­mo­tions sont plu­tôt fémi­nines, entre 60 et 71% selon les années. Les can­di­da­tures l’étant davan­tage, être un homme consti­tue presque un atout pour les can­di­dats. Cette ten­dance est moins accen­tuée au niveau natio­nal, les femmes repré­sen­tant 57% des volon­taires en ser­vice en 201113. Cette dif­fé­rence résulte pro­ba­ble­ment des mis­sions pro­po­sées par Unis-Cité qui attirent entre autres des jeunes femmes dési­reuses de tra­vailler dans le sec­teur social. Ce sont les 18 – 23 ans qui consti­tuent l’essentiel des effec­tifs recru­tés : entre 39 et 44% pour les 18 – 20 ans et 42 et 46% pour les 21 – 23 ans. S’il existe un équi­libre entre les deux pre­mières tranches d’âge, les plus de vingt-trois ans sont net­te­ment moins pré­sents à Unis-Cité pour des rai­sons liées à leur situa­tion per­son­nelle (recherche d’une inser­tion pro­fes­sion­nelle ou d’une amé­lio­ra­tion de la situa­tion pro­fes­sion­nelle), au ser­vice civique (encore inéga­le­ment recon­nu dans les milieux pro­fes­sion­nels) ou au pro­jet d’Unis-Cité. De manière conco­mi­tante, les diplô­més de l’enseignement supé­rieur sont moins nom­breux (envi­ron 25%) que les titu­laires du bac­ca­lau­réat (envi­ron 40%) ou de diplômes infra-bac­ca­lau­réat et que les non-diplô­més (envi­ron 35%). Avant leur ser­vice civique, selon les pro­mo­tions, entre 32 et 39% des volon­taires étaient sco­la­ri­sés (fin d’études secon­daires ou en cours ou fin d’études supé­rieures), entre 41 et 57% à la recherche d’une for­ma­tion ou d’un emploi, le res­tant étant sala­rié, prin­ci­pa­le­ment en contrat à durée indéterminée.

Concer­nant leurs moti­va­tions, les volon­taires ont en com­mun de s’inscrire dans une logique altruiste. Ils sou­haitent « agir concrè­te­ment et être utile », et « aider les autres, les per­sonnes en dif­fi­cul­té ». Ils se réfèrent direc­te­ment aux prin­cipes valo­ri­sés par Unis-Cité, en par­ti­cu­lier le prin­cipe d’utilité sociale. Cette démarche d’engagement est le plus sou­vent arti­cu­lée à deux logiques qui arrivent alter­na­ti­ve­ment en seconde ou troi­sième posi­tion selon les années : la logique de for­ma­tion et la logique de par­cours. La pre­mière ren­voie à une volon­té d’acquérir des com­pé­tences ou une « pre­mière expé­rience pro­fes­sion­nelle » et de « décou­vrir le monde asso­cia­tif », et la seconde cor­res­pond davan­tage à une volon­té de chan­ger une situa­tion, en par­ti­cu­lier de reprendre une acti­vi­té, ou de faire une paren­thèse dans son par­cours (« pour prendre le temps de réflé­chir à [s]on ave­nir »). Dans les deux cas, le ser­vice civil est appré­hen­dé comme une contri­bu­tion à la construc­tion de la tra­jec­toire indi­vi­duelle et y joue un rôle de régu­la­teur. En revanche, la logique citoyenne, ren­voyant à la défense d’idées ou de valeurs ou à l’accomplissement d’un devoir citoyen est mino­ri­taire chez les volon­taires. Ces termes ne semblent pas faire écho à leur démarche, ces der­niers pré­fé­rant se réfé­rer à l’altruisme.

Les don­nées sur le pro­fil des volon­taires per­mettent de déga­ger des usages du ser­vice civique. Trois grands types de volon­taires res­sortent des enquêtes. Les jeunes pré­caires (entre 37 et 41% selon les années): ce sont prin­ci­pa­le­ment des jeunes hommes, âgés de 21 à 23 ans, peu ou pas diplô­més, plu­tôt issus des milieux popu­laires et qui résident dans des grands ensembles urbains. Ils n’ont pas d’idée pré­cise de leur métier futur et de même n’en ont pas sur leur acti­vi­té post-ser­vice civique. Ils étaient d’ailleurs plus sou­vent que les autres volon­taires en recherche d’emploi avant le ser­vice. Ils sont clai­re­ment dans une logique de par­cours, décla­rant en majo­ri­té « recher­cher une orien­ta­tion pro­fes­sion­nelle » pen­dant leur volon­ta­riat. Quand ils débutent leur ser­vice, ils expriment des attentes en termes de cla­ri­fi­ca­tion de leur pro­jet pro­fes­sion­nel. Les futures pro­fes­sion­nelles du sec­teur social (envi­ron 35%): ce sont des jeunes femmes qui ont entre 18 et 20 ans et sont titu­laires d’un bac­ca­lau­réat géné­ral ou pro­fes­sion­nel. Elles ont par­fois enta­mé des études supé­rieures qui n’ont pas été concluantes et cherchent désor­mais à entrer dans une école de tra­vail social pour deve­nir moni­trice ou édu­ca­trice spé­cia­li­sées, assis­tante sociale, etc. Elles se situent à la fois dans une logique altruiste, en lien avec leur pro­jet pro­fes­sion­nel et dans une logique de for­ma­tion, la réus­site du concours sup­po­sant qu’elles acquièrent de l’expérience, mais aus­si de la « matu­ri­té per­son­nelle ». Elles pensent y par­ve­nir à tra­vers les mis­sions qu’elles réa­li­se­ront, en par­ti­cu­lier l’aide qu’elles appor­te­ront aux autres et les expé­riences qui en résul­te­ront. Les diplô­més du supé­rieur (entre 25 et 27%): ce sont les volon­taires les plus âgés qui ont ter­mi­né leurs études et sont diplô­més (bac + 3 à 5). À la fin de leurs études supé­rieures, ces volon­taires sont dans deux situa­tions : soit ils s’interrogent sur le métier qu’ils sou­haitent exer­cer et uti­lisent le ser­vice civique pour y réflé­chir (logique de par­cours), soit ils éprouvent des dif­fi­cul­tés à trou­ver un emploi et uti­lisent le ser­vice civique pour acqué­rir de l’expérience (logique de for­ma­tion). Leur pro­jet de fin de ser­vice est tour­né vers la for­ma­tion ou vers l’emploi.

La place du service civique dans les parcours

Si l’analyse des pro­fils met en évi­dence des démarches dif­fé­rentes à l’égard du ser­vice civique, celle de leur situa­tion et de leurs pro­jets éclaire l’inscription du ser­vice civique dans leur par­cours. Les volon­taires ont été inter­ro­gés sur ce qu’ils auraient fait s’ils n’avaient pas fait de ser­vice et sur ce qu’ils envi­sa­geaient de faire à la fin de leur ser­vice. Ces deux ques­tions ne se recouvrent pas, l’une indi­quant les alter­na­tives au ser­vice au moment du choix de l’effectuer et l’autre indi­quant les pro­jets à moyen terme (à six ou neuf mois).

Concer­nant les alter­na­tives au ser­vice, en tenant compte de la situa­tion avant le ser­vice, les réponses mettent en évi­dence que les volon­taires auraient soit main­te­nu ou chan­gé leur situa­tion, soit été dans une situa­tion d’incertitude. Dans le pre­mier cas, le ser­vice est une oppor­tu­ni­té pour chan­ger d’activité, mais ne remet pas en cause la situa­tion anté­rieure alors que, dans le second cas, il est une pos­si­bi­li­té par­mi d’autres dans un contexte de chan­ge­ment lié à la fin d’une acti­vi­té ou à une insa­tis­fac­tion quant à l’activité, qu’il s’agisse des études ou d’un emploi. Les volon­taires sco­la­ri­sés avant leur ser­vice se situent plu­tôt du côté d’un chan­ge­ment de situa­tion avec le pro­jet de trou­ver un emploi. La sco­la­ri­sa­tion est éga­le­ment envi­sa­gée, mais elle recouvre deux situa­tions : la pour­suite de la for­ma­tion ini­tiale et la pré­pa­ra­tion d’un concours (de 13 à 17% selon les années) dans le cas des volon­taires qui sou­haitent par exemple inté­grer une école de tra­vail social pour deve­nir moni­teur édu­ca­teur ou édu­ca­teur spé­cia­li­sé. Le chan­ge­ment de situa­tion struc­ture éga­le­ment le choix des anciens sala­riés qui ne sem­blaient pas satis­faits de leur situa­tion pro­fes­sion­nelle et cher­chaient à chan­ger de tra­vail ou à reprendre une for­ma­tion. Il en est de même pour les jeunes inac­tifs qui auraient prin­ci­pa­le­ment cher­ché un emploi s’ils n’avaient pas fait de ser­vice civique. Ces jeunes sont le plus sou­vent en recherche d’orientation pro­fes­sion­nelle et découvrent le ser­vice grâce aux mis­sions locales. Ain­si, quelle que soit la direc­tion prise — les études ou l’emploi — le ser­vice cor­res­pond davan­tage à un moment de bifur­ca­tion dans les par­cours des volon­taires et se pré­sente comme une alter­na­tive à un autre projet.

Si les volon­taires se situent dans une démarche de chan­ge­ment par rap­port à leur situa­tion anté­rieure, connaitre leur pro­jet de fin de ser­vice per­met de savoir com­ment ils appré­hendent l’avenir et si leur pro­jet cor­res­pond ou pas à celui envi­sa­gé s’ils n’avaient pas fait de ser­vice civique. Glo­ba­le­ment, les volon­taires qui auraient pour­sui­vi leurs études, fait une for­ma­tion ou pré­pa­ré un concours s’ils n’avaient pas fait de ser­vice s’inscrivent dans une conti­nui­té de pro­jet alors que les volon­taires qui auraient cher­ché un emploi s’ils n’avaient pas fait de ser­vice envi­sagent aus­si de reprendre une for­ma­tion à la fin de leur ser­vice. Dans leur cas, le ser­vice prend place dans un par­cours plu­tôt incer­tain repo­sant sur une hési­ta­tion entre conti­nuer à se for­mer et tra­vailler. Les incer­ti­tudes des volon­taires quant à leur ave­nir s’expriment éga­le­ment à tra­vers le choix des items « non, aucune idée » et « non, mais le ser­vice va m’aider à y réflé­chir ». Pour les volon­taires qui décla­raient avoir un pro­jet alter­na­tif, entre un quart et un tiers d’entre eux pensent que cette expé­rience va aus­si leur per­mettre d’y réflé­chir. Ain­si, ils se donnent la pos­si­bi­li­té de revoir la direc­tion qu’ils veulent prendre dans quelques mois. Quant aux volon­taires sco­la­ri­sés, sala­riés ou inac­tifs qui n’avaient pas de pro­jet alter­na­tif au ser­vice, leur attente à l’égard du ser­vice est réelle : entre 39 et 49% d’entre eux pensent qu’il va les aider à cla­ri­fier leur situa­tion. Dans les deux cas, le ser­vice civique s’inscrit clai­re­ment dans une logique de par­cours. Il est soit un temps de réflexion sur un pro­jet inéga­le­ment défi­ni ou dif­fi­cile à réa­li­ser en rai­son d’exigences propres à la for­ma­tion ou au tra­vail visés, soit un temps de construc­tion du pro­jet de for­ma­tion ou d’insertion professionnelle.

Les apports du service civique

Les apports de l’expérience volon­taire ont été étu­diés en réfé­rence aux objec­tifs du dis­po­si­tif, à savoir l’engagement et l’insertion pro­fes­sion­nelle des jeunes. Les mis­sions réa­li­sées au cours du ser­vice civique, le tra­vail en équipe et le sui­vi de modules de for­ma­tion contri­buent à l’acquisition de connais­sances et de com­pé­tences, et à la cla­ri­fi­ca­tion du pro­jet post-service.

Concer­nant la dimen­sion civique de l’expérience volon­taire, les jeunes étaient inter­ro­gés au début et à la fin de leur ser­vice sur leur par­ti­ci­pa­tion élec­to­rale, leurs pra­tiques asso­cia­tives et leur rap­port aux ins­ti­tu­tions. Leur expé­rience poli­tique est à l’image de celle des jeunes Fran­çais. Les « jeunes pré­caires » témoignent d’une réelle dis­tance à l’égard de la poli­tique et d’une faible expé­rience d’engagement alors que les deux autres types — les « futures pro­fes­sion­nelles du social » et les « diplô­més du supé­rieur » — ont une atti­tude plus posi­tive et une expé­rience d’engagement plus diver­si­fiée. La contri­bu­tion du ser­vice à leur socia­li­sa­tion poli­tique est rela­tive. Tout d’abord, les volon­taires ont par­tiel­le­ment amé­lio­ré leur connais­sance des ins­ti­tu­tions. La pro­gres­sion la plus forte concerne les ins­ti­tu­tions euro­péennes et les col­lec­ti­vi­tés locales. En revanche, ces acquis ne se tra­duisent pas néces­sai­re­ment par une aug­men­ta­tion de la confiance dans les ins­ti­tu­tions. Ils ont éga­le­ment une meilleure com­pré­hen­sion des faits sociaux, ce qui est pro­ba­ble­ment lié à leur fré­quen­ta­tion de struc­tures d’action sociale. Enfin, ils témoignent à la fin de leur ser­vice de réelles vel­léi­tés d’engagement dans le sec­teur asso­cia­tif. 86% des volon­taires estiment qu’il a eu une influence forte sur leur connais­sance de la vie asso­cia­tive et 68% sur leur envie d’agir, 71% décla­rant vou­loir deve­nir béné­voles. Le ser­vice civique contri­bue à l’intégration poli­tique des volon­taires prin­ci­pa­le­ment en ce qui concerne la for­ma­tion du juge­ment cri­tique et la per­cep­tion de l’utilité de l’action collective.

Concer­nant la dimen­sion pro­fes­sion­nelle de l’expérience volon­taire, les jeunes étaient inter­ro­gés sur les apports de l’accompagnement pro­fes­sion­nel et leur pro­jet post-ser­vice. Au début de leur ser­vice, qua­si­ment tous les volon­taires ont une connais­sance des tech­niques de recherche d’emploi (CV ou entre­tien de recru­te­ment) qu’ils ont géné­ra­le­ment apprises par eux-mêmes ou par­fois avec l’aide d’un pro­fes­sion­nel. Le module de for­ma­tion leur a prin­ci­pa­le­ment per­mis de connaitre « leurs points forts et faibles » (66%), d’identifier et de valo­ri­ser leurs com­pé­tences (61%), de faire un bilan de com­pé­tences (57%) et d’avoir une meilleure confiance en eux (60%). Une par­tie d’entre eux, en par­ti­cu­lier les volon­taires peu ou pas diplô­més, a décou­vert de nou­veaux sec­teurs pro­fes­sion­nels. Ain­si, la fonc­tion du module d’accompagnement se situe plu­tôt du côté de la logique de par­cours, c’est-à-dire accom­pa­gner les volon­taires dans l’élaboration ou la réa­li­sa­tion de leur pro­jet de for­ma­tion ou d’insertion pro­fes­sion­nelle. Les volon­taires qui déclarent avoir une idée plus claire de leur pro­jet à la fin de leur ser­vice sont plus nom­breux à valo­ri­ser l’apport du module d’accompagnement alors que les volon­taires qui ne sont pas dans ce cas rela­ti­visent son inté­rêt. Le module, tout comme les struc­tures fré­quen­tées et les pro­jets réa­li­sés, contri­bue à la construc­tion du pro­jet personnel.

82% des volon­taires déclarent avoir une idée plus pré­cise de leur pro­jet pro­fes­sion­nel (for­ma­tion ou emploi), dont 72% consi­dèrent que c’est grâce au ser­vice civil. Ain­si, 58% lient direc­te­ment la cla­ri­fi­ca­tion de leur pro­jet à leur expé­rience volon­taire. Le plus grand béné­fice concerne ceux qui avant leur ser­vice n’avaient pas d’idée du métier qu’ils sou­hai­taient exer­cer. C’est le cas de 35% des volon­taires. Les autres ont le plus sou­vent enté­ri­né leur pro­jet. Seuls 5% d’entre eux déclarent à la fin du ser­vice n’avoir aucune idée d’activité, les autres s’orientant vers la for­ma­tion14 ou la pré­pa­ra­tion d’un concours (63%), l’emploi (27%) ou un second volon­ta­riat (5%). Au sujet de la for­ma­tion, les volon­taires peu ou pas diplô­més optent plu­tôt pour la recherche d’une for­ma­tion pro­fes­sion­nelle afin de com­plé­ter leur sco­la­ri­té ou de se réorien­ter, alors que les volon­taires titu­laires du bac­ca­lau­réat ou déjà diplô­més de l’enseignement supé­rieur sou­haitent ter­mi­ner leurs études, ayant à la dif­fé­rence des pre­miers, accès à l’enseignement supé­rieur. En com­pa­rant leur pro­jet de fin de ser­vice avec celui indi­qué au début du ser­vice, il est pos­sible de repé­rer l’existence d’un chan­ge­ment ou d’une conti­nui­té dans les choix des volon­taires. 49% se situent dans une conti­nui­té de pro­jet : for­ma­tion vers for­ma­tion ou emploi vers emploi et 13% l’ont chan­gé : for­ma­tion vers emploi ou emploi vers for­ma­tion. Un tiers des volon­taires est par­ve­nu à défi­nir son pro­jet au cours de leur ser­vice. Alors qu’ils n’avaient « aucune idée » ou atten­daient du ser­vice qu’il les aide, ils sou­haitent désor­mais suivre une for­ma­tion (63%) ou trou­ver un emploi (30%). Enfin, 6% des volon­taires res­tent dans une situa­tion d’incertitude (main­tien d’une absence de pro­jet ou pro­jet de départ aban­don­né). À la fin de leur ser­vice civique, les volon­taires semblent s’inscrire dans une dyna­mique de pro­jet, soit en main­te­nant leur pro­jet anté­rieur au ser­vice, soit en en ayant éla­bo­ré un.

Unis-Cité consti­tue un exemple inté­res­sant de mise en œuvre du ser­vice civique en France. En effet, il met en évi­dence que l’accès de jeunes aux ori­gines sociales et aux par­cours indi­vi­duels hété­ro­gènes repose sur une démarche asso­cia­tive clai­re­ment iden­ti­fiée. Sans l’effort consen­ti en termes de recru­te­ment, une par­tie des jeunes n’aurait pas néces­sai­re­ment accès au ser­vice civique. De plus, le choix de pro­po­ser plu­sieurs mis­sions aux volon­taires au cours du ser­vice per­met de répondre à des attentes dif­fé­ren­ciées. Si les volon­taires s’inscrivent majo­ri­tai­re­ment dans une logique altruiste, l’existence d’une logique de for­ma­tion et d’une logique de par­cours des­sine des usages dif­fé­ren­ciés de cette expé­rience. Or, cette ins­crip­tion dans les par­cours juvé­niles consti­tue un enjeu du ser­vice civique. En effet, les jeunes se situent sou­vent à la croi­sée entre la for­ma­tion et l’emploi. Le ser­vice civique semble par­ti­ci­per à l’éclaircissement de leur orien­ta­tion sco­laire et pro­fes­sion­nelle et, par consé­quent, jouer un rôle de régu­la­teur de leur parcours. 

  1. L’indemnité est de 547 euros nets par mois (446 euros pris en charge par l’État et 101 euros par l’organisme d’accueil). Elle peut être majo­rée de 100 euros nets sur cri­tères sociaux. Le sta­tut donne droit à l’assurance-maladie et le temps de ser­vice est vali­dé pour la retraite (www.service-civique.gouv.fr).
  2. La signa­ture de pro­to­coles entre le minis­tère de la Défense et divers minis­tères per­met­tait de mettre des appe­lés à leur disposition.
  3. Cette clas­si­fi­ca­tion est pro­po­sée par Jean Bas­tide, Les formes civiles du ser­vice natio­nal, Conseil éco­no­mique et social, 1995.
  4. Ce n’est qu’en 1983 que le ser­vice natio­nal de l’objection de conscience devient une forme civile du ser­vice natio­nal au même titre que les autres. Une nou­velle légis­la­tion est adop­tée assou­plis­sant les condi­tions d’accès.
  5. Loi n° 97 – 1019 du 28 octobre 1997. L’appel sous les dra­peaux est sus­pen­du pour les hommes nés après le 31 décembre 1978. Il peut être réta­bli « à tout moment par la loi dès lors que les condi­tions de la défense de la nation l’exigent ou que les objec­tifs assi­gnés aux armées le nécessitent ».
  6. Ces trois domaines recouvrent ceux des anciennes formes civiles du ser­vice national.
  7. Cette décon­nexion est rela­tive dans le sens où leur créa­tion est en par­tie liée à la réforme du ser­vice natio­nal et, aux yeux des acteurs asso­cia­tifs, à l’inadaptation des volon­ta­riats civils.
  8. Loi no 2000 – 396 du 31 mars 2006 pour l’égalité des chances.
  9. L’enquête a été réa­li­sée auprès de 373 volon­taires issus de trois asso­cia­tions (CPCA, 2009).
  10. Quelques faits mar­quants sur le ser­vice civique un an après sa créa­tion, Agence du ser­vice civique, mars 2011. Les don­nées portent sur 5375 volontaires.
  11. Les volon­taires rem­plissent trois ques­tion­naires com­plé­men­taires : un au début de leur ser­vice, un à la fin et un der­nier six mois après la fin de leur service.
  12. L’enquête a por­té en 2006 – 2007 sur 515 volon­taires, en 2007 – 2008, sur 816 volon­taires, en 2008 – 2009, sur 799 volon­taires et en 2009 – 2010 sur 840 volontaires.
  13. Source : Agence du ser­vice civique.
  14. La for­ma­tion recouvre trois situa­tions : « Oui, je vais finir mes études ou pré­pa­rer un exa­men d’entrée dans une école », « oui, je vais recher­cher une for­ma­tion pro­fes­sion­nelle pour com­plé­ter mes études » et « oui, je vais recher­cher une for­ma­tion pour m’orienter dans un nou­veau secteur ».

Valérie Becquet


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