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Idiot utile !

Numéro 1 – 2021 - débat idiot politique par Christophe Mincke Azzedine Hajji

février 2021

L’invective « idiot utile » est omniprésente dans certains débats sur les réseaux sociaux. Que signifie le retour en force de cette expression ? Quelles manières de lire la société trahit-elle ? Et peut-on encore en faire (bon) usage ?

Dossier

Aujourd’hui, sur le champ de bataille que sont devenues certaines zones des espaces socionumériques1, « idiot utile » est une invective omniprésente. Idiot utile de l’extrémisme musulman, le démocrate qui défend la liberté religieuse ; de l’extrême droite, le socialiste qui estime que la question identitaire mérite d’être posée ; des conservateurs, le libéral qui affirme que la sécurité est la première des libertés ; des machistes, la féministe qui considère que la femme doit être libre de la manière dont elle s’habille, fût-ce pour se couvrir d’un voile ; du communautarisme, le gay qui réclame des lieux surs où vivre sans le poids de la violence hétéronormée…

S’il semble illusoire de songer à démêler les idiots des génies et les utiles des inutiles, il nous parait intéressant de nous pencher sur ce que la résurgence de cette expression révèle de nos façons de penser. Car on peut imaginer que le regain de succès de ces termes est lié à la manière dont nous nous représentons aujourd’hui le débat public, le paysage politique et les oppositions et luttes qui traversent notre société.

Il semble nécessaire, à cet égard, de suivre deux pistes : celle du renvoi de l’autre à son essence et celle d’un renforcement des logiques de camps. Dans les lignes qui suivent, nous ne nous en tiendrons pas au strict usage du vocable d’idiot utile, mais nous tiendrons plutôt cette expression pour la désignation d’un registre particulier d’invectives fondé, en première instance, sur l’accusation de faire inconsciemment, naïvement, le jeu de l’ennemi, lequel est en l’occurrence commun à l’idiot et à celui qui le dénonce.

Malheur aux tièdes !

La qualité d’idiot utile, et ses nombreux avatars, est régulièrement attribuée à des personnes qui osent prétendre au non-alignement et qui, ce faisant, serviraient inconsciemment de caution morale à « l’ennemi ». Ainsi, dans le débat sur le voile — l’un des terrains de bataille idéologique les plus animés depuis quelques années — quiconque prétendra sortir de la logique du « pour ou contre » se verra tôt ou tard accuser de faire le jeu de l’ennemi. Ainsi en va-t-il de tout qui osera rappeler que la liberté d’exprimer ses convictions en public est consubstantielle des démocraties et que sa remise en cause pour une catégorie particulière de la population revient à enfoncer un coin dans le caractère imprescriptible des droits fondamentaux, de qui prétendrait indiquer que ce fichu chiffon revêt de multiples significations, en fonction de qui le porte et du contexte, de qui oserait appeler à reconnaitre la liberté des femmes de se vêtir à leur guise pour lutter contre les tendances à voiler ou à dévoiler de force, etc. Il est évident que dans le « camp d’en face », de semblables soupçons de faire le jeu de l’ennemi sont adressés par les éléments les plus durs à l’égard de ceux qui prétendent que le dialogue est nécessaire et que des positions intermédiaires sont envisageables, qui respecteraient les sensibilités et les pratiques du plus grand nombre.

Dans la logique de camps qui s’est mise en place, la nuance, en ce qu’elle est le rejet d’une adhésion inconditionnelle à une thèse conçue comme pure, est lue comme une alliance avec l’adversaire. La rhétorique de l’idiot utile constitue ainsi trois éléments. Le premier est le groupe des ennemis, avec lequel aucun dialogue n’est possible et que l’on veillera à présenter comme un bloc homogène : en son sein, pas de nuances, pas de gradation dans les thèses, d’où découle que tout qui le soutient le fait pleinement. Ainsi la femme voilée sera-t-elle présentée comme complice plus ou moins consciente des radicaux violents par le truchement d’une accusation de prosélytisme ou en présentant sa pratique comme un premier pas sur la pente glissante qui mène à l’application de la charia en Occident. Le deuxième élément est bien entendu le camp des résistants. Face à un ennemi monolithique et dangereux, ils tiennent leur ligne, refusant toute concession, tout accommodement. Car on ne pactise pas avec le diable. C’est sur cette base que peut se construire le troisième élément : l’idiot utile, non assimilé à l’ennemi en tant que tel, qui n’a pas compris que tout compromis est une compromission puisqu’il ne peut y avoir d’entre deux. Inévitablement, celui qui n’est pas avec nous est contre nous.

La qualification d’idiot utile n’est, à cet égard, qu’une des formes de l’injonction à l’alignement, et sans doute pas la plus violente. Car l’idiot utile, s’il est utile à l’ennemi, est aussi idiot, et donc susceptible (au moins dans certains cas) de se racheter, de se réveiller, d’apprendre à voir le monde en noir et blanc et, dès lors, de rejoindre le camp du bien. Il est bien évident que l’idiot utile peut l’être du point de vue des deux camps. Ainsi, une personne musulmane et ouvertement laïque sera-t-elle vue, pour des raisons exactement inverses (trop laïque et pas assez musulmane pour les uns, l’inverse pour les autres), comme l’idiote utile du camp adverse par l’ensemble des alignés, lesquels, comme toujours, s’accordent sur un point : leur désir d’une polarisation forte du champ qu’ils ont investi.

On notera que l’idiotie utile est susceptible de degrés. Ainsi en va-t-il avec les femmes voilées, accusées d’être des prosélytes et des auxiliaires de l’islamisme, c’est-à-dire, dans leur cas, du camp qui les a précisément asservies. Lorsqu’elles prétendent s’affranchir du rôle de victimes des tyrans barbus, c’est-à-dire dès qu’elles entendent porter une parole propre sans s’excuser de leur vêture, voire en la revendiquant, elles se voient renvoyées à une idiotie au carré, ce qui est d’une efficacité redoutable pour les exclure d’un débat lors même qu’il les concerne au premier chef. La femme voilée est idiote parce qu’elle fait le jeu de l’ennemi sans le savoir – inconsciente qu’elle est de son aliénation qui l’empêche de raisonner –, mais, en outre, elle promeut ceux-là mêmes dont elle est la victime directe. Elle n’a pas l’excuse de l’éloignement, de la tour d’ivoire, de la position hors-sol et de toutes ces caractéristiques qui tiennent à distance des vrais problèmes des vraies gens. Qu’une femme qui s’exprime publiquement soit considérée comme une double idiote est tristement banal.

Parallèlement, les féministes qui défendent le droit des femmes à se vêtir comme bon leur semble se font aussi traiter d’idiotes nuisant à leur « juste combat ». À nouveau, c’est le refus de la logique des camps qui est ici pris pour cible. La bonne féministe, la féministe intelligente, est celle qui est capable de condamner clairement le camp adverse, celui qui nuit à sa cause. Or, puisqu’aujourd’hui il existerait même des féministes musulmanes2, il faut bien séparer les bons des mauvaises féministes3 et rallier toutes les femmes au bon camp. Utiles à l’adversaire en pensant servir leur combat, elles sont appelées à l’alignement, voire au ralliement, sous peine d’être des idiotes utiles.

On le voit, l’accusation d’être un idiot utile est une invitation à « ne pas se tromper d’adversaire » et à « ne pas se faire d’illusions sur les noirs desseins des extrémistes qui se cachent derrière les apparences de la sororité ou de la fraternité ».

Par contraste avec l’idiot utile, c’est donc l’intransigeant qui apparait comme doué de raison. Lui ne rend pas service à l’ennemi, refuse de gagner les rangs de la cinquième colonne, rehausse ses barricades et rejette tout accommodement. Lui ose combattre. Quoi de mieux, pour mettre en scène sa propre intelligence, que de désigner l’idiotie de l’autre ? La rhétorique de l’idiot utile sert donc largement une volonté de se construire une image flatteuse : celui qui n’a pas peur de regarder l’ennemi en face, qui ne tremble pas face à lui et ose lui dire « non », celui qui voit clair, qui sait où mène le moindre compromis, etc. Il ne s’agit pas seulement de critiquer une concession que l’on trouve inadmissible, il est aussi question de se valoriser par contraste.

Dans un tel univers de sens, on glisse vite (et souvent) vers l’anti-intellectualisme. En effet, l’examen prudent des faits, l’attention portée aux savoirs scientifiques, l’écoute de l’ensemble des parties en présence, censés être autant de traits de l’individu rationnel, démocrate, humaniste et intelligent, tous ces traits sont rabattus sur la figure de l’idiot. Idiot celui qui s’interroge. Idiot celui qui pointe ses propres insuffisances. Idiot celui qui avoue ne pas savoir. Idiot celui qui considère que plusieurs points de vue sont défendables ou, au moins, intéressants. Voilà soudain que l’idiotie a changé de camp, elle n’est plus le fait des radicalisés « fascistoïdes », elle est celui des intellectuels.

L’idiot utile, entre bon sens et bonne essence

Mais si l’idiot utile se voit reléguer au rang d’imbécile, c’est aussi que l’intelligence supposerait qu’il se range dans le camp auquel il est censé « naturellement » appartenir. L’«islamo-gauchiste4 » serait ainsi idiot parce qu’en tant que progressiste non musulman, il n’est pas supposé défendre la cause de l’islam(isme). Son essence lui commanderait de se ranger aux côtés des siens et en refusant de le faire, il va à l’encontre de sa nature profonde, et donc de ses intérêts immuables. Ce serait d’autant plus idiot de sa part que, ce faisant, il sert d’alibi à ceux qui sont ses ennemis et qui ne manqueront pas de le prendre pour cible une fois arrivés à leurs fins. Et l’on pourrait multiplier les exemples. Celui de l’«Arabe de service5 », stupide puisque son patronyme ou son apparence lui commanderaient de ne pas défendre des valeurs qui ne seraient « naturellement » pas les siennes (la laïcité, la sécularisation, etc.). Ou encore le « Juif pro-palestinien », idiot parce que son appartenance lui enjoindrait de défendre inconditionnellement les siens, et donc la politique israélienne envers les Palestiniens.

À l’encontre des essentialismes, ces supposés demeurés nous forcent à sortir de notre confort intellectuel et à casser nos idées toutes faites sur ce que pensent les uns et les autres. Ils montrent ainsi que l’on peut être progressiste et athée tout en luttant contre la haine et la discrimination à l’encontre de celles et ceux qui ne partagent pas nos convictions ; que l’on peut être musulman et se battre contre l’emprise des idéologies religieuses, y compris islamiques ; que l’on peut être juif et condamner l’oppression des Palestiniens par les autorités israéliennes ; etc. Ces individus qui prennent des positions jugées atypiques ont le mérite de contribuer à repolitiser le débat. Ils nous montrent aussi par la même occasion comment peuvent être démenties les assignations identitaires, lorsque les convictions, les intérêts ou même tout simplement l’opportunisme se révèlent des ressorts bien plus puissants qu’une supposée appartenance naturelle et viscérale au groupe.

Amin Maalouf, dans son ouvrage consacré aux Croisades6, offre une belle illustration historique de cette idée. Il décrit plusieurs batailles où chacun des deux camps était composé d’une alliance hétéroclite de musulmans et de chrétiens7. Dès lors, qui était l’idiot utile de qui dans cette configuration ? Érigées en symbole de la confrontation éternelle entre Islam et Christianisme, les Croisades ont pourtant donné lieu à des recompositions très surprenantes des rapports de force au regard d’une vision stéréotypée de l’histoire.

Une rhétorique qui dépolitise les débats

La rhétorique de l’idiot utile contribue au pourrissement de nombreux débats en cours. Le délégué général aux droits de l’enfant en Communauté française s’est ainsi vu traiter récemment d’idiot utile, notamment après avoir donné la parole à de jeunes musulmanes sur la question du foulard. Le point fondamental sur lequel nous insistons ici est que ce quolibet n’a pas pour fonction de critiquer de manière générale celles et ceux qui se positionnent en faveur de la liberté pour les musulmans d’exprimer publiquement leurs convictions. Il s’adresse en réalité plus spécifiquement à une frange de ce groupe, parce qu’elle est blanche et non musulmane, et qu’elle se proclame progressiste. Comme nous l’avons déjà indiqué, cette rhétorique opère alors un glissement dans l’analyse, qui ne s’appuie plus seulement sur les idées et arguments qu’exprime la personne incriminée. Elle les rapporte désormais, et avant tout, à sa supposée appartenance identitaire. Et ce discours ne peut s’appuyer ici sur aucune base objective, si ce n’est le présupposé de l’existence du groupe considéré, de son homogénéité et de la capacité d’y inclure des individus sur la base de signes extérieurs8.

Pourtant, celles et ceux qui défendent les libertés fondamentales, y compris pour les musulmans, sont parfaitement conscients de la portée de leurs discours et ont un véritable point de vue à faire valoir. Ils avancent notamment que les discours conservateurs musulmans ne peuvent pas être combattus en excluant les musulmans du bénéfice des droits humains, dont la liberté d’expression, qui ont une portée universelle. On peut bien entendu être en désaccord avec ce positionnement, mais il s’agirait dans ce cas de lui opposer des contre-arguments rationnels plutôt qu’une invective consistant surtout à masquer la faiblesse de sa propre argumentation. Dans de tels débats, traiter ses contradicteurs d’idiots revient au final à nier leur rationalité au profit d’une vision identitaire du débat politique. La conséquence logique en est que la ligne de démarcation glisse d’un débat de nature politique sur l’étendue et les limites des libertés convictionnelles, vers une opposition identitaire entre musulmans et non-musulmans.

Dans un tout autre contexte, on peut aussi évoquer la critique du PTB envers le parti Islam9, ce dernier étant présenté comme l’idiot utile de la N‑VA, lui permettant ainsi de détourner l’attention de sa politique antisociale en agitant le spectre de la menace islamiste. Même inconsciemment, l’usage du quolibet déplace à nouveau la critique du terrain idéologique vers l’assignation à une identité. Un autre groupe réactionnaire qui aurait fait le jeu de la N‑VA n’aurait pas eu droit à ce qualificatif. En tant que musulmans, issus des quartiers populaires de surcroit, il semblerait que le tropisme naturel de la population au sein de laquelle le parti Islam recrute soit de s’opposer à la politique antisociale de la N‑VA et, incidemment et en toute innocence, d’adhérer au projet politique du PTB. Pourtant, on pourrait aussi bien considérer que le désir d’ascension sociale, la peur du déclassement ou la concurrence de tous contre tous minent la conscience de classe et poussent une partie significative des milieux populaires à adhérer aux politiques néolibérales promues par la N‑VA10… ou à se rapprocher de courants ultraconservateurs musulmans. Penser que le parti Islam, parce que composé de musulmans issus des quartiers populaires, devrait naturellement se donner pour but de contrecarrer la N‑VA nous semble très réducteur. Or c’est précisément l’implicite qui structure ici la qualification d’idiot utile. Pourtant, rien n’interdit de penser — au contraire ! — que les idéaux d’égalité et de justice sociales soient le cadet des soucis de ce parti, ou même qu’il soit conscient des desseins de la N‑VA. Il se pourrait même bien que cela fasse leurs affaires au fond : l’électorat qu’il vise se sentant de plus en plus rejeté et exclu, il serait alors d’autant plus sensible au chant des sirènes identitaires.

Le fait que nous ayons ici fait fond sur des exemples tirés des débats autour de l’islam, de ses pratiques et de sa place dans nos sociétés ne doit pas amener à penser que seul ce terrain est concerné. Ainsi, les véganes se sont-ils vu accuser par certains d’être les idiots utiles du capitalisme11 : ils s’imagineraient en promoteurs d’un mouvement d’émancipation, alors qu’ils accentueraient en réalité notre dépendance à l’égard des multinationales de l’alimentation à travers la production en laboratoire de substituts artificiels à la viande. On retrouve ici la logique de camps, puisque les véganes sont identifiés à un bloc, sommé de choisir entre productivisme et antiproductivisme, ce dernier camp ayant l’exclusivité des luttes pour l’émancipation humaine. Par ailleurs, les véganes sont renvoyés à une essence évidente : celle qui assimile véganisme et antiproductivisme. Or, s’ils sont nombreux à prôner des logiques antiproductivistes en matière alimentaire, ils ne le font pas tous et sont loin d’étendre systématiquement cette approche à l’ensemble des activités humaines. Dans ce cadre, les industriels cherchant à profiter d’un relatif engouement pour une consommation moins carnée sont construits en camp ennemi, celui au service duquel sont inconsciemment les véganes. À nouveau, le recours à l’idiot utile permet de torpiller le débat de fond.

Des vertus de l’idiot utile

Il ne faudrait pas déduire de ce qui précède que l’idiot utile n’existe pas, qu’aucun compromis ne peut être vu comme une compromission, ni même qu’aucune lecture en termes de conflits ne peut être légitime. Ce qui comptait pour nous, ici, était de nous interroger sur la résurgence d’une invective spécifique, dans un contexte discursif et politique particulier. En l’occurrence, il signe sans doute une double tendance qui menace le débat démocratique : la logique des camps retranchés (et son refus de considérer la possibilité de positions nuancées et d’accommodements raisonnables), ainsi que l’assignation à des identités stéréotypées (qui sape les luttes de libération contre les carcans sociaux qui ont animé les soixante dernières années). Par ailleurs, il ressortit à un registre d’anti-intellectualisme fort courant de nos jours : celui qui se pare des atours de la pureté morale et de la raison intransigeante — faisant de la raison une position — pour mieux saper les mécanismes d’un exercice partagé de la raison — en tant que pratique incompatible avec les positions figées. Il est évident qu’à tous ces titres, certains usages des réseaux socionumériques sont problématiques tant ils renforcent une spirale de l’enfermement dans sa propre bulle cognitive et identitaire. Un peu comme si l’explosion contemporaine de nos capacités de communication (virtuelle) donnait un second souffle à de vieux mécanismes idéologiques et discursifs.

Si les idiots utiles peuvent exister, il nous semble donc judicieux de nous méfier, par les temps qui courent, de tout échange qui s’y réfèrerait. La possible existence d’usages légitimes de cette catégorie ne doit pas obérer la profusion des recours problématiques. L’accusation d’idiot utile peut donc au moins avoir le mérite d’éveiller notre sens critique et notre vigilance et nous inviter à examiner dans toute leur complexité les termes de l’échange en cours. Elle doit nous inviter à revenir strictement à la pratique argumentative, en un contrepied assumé aux logiques d’appartenance, tant à des camps qu’à des identités prédéfinies et naturalisées.

  1. À moins qu’elles ne soient plutôt un parking d’autoroute quand les supporteurs ultras de deux clubs rivaux se croisent, ou bien une fête de village en fin de soirée, quand les aigreurs refont surface sous l’effet de la bière locale.
  2. Voir Djelloul G., « Le féminisme islamique au prisme de la décolonialité. Dépasser l’horizon postcolonial pour envisager un féminisme pluriversel ? », La Revue nouvelle, n° 1, 2018.
  3. Cet usage des masculin et féminin est bien entendu volontaire, tant il est évident que ce sont majoritairement des hommes qui expliquent à des femmes qu’ils sont féministes, de bons féministes, alors qu’elles, lorsqu’elles refusent de se rallier à eux, nuisent à leur combat en faisant le jeu des féministes castratrices.
  4. Torrekens C., « Islamo-gauchisme », La Revue nouvelle, n° 5, 2020.
  5. Comme pour l’exemple précédent, l’usage de l’infamie permet d’exprimer tout le mépris qu’inspire l’idiotie de celles et ceux qui sont incapables de choisir adéquatement leur camp.
  6. Maalouf A., Les Croisades vues par les Arabes, Paris, Éditions J’ai lu, 1999.
  7. On pourrait dire la même chose de la Reconquista des Rois catholiques espagnols, qui fut loin de mettre aux prises deux camps confessionnellement uniformes.
  8. Dans certaines circonstances, l’appartenance à un groupe donné peut se révéler pertinente à prendre en compte. À titre d’exemple, on pourrait rétorquer à certains hommes niant la violence sexiste en rue que, en tant qu’individus de sexe masculin, ils ne sont presque jamais confrontés matériellement à cette violence. Ce qui peut objectivement expliquer, du moins partiellement, leur positionnement.
  9. Bernard A., « Le parti Islam, l’idiot utile de la N‑VA », 23 mai 2018.
  10. Frank T., Pourquoi les pauvres votent à droite, Paris, Agone, 2008.
  11. Ariès P., Denhez F. et Porcher J., « Pourquoi les végans ont tout faux », Libération, 18 mars 2018.

Christophe Mincke


Auteur

Christophe Mincke est directeur du département de criminologie de l’Institut national de criminalistique et de criminologie et professeur à l'UCLouvain - Saint-Louis Bruxelles. Il a étudié le droit et la sociologie et s’est intéressé, à titre scientifique, au ministère public, à la médiation pénale et, aujourd’hui, à la mobilité et à ses rapports avec la prison. Au travers de ses travaux récents, il interroge notre rapport collectif au changement et la frénésie de notre époque. Membre du comité de rédaction de La Revue nouvelle.

Azzedine Hajji


Auteur

est codirecteur de La Revue nouvelle, assistant-doctorant en sciences psychologiques et de l’éducation à l’Université libre de Bruxelles.
La Revue Nouvelle
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