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Catch politique du dimanche

Numéro 1 - 2019 par Guillaume Grignard

janvier 2019

Seul débat politique francophone du dimanche matin, l’émission C’est pas tous les jours dimanche propose un ring politique où des élus sont confrontés aux critiques de chroniqueurs. Derrière le spectacle, se cache en réalité un média faible, soumis aux contraintes d’audience et prêt à tout pour obtenir la présence d’une personnalité politique de premier plan. En utilisant la théorie des champs développée par Bourdieu, nous montrons l’emprise du politique sur les médias et la capacité du premier à façonner le design des émissions du second.

Article

Lors de la saison 2017 – 2018, le téléspectateur fidèle aux débats politiques dominicaux a vu son offre télévisuelle se réduire à un seul choix : l’émission de RTL-TVI C’est pas tous les jours dimanche, « l’unique débat politique en Belgique du Sud » comme le revendique fièrement la chaine. Le maintien de cette émission dans la grille des programmes de RTL, alors qu’aucune émission équivalente n’est prévue sur la chaine publique concurrente, mérite que le chercheur s’y attarde quelque peu. Par ailleurs, l’année fut marquée par de nombreuses polémiques politiciennes et sociétales qui firent de cette émission un haut lieu du débat démocratique. Notre objectif est de comprendre comment la rédaction de l’émission a construit son débat politique. Nous aborderons dans cet article des questions telles que la place des chroniqueurs, le rôle de l’animateur, la représentation politique du plateau… Autant de signes qui indiquent un cadrage politique du débat, affectant la compréhension des enjeux par le téléspectateur.

Ce focus sur le média comme metteur en scène du débat politique s’inscrit dans une longue tradition de recherches sur ce sujet. Tant dans la littérature anglophone que francophone, la question du pouvoir des médias a toujours interpelé les chercheurs. Dans l’imaginaire populaire, le média serait capable de façonner les opinions des citoyens et d’influencer leurs préférences politiques. La France est particulièrement atteinte par ce syndrome apocalyptique qui lie évolution des médias et érosion de la démocratie. Des néologismes d’hier comme celui de la Médiacratie (du Roy, 2007) font place aujourd’hui à la Médiarchie (Citton, 2017). Les médias seraient en fin de compte « dangereux » (Fottorino, 2017) détenteurs d’un « pouvoir sans contrepouvoir » (Onfray, 2017, p. 40) ou un quatrième pouvoir failli (Merlant et Chatel, 2009). Cette inquiétude est légitime car aujourd’hui « le spectacle politique est inséparable du développement des grands médias » (Abélès, 2007, p. 54). En particulier, la place de la télévision est débattue depuis plusieurs décennies. Déjà en 1978, Blumler et son équipe se demandaient si la « télévision faisait élection » (Blumler et al., 1978). Pourtant, il y a peu d’évidences empiriques claires qui permettent de considérer d’un œil si sévère les médias. Depuis les travaux fondateurs de Lazarfeld et son équipe en 1944, on sait que l’influence des médias auprès du public n’est pas aussi mécanique et que d’autres variables interfèrent comme l’entourage proche ou l’intérêt personnel pour la politique (Derville, 2017). La télévision serait ainsi spécifiquement surévaluée dans ses effets produits sur le public et il y aurait de nombreuses « résistances » à son étude à cause de partis pris idéologiques au départ (Jost, 2017, p. 12). Dit autrement, « la télévision a constitué depuis ses débuts le punching-ball favori des intellectuels » (Le Grignou et Neveu, 2017, p. 11).

La littérature anglophone est moins engagée dans ce courant normatif sur l’étude des médias. Elle contient comme souvent un plus grand nombre d’études quantitatives dont la richesse vient du fait que ses résultats sont fort contrastés et parfois étonnants. Ainsi une étude américaine a voulu savoir quels étaient les effets de la lecture d’un journal proconservateur et prodémocrate sur le vote à une élection locale et le résultat est que les deux journaux influenceraient le vote dans le même sens, vers le camp Démocrate (Gerber et al., 2009). Une multitude de travaux se consacrent à l’étude du biais médiatique relatif au traitement d’un thème en particulier. Par exemple le changement climatique (Brüggemann et Engesser, 2012 ; Sampei et Usui, 2009) ou l’égale couverture de différents partis politiques en lice pour une élection (Brandenburg, 2005). Ces travaux enrichissent les discussions sur le pouvoir des médias. Plutôt que de le déplorer, ces recherches parviennent à identifier la construction et les effets d’un biais médiatique. Aujourd’hui, la recherche dans ce domaine peut affirmer qu’il existe une influence des médias sur le public, mais il est difficile de la saisir précisément et d’en faire réellement un pouvoir qui perturbe la vie démocratique.

Étudier la télévision sous l’angle de Pierre Bourdieu

Parmi la foisonnante littérature sur le sujet, l’ouvrage de Bourdieu Sur la télévision (Bourdieu, 1996/2008) mérite de s’y attarder quelque peu. Le texte, fidèle à la tradition française très critique sur les médias, affirme que la télévision « fait courir un danger très grand » à de nombreux domaines comme la philosophie, la science et à la démocratie (Ibid, p. 5). Si ce livre est particulier c’est avant tout en raison de son format : une retranscription des cours télévisés donnés par le sociologue à la fin de sa vie au Collège de France en 1996. Le texte a dès lors une pureté intellectuelle rare puisqu’il ne cherche à convaincre aucun comité de lecture d’une revue, ni aucun éditeur. C’est véritablement une carte blanche, un testament après des décennies passées sur le terrain de la sociologie française. Ce texte contient quelques exagérations mentionnées ci-dessus relatives à une apocalypse démocratique causée par la télévision, mais il contient également les meilleurs arguments en faveur de cette école critique des médias. Bourdieu y apporte un nombre appréciable d’éléments mobilisables dans une recherche empirique et ses cours sont un bon outil méthodologique pour le chercheur qui étudie une émission médiatique. Nous mobiliserons par exemple dans cette recherche l’analyse du visible vers l’invisible, qui consiste à passer de ce que le spectateur voit à l’écran vers ce qu’il ne voit pas, ce qu’il ne sait pas ; l’analyse du présentateur comme « censeur » donnant les « temps » et les « tons » de parole (Ibid, p. 35).

C’est avec ce bagage théorique que nous aborderons notre recherche sur l’émission C’est pas tous les jours dimanche. Nous utiliserons des éléments issus de la critique française des médias tels que Bourdieu les a présentés tout en nous inscrivant dans les études empiriques anglophones qui ont beaucoup travaillé sur les questions de biais. En façonnant le dispositif d’une émission, en confiant la présentation de celle-ci à un animateur, en ayant recours à des chroniqueurs, le média biaise l’objet qu’il présente au public. La mission du chercheur est de révéler ce biais en rendant visible l’invisible. C’est ce qui structurera cet article, nous commencerons en première partie par décrire les séquences de l’émission, ce qui revient à montrer ce que le spectateur voit. De là découlent trois hypothèses, analysées en seconde partie via une observation approfondie des émissions et des entretiens avec les membres de la rédaction et de partis politiques invités. H1 : L’émission est construite comme un divertissement autour de la politique ; H2 : l’émission est construite avec un biais favorable aux partis à droite de l’échiquier politique ; H3 : l’émission est construite avec un biais favorable aux thèses défendues par les partis flamands.

Face visible : l’émission sous l’œil du téléspectateur

C’est pas tous les jours dimanche est une émission d’un peu moins de deux heures qui présente cinq ou six débats. Nous avons analysé la saison 2017 – 2018 qui comprenait trente-six dimanches et cent-nonante-six débats qui sont soit des débats politiques qui confrontent la parole d’élus arbitrée par le présentateur, Christophe Deborsu, distribuant les « temps » et les « tons » de parole, soit des débats sociétaux avec une forte présence de témoins racontant leur vécu. Dans les deux cas une équipe de quatre chroniqueurs se partage le commentaire et les interpellations tant envers les élus qu’envers les témoins. Sous ce registre sérieux, l’émission montre pourtant des signes de divertissement. Les sujets des débats ne sont pas toujours de même envergure, le téléspectateur peut très bien discuter des scandales politiques à la ville de Bruxelles, puis quelques minutes plus tard des automobilistes roulant sur la bande centrale de l’autoroute (émission du 25 février). Les débats sont courts, rarement plus de quinze à vingt minutes ce qui laisse peu de temps de parole aux invités. En outre, à 12 heures précises, les titres du journal télévisé de 13 heures sont annoncés en coupant le débat qui avait lieu alors sur le plateau. Enfin, les citoyens sont souvent amenés à s’exprimer soit par webcam, soit par « le vote dans la rue » réalisé le jeudi précédant le débat dans une ville francophone. Ces séquences laissent parfois entendre des paroles simplistes : Kevin retient ainsi qu’en Flandre « il ne marche pas dans une crotte de chien » (émission du 22 octobre) alors qu’une promeneuse « va foutre une claque » à Benoît Lutgen parce qu’il a « retourné sa veste contre les Wallons » (émission du 3 septembre). La navigation entre les genres sérieux et divertissants est une première caractéristique de cette émission à affiner.

Les chroniqueurs de l’émission sont une pierre centrale du programme. Toujours les mêmes et très identifiables d’un point de vue partisan, ils sont composés de Michel Henrion à gauche, Emmanuelle Praet à droite ainsi que de Christophe Giltay et Alain Raviart dont les positions politiques sont plus difficiles à cerner. À ce sujet, notre interview avec le présentateur Christophe Deborsu est éclairante, l’objectif est d’avoir « un équilibre », des chroniqueurs « représentatifs », mais, et c’est déjà à souligner, « il n’est pas question d’avoir quelqu’un qui dirait des idées d’extrême gauche ou d’extrême droite », ce qui montre d’emblée la posture normative de l’émission entourée de chroniqueurs dévoués à défendre les valeurs centrales d’une société. Un angle de gauche, un angle de droite, mais aucune révolution en vue. Ces chroniqueurs, conservateurs d’un ordre établi, n’en sont pas moins des pièces indispensables pour l’émission et ses audiences. Pour Michel Henrion, « c’est un atout pour la chaine d’avoir des têtes qui soient reconnaissables et positionnables pour le téléspectateur ». Les deux premiers numéros de l’émission, « mauvais en termes d’audience », ont été conçus en l’absence des chroniqueurs ce qui a « désorienté » le public. La chaine a immédiatement réagi en mettant ces quatre figures connues du spectateur de RTL et les audiences sont alors parties à la hausse : « Ce sont les quatre chroniqueurs qui ont relancé l’émission », d’après Michel Henrion. Apparait ici alors une deuxième caractéristique essentielle pour une chaine privée : l’audience d’une émission et ce qu’elle peut injecter comme potentiel d’espace de vente pour les publicitaires.

Fidèle à l’émission chaque dimanche, le spectateur peut avoir le sentiment que le MR est très souvent invité et il a raison. En effet, les statistiques de représentation des partis politiques montrent une disproportion marquante avec plusieurs partis désavantagés par rapport à d’autres. Le graphique montre le nombre d’apparitions des partis politiques lors des cent-nonante-six débats de la saison. Il indique d’emblée un fait tout à fait singulier, la N‑VA est le quatrième parti le plus représenté dans l’émission, devant plusieurs partis francophones d’importance comme Défi ou Écolo. Cette donnée contredit la littérature sur les médias en Belgique qui a toujours souligné la forte division linguistique de la presse ou des chaines de télévision, amenant chaque média à s’adresser à sa communauté (Lits, 2015). Ainsi, des chercheurs ont montré que la langue agissait comme une « barrière » diminuant « l’effet d’agenda » des médias dans un pays bilingue (Vliegenthart et Walgrave, 2008). D’autres chercheurs ont remarqué qu’en Belgique, contrairement à d’autres États fédéraux, les chaines publiques n’avaient pas pour obligation d’œuvrer à la cohésion nationale du pays, affirmant l’attachement communautaire du média et non national (Sinardet et al., 2004) RTL, chaine privée bien entendu, semble donc ici adopter une posture tout à fait exceptionnelle dans un pays où rarement il est question de l’autre communauté. Cependant, ce ne sont pas n’importe quels partis flamands qui sont représentés, la N‑VA à elle seule totalise 45 % du temps d’antenne des partis flamands dans l’émission, où le SP.A n’apparait quasiment pas alors que Groen n’est jamais venu.

La seconde grande tendance de cette distribution est l’écrasante domination des partis à droite de l’échiquier politique qui sont surreprésentés dans les débats. Il y a en effet un seul parti de gauche dans les quatre partis qui comptent le plus grand nombre d’apparitions. Il existe donc un biais quantitatif en faveur des partis de droite qui ont une plus forte apparition dans l’émission. En poussant l’analyse un peu plus loin, d’autres éléments corroborent ce constat. Le MR est le seul parti de l’échantillon qui a été présent tous les dimanches. Il n’y a jamais eu une émission de la saison où le spectateur n’a pas vu au moins une fois une figure libérale. Notons que le PS est lui aussi bien représenté puisqu’il n’a raté que trois dimanches. En revanche, il est arrivé qu’un parti comme Défi ne soit pas à l’antenne pendant cinq dimanches d’affilée alors qu’Écolo n’est pas venu lors de dix-sept dimanches sur les trente-six de la saison. Ainsi, si la balance penche vers la droite, elle favorise également les grands partis traditionnels de l’espace francophone (MR, PS, CDH) au détriment des autres qui sont même moins représentés qu’un parti flamand comme la N‑VA.

Toutefois, comme le recommandent certains statisticiens, il faut parfois « se méfier » des chiffres (Gauvrit, 2014). Une donnée quantitative cache souvent des éléments plus fins qui peuvent nuancer le constat observé. Premièrement, venir à un débat ne signifie pas toujours que le parti recevra un moment valorisable. Par exemple, lorsque le bourgmestre socialiste de Forest est venu s’expliquer au sujet d’une affaire de pédophilie dans une école de sa commune, il a été dans une posture difficile et sa présence n’a pas permis de mettre en exergue les valeurs du parti socialiste (émission du 25 mars). Lors de nos entretiens, un mandataire Écolo théorisait ce point : la question cruciale pour un élu dans un débat serait de savoir s’il sera « sur la défensive » ou s’il pourra « passer à l’attaque » car il est « sur ses dossiers ». Tout cela « dépend du thème, du journaliste, des personnes qui sont en débat face à nous ». Visibilité ne rime donc pas forcément avec valorisation pour le parti. C’est ce qui explique qu’un parti peut ne pas vouloir venir et que son absence n’est pas forcément causée par une volonté de la chaine de ne pas l’inviter. Deuxièmement, l’actualité peut par moments déprogrammer brusquement des débats et biaiser la représentativité des partis. Par exemple l’émission du 3 juin s’est déroulée en pleine marche blanche à Liège suite à l’attentat du 29 mai. Ce dimanche-là, le bourgmestre PS de Liège a été interviewé alors que ce n’était bien entendu pas prévu. L’actualité montre ainsi une prime au pouvoir, puisque les médias ont besoin de la réaction des responsables, au gouvernement, ce qui peut influencer leur surreprésentation. Il faut donc pousser la réflexion au-delà des chiffres et les prendre simplement comme un bon indicateur pour émettre des hypothèses.

De l’analyse du visible, du point de vue du spectateur, il ressort dès lors les trois hypothèses citées plus haut qui permettent de répondre à la question de savoir comment la rédaction construit les séquences de l’émission C’est pas tous les jours dimanche. L’émission est construite comme un divertissement autour de la politique (H1). L’émission est construite avec un biais favorable aux partis à droite de l’échiquier politique (H2). L’émission est construite avec un biais favorable aux thèses défendues par les partis flamands (H3). La seconde partie de cet article traitera de ces trois hypothèses par l’intermédiaire d’une analyse des émissions et d’entretiens menés avec leur rédaction. Cette section propose une face invisible, inaccessible pour le téléspectateur, alors qu’elle explique les tenants de la construction de l’émission dominicale.

Face invisible : l’émission au-delà du téléspectateur

Du débat au divertissement politique ?

« La démocratie du talkshow » est l’expression emblématique qui se dégage de la littérature qui a traité des émissions politiques s’apparentant au divertissement (Neveu, 2003, p. 169). Cette formule cristallise toutes les angoisses liées à l’apocalypse démocratique dont nous traitions en introduction. En télévision c’est L’heure de vérité sur Antenne 2 qui présente les premières similitudes avec notre émission et qui a fait l’objet d’analyses dans la littérature (Champagne, 1988 ; Esquenazi, 1999). Les commentateurs de cette émission des années 1980 en soulignent le caractère scénique avec son générique, l’entrée de l’invité, l’arène avec le public de l’émission. C’est en ce sens une des premières émissions d’un spectacle politique. Si L’heure de vérité reste une émission sérieuse, commentée dans la presse du lendemain, d’autres émissions vont suivre dans le courant des années 1990 et 2000, période caractérisant un changement dans la place des émissions politiques télévisées (Le Foulgoc, 2003). C’est au tournant du siècle que des émissions comme Vivement dimanche, On ne peut pas plaire à tout le monde puis plus tard On n’est pas couché vont voir le jour. La question qui nous occupe est de savoir comment situer notre émission aux côtés de ces célèbres titres qui jouent plus ou moins fortement sur le divertissement. Un critère semble inévitable dans le qualificatif de ces programmes, celui de l’évitement du conflit. Brants raconte ainsi que Jacques Chirac, en visite aux Pays-Bas en 2000, avait refusé toute forme d’interview sauf un passage dans un talk show célèbre où « Le format [était] celui d’une discussion amicale ; les échanges [mettaient] en lumière le côté humain de l’invité et [fuyaient] toute approche conflictuelle » (Brants, 2003, p. 137).

Or, si un programme d’infotainment est synonyme d’une absence de conflits, C’est pas tous les jours dimanche s’oppose fortement à ce modèle. Le présentateur n’hésite pas à mettre la pression sur les invités politiques notamment lorsqu’il a voulu forcer le CDH à dire s’il voulait toujours « éjecter le PS » (émission du 10 septembre). Les titres des débats ont leur part de violence puisqu’une des questions de ce même dimanche était de savoir si « le CDH [allait] disparaitre ». Alain Raviart est par ailleurs le chroniqueur maison pour lancer des petites phrases « coup de poing ». Ainsi demandait-il à Thierry Bodson de la FGTB « Vous ne feriez pas mieux d’être ministre ? » (émission du 17 septembre). Ou à la N‑VA à propos de l’accueil des migrants « votre humanisme c’est de l’électoralisme » (émission du 22 avril). Durant l’entretien Alain Raviart nous faisait part du caractère très codé de ces interactions : « Quand un invité s’en sort de manière beaucoup trop évidente, trop facile peut-être parce qu’on fait mal nous notre boulot, c’est à Christophe [Deborsu] à un moment d’aller chercher un maillet et de taper sur la tête de l’invité. […] Christophe a un rôle de pondérateur pour que finalement il y ait un équilibre dans l’émission et que l’invité puisse à un moment s’en sortir ou être plus en difficulté […] Christophe va poser des questions un peu plus attendues et moi je viens derrière pour mordre à la gorge et essayer d’en avoir plus, et à l’inverse quand je suis sur l’offensive lui derrière il fait un geste, on se comprend en un regard […] c’est pas une stratégie, ça se fait naturellement, on n’en a jamais parlé. »

Sous une apparence spontanée se cache donc un vrai jeu de mise en spectacle du conflit où l’objectif est d’arriver à un clash. Les invités ne pourraient pas tous bien s’en sortir. C’est en ce sens qu’il faut prendre les petites phrases d’annonce du présentateur qui rythment l’émission : « nous allons vivre 115 minutes virevoltantes » (émission du 29 octobre) ou « face à Benoît Lutgen, il ne tend pas la joue, mais il met en joue » (émission du 3 septembre). Les autres chroniqueurs participent à ce jeu, Michel Henrion a d’habitude un propos plus déployé en longueur qu’Alain Raviart, mais ça ne l’empêche pas de parfois violenter les invités : « Je n’en peux plus quand j’entends des stupidités pareilles » (face à une militante antivaccin, émission du 29 avril). Emmanuelle Praet de son côté intervient davantage sur les sujets de justice et de morale comme lors des émeutes de Bruxelles : « il faut une réaction judiciaire immédiate, ce sont des petits gamins de merde » (émission du 26 novembre). Christophe Giltay se positionne lui souvent dans un angle historique, il intervient en général à la fin des sujets, pour prendre de la hauteur et éteindre le conflit. Nous observons donc une mise en scène du conflit avec le présentateur Christophe Deborsu en chef d’orchestre, deux à trois chroniqueurs plutôt clivants et un dernier en général plus apaisé. De quoi entrevoir une partition bien rythmée sous l’oxymore d’une spontanéité très préparée.

Cette émission n’a donc rien à voir avec un tendre divertissement où Jacques Chirac pourrait aller sans crainte, souvent son rythme s’apparente au contraire plus à un catch politique qu’à un débat. C’est donc une émission politique d’un genre particulier. Pour Christophe Giltay l’émission « n’est ni une émission politique ni une émission de débat » plutôt une émission « d’information spectaculaire ». Pour Emmanuelle Praet « on est au-delà du débat politique, c’est une émission sociétale qui parle de tout ce qui aurait pu intéresser les gens la semaine ». C’est à mettre en rapport avec une expression très présente dans la rédaction de RTL, celle d’une « information concernante ». « C’est le mot que j’ai appris quand je suis arrivé à RTL le mot concernant, c’est l’ADN de RTL. Le témoin, l’incarnation, […] mais on reste une émission politique, c’est le mélange des genres » conclut le présentateur et architecte principal de l’émission Christophe Deborsu. Cela explique la place importante du témoignage et également le lien avec le journal télévisé de 13 heures pour rester en contact avec l’information. Finalement le modèle le plus proche de l’émission est On n’est pas couché de Laurent Ruquier sur France 2 « qui a servi de base à l’émission », nous disait Michel Henrion. C’est pas tous les jours dimanche est donc une émission qui mélange les genres et qui perturbe les catégories préétablies. C’est une émission politique, sociétale et « spectaculaire » au sens où il faut un rythme, un clash pour garder une audience qui, rappelons-le, est très importante pour une chaine privée. Cette hybridation du genre n’est pas isolée dans les grilles de programme à l’échelle européenne. Une des conclusions de l’étude de Brants sur l’infotainment au Pays-Bas était justement de montrer l’absence de corrélation entre la qualité d’une émission et son genre. « En d’autres termes : des programmes de style très distrayant peuvent en même temps être très informatifs quant à leur contenu. Simultanément certains programmes qui sont “sérieux” quant à leur format, peuvent manquer complètement de contenu informatif de fond » (Brants, 2003, p. 157). C’est pas tous les jours dimanche suit ce modèle, l’émission a un format distrayant par son rythme, son orchestration spectaculaire du conflit, mais peut réserver néanmoins de grands échanges entre adversaires politiques ou livrer des témoignages concernants comme lorsque le sujet de société relatif aux jeux de hasard fut mis sur la table (8 octobre).

Une émission orientée vers la droite ?

Aucun de nos interviewés n’a nié la surreprésentation numérique du MR sur le plateau. Pour Michel Henrion c’est dû à la spécificité de cette législature qui a vu le MR comme « seul parti francophone au pouvoir ». Or, « un parti qui est au pouvoir a un avantage puisqu’il détient des responsabilités ». D’après Christophe Giltay : « C’est un problème qui s’est d’autant plus aggravé depuis que la majorité a changé en Wallonie […]. Mais c’est classique, quand un parti est au pouvoir, il a forcément plus de visibilité que quand il n’y est pas, ce serait le PS on verrait plus le PS […] comme on essaie de faire une émission qui répond aux questions des gens, on va poser la question à celui qui a le pouvoir, pas à celui qui ne l’a pas. »

Ce serait donc le rapport de force politique dans le paysage francophone qui favoriserait mécaniquement la présence du MR. Pourtant, une émission spécifique montre que, par moments, c’est la rédaction elle-même qui offre un avantage au parti libéral. Le 20 mai 2018, l’émission s’est terminée avec une interview du Premier ministre Charles Michel face à Christophe Giltay « le plus gentil » comme un proche de l’émission nous l’a confié en interview et Christophe Deborsu. Tous les autres chroniqueurs, bien que présents ce jour-là, étaient absents, le ring de catch complètement évacué. Charles Michel a reçu vingt-cinq minutes de temps de parole lisse et confortable. Jamais Christophe Deborsu qui, comme nous le rappelait Bourdieu, distribue « les tons » de parole, n’a sorti « son maillet » pour casser la tête du Premier ministre. Ce tapis rouge au pouvoir ne choque pas Emmanuelle Praet pour qui « on ne va pas recevoir le Premier ministre comme on va recevoir un syndicaliste ». Cette prime au Premier ministre fait consensus pour tous nos interviewés. Michel Henrion estime que ces derniers « ont toujours eu un statut particulier ». Alain Raviart, non sans une certaine ironie, trouve « normal » que pour un Premier ministre il y ait « un format spécial », mais parle « d’erreur » parce que « ça s’est vu [rire]». Pour Christophe Deborsu qui chapeaute bien plus l’émission que les chroniqueurs « cette interview manquait d’intensité », mais le présentateur n’en retire pas un échec et essaie de dissiper un certain malaise : « C’est une proposition qui vient de nous, le porte-parole du Premier ministre, Frédéric Cauderlier, n’a rien à voir là-dedans, mais ça vient de nous parce qu’on sait que lui, depuis toujours, il dit qu’il ne peut pas débattre avec des polémistes qui représentent… [silence] Je ne sais pas, il faut lui demander. C’est vrai qu’on a eu un système qui n’a pas été celui habituel, ça montre bien que notre système marche bien… Moi je le dis sincèrement je n’ai pas fait ma meilleure interview, mais cette interview-là je la revendique à 100 %, je ne regrette pas de l’avoir faite, je n’ai jamais dit ça. C’est la première fois qu’on avait Charles Michel […] D’ailleurs au niveau audience, elle reste extrêmement stable donc je ne regrette pas de l’avoir faite. [Mais], l’interview aurait été encore meilleure avec tout le monde. »

Cette séquence est centrale pour comprendre la construction de l’émission et le rapport général qui relie média et politique. Tous nos interviewés ont intégré qu’un Premier ministre n’était pas un homme politique comme un autre. Ils le savent si bien qu’ils proposent de leur initiative un format sur mesure pour lui. Ce format n’est pas un échec pour l’émission car ce qui était important c’était « d’avoir » Charles Michel, ce qui allait à coup sûr maintenir les niveaux d’audience. Ainsi, lorsque les invités politiques sont trop puissants, l’émission n’a aucun problème à ranger son ring de catch politique au profit d’une interview plus lisse. Nous le verrons plus loin, ce n’est pas le seul cas où l’émission se déshabille pour faciliter la présence de quelqu’un que la rédaction veut avoir.

Ce rapport particulier au pouvoir est dû aux liens précoces qui se tissent entre les médias et les élus politiques qui font rapidement connaissance. Un élu PTB qui en est à sa première législature nous le confiait, il y a « un lien qualitatif » entre journalistes et politiques, basé sur « une relation de confiance » : « si j’interviewe le PTB là-dessus, je sais que je vais avoir une bonne information sur tel ou tel dossier ». Le problème de l’émission et des médias en général n’est donc pas tant d’être orienté à droite, mais plutôt d’être orienté vers le pouvoir puisque comme le disait Christophe Giltay, tout journaliste veut interroger un responsable à propos d’un dossier qui concerne son public. C’est ce qui explique que lorsque Laurette Onkelinx a quitté le monde politique, son passage à l’émission du 17 septembre n’ait pas été très chahuté non plus. C’est une personnalité que tous les journalistes et chroniqueurs ont fréquentée des années durant, comme le disait Emmanuelle Praet : « Elle arrête sa carrière, pourquoi critiquer quelque chose qui est un choix personnel de vie » ? Cette deuxième partie montre que le champ médiatique en Belgique (autre concept issu de Bourdieu) est dominé par le champ politique. C’est une domination issue du rapport de force partisan où un parti peut à un moment être incontournable dans les médias qui sont prêts à tout faire pour l’accueillir, et une domination affective due « aux liens qualitatifs » qui unissent les deux parties.

Une émission orientée vers la Flandre ?

Si les médias sont attirés par le pouvoir et qu’ils souhaitent inviter des partis flamands, beaucoup d’interactions avec la N‑VA et d’autres grands partis du nord du pays sont dès lors aisément compréhensibles. L’interview de Maggy de Block du 10 juin 2018 est l’exact miroir de celle de Charles Michel. Pour « l’avoir », il fallait évacuer les trois chroniqueurs ainsi que le journaliste « gentil » pour que l’élue de l’Open-VLD soit face à un journaliste flamand. Pour Christophe Deborsu « ce n’est pas la même raison », le présentateur continue en justifiant « une interview très bonne » avec beaucoup d’empathie pour Mme de Block. « Maggy de Block, c’est quelqu’un qu’on veut depuis trois ans et qui nous dit toujours qu’en français c’est difficile pour elle […] peut-être qu’avec les chroniqueurs elle n’aurait plus su où elle était et alors ce n’est plus bon. » En réalité, c’est donc bien la même raison, la chaine veut avoir un invité politique puissant (ici un ministre) et pour cela, elle peut renoncer sans problème à l’ADN de son émission. Cet épisode ne fait pas plaisir à Alain Raviart : « là pour moi ça pose beaucoup plus de problèmes […] je pense qu’on a quand même dépassé quelque chose qu’on n’aurait pas dû dépasser ».

Mais le rapport à la Flandre ne s’arrête pas à cette étape. Si nous reprenons nos données sur la représentativité des partis, nous observons que c’est seulement lors de cinq dimanches qu’il n’y a pas eu de partis flamands autour de la table. Nos entretiens ont montré que l’émission disposait en réalité d’un rapport particulier à la Flandre. « C’est le dada de Christophe Deborsu » selon Michel Henrion. Christophe Deborsu lui-même le confirme « c’est l’histoire de ma vie, j’ai toujours travaillé en Flandre ». Le présentateur de l’émission est ainsi un nom connu en Flandre, passant régulièrement dans les médias, il est parfois invité à des fêtes organisées par le monde politique flamand, il est ambassadeur de la ville de Namur en Flandre et sa compagne est journaliste au Laatste Nieuws. Deborsu serait ainsi un des seuls journalistes francophones à connaitre aussi bien le terrain flamand. Ce rôle revendiqué de faire dialoguer les deux cultures engendre une ouverture aux partis flamands qui n’a aucun équivalent dans une autre émission francophone. C’est ce qui explique que son « ton » de parole soit parfois plus lissé comme lors du passage de Geert Bourgeois (émission du 22 octobre), vivement remercié par un « j’avais dit que je dirais du bien de vous, vous êtes absolument parfait continuons comme ça […] Nous sommes vraiment contents que vous jouiez le jeu, c’est vraiment chic de votre part ». Aucun invité politique, même un libéral francophone, n’a eu pareils éloges. « J’ai été un peu trop gentil je suis d’accord avec vous, je l’ai dit une fois de trop. Cela dit c’est vrai que c’était chic, c’est vrai que c’était très difficile de l’avoir […] vous savez ces gens-là n’ont aucun intérêt à venir ». Néanmoins cela ne signifie pas toujours que le conflit face à un invité flamand soit inexistant. Pour Alain Raviart : « Il y a le tapis rouge quand ils arrivent, c’est vrai, mais bon je pense que c’est une richesse aussi dans cette émission d’avoir des interlocuteurs néerlandophones sinon dites-moi où on les entend ? Nulle part, donc c’est quand même une richesse incroyable alors c’est vrai qu’il faut être séduisant pour les accueillir, il y a peut-être le tapis rouge quand ils arrivent et quand ils sortent, […] mais je pense que je suis un peu celui qui est chargé d’aller les bousculer dans leurs certitudes. Le dernier qui est passé, […] je crois qu’il s’est demandé en sortant où il était, c’était un ring ! »

Le même ring que celui qu’a rencontré un administrateur flamand de la SCNB « qui ne reviendra plus » après s’être fait secouer par Michel Henrion « c’est la séquence dont je suis le plus fier » nous dit-il.

La troisième hypothèse est donc la seule qui est parfaitement validée. L’émission est orientée vers la Flandre parce qu’il y a du pouvoir en Flandre comme pour le biais vers la droite, mais aussi de façon intentionnelle parce que le présentateur en fait « une mission ». Faire en sorte que les deux côtés du pays se parlent. Or Christophe Deborsu est inquiet pour l’avenir du pays : « je ne suis pas optimiste, je crois qu’on aura un gros problème en 2019 ». Son émission veut donc contribuer au dialogue entre les deux côtés du pays et, comme le disait Alain Raviart, propose un rare moment en télévision francophone où le public peut accéder à des personnalités politiques néerlandophones. Néanmoins le biais vers la droite ne permet pas à l’objectif de pleinement se réaliser, comme le montre l’absence absolue de Groen dans l’émission dont la santé électorale en Flandre est bien meilleure que celle de la Lijst Dedecker, pourtant invitée à trois reprises. C’est donc un dialogue orienté vers un certain côté de la Flandre.

Conclure sous l’œil de Bourdieu

Partant de ce qui est visible pour le spectateur, nous avons cherché à comprendre comment la rédaction de l’émission a construit son débat politique. Nous avons répondu à cette question par l’analyse approfondie de séquences et par des entretiens avec la rédaction et certains invités politiques. Nous avons proposé trois hypothèses : la première considère l’émission comme un divertissement politique. Or contrairement à beaucoup de programmes analysés dans le cadre de « la démocratie du talkshow », C’est pas tous les jours dimanche n’est pas une émission d’évitement du conflit. Bien au contraire, le programme donne lieu souvent à un catch politique rythmé et spectaculaire. Elle apparait comme une émission-spectacle, proche d’On n’est pas couché sur France 2, mais dont le contenu est plus relié à l’information, comme le montre le moment significatif où le combat s’arrête à 12 heures précises pour les titres du journal. La première hypothèse est donc invalidée. La deuxième se basait sur un biais de droite dans la représentation des partis politiques. Ce biais n’est pas intentionnel il est d’une part la conséquence mécanique du rapport de force partisan actuel, qui pousse le média à interroger des responsables politiques et non de l’opposition. L’objectif du média est ici d’informer son public via l’interview de personnes qui prendront les décisions. Mais, d’autre part, ce point montre également la faiblesse de l’émission dans le jeu de pouvoir qu’elle joue avec les élus politiques. Ces derniers étant indispensables à l’émission, ils ont la possibilité de déformer le champ médiatique pour tisser un format de débat à leur convenance. C’est pas tous les jours dimanche perd alors des éléments constituant son ADN programmatique, le conflit disparait au profit d’un tapis souvent trop rouge. La deuxième hypothèse est partiellement validée, mais doit être reformulée : l’orientation vers la droite de l’émission est plus le fruit d’un rapport de force politique qu’une ligne éditoriale de l’émission. La troisième hypothèse appliquait cette orientation à la Flandre. Ici elle est parfaitement validée. L’émission, de par le vécu personnel de son présentateur, s’inscrit dans une démarche orientée vers le Nord.

Relire ces résultats à l’aune des travaux de Pierre Bourdieu est une démarche fructueuse pour la compréhension de notre sujet. Premièrement, L’idée qu’un champ puisse déformer le terrain de l’autre est une pièce centrale du puzzle bourdieusien et qui dit beaucoup sur le genre de l’émission. Nous avons vu par notre première hypothèse que cette émission était d’un genre hybride ; son pouvoir l’est aussi. C’est pas tous les jours dimanche apparait à la fois comme une émission forte, capable de découper un élu politique que comme une émission faible, prête à se déshabiller totalement pour « avoir » un élu désiré. Cette armure en mousse dit beaucoup sur les limites du pouvoir des médias en Belgique. Leur quête d’audience les pousse à privilégier l’invité au format. Puisqu’«on ne reçoit pas le Premier ministre comme un syndicaliste », ce dernier peut parfaitement venir sous le format qu’il souhaite. Pire, c’est même parfois le média qui s’autocensure en proposant un dispositif qui conviendra à son invité. Cette émission nous laisse voir que lorsque le champ politique est trop fort, le champ médiatique ne peut faire autre chose que s’écraser.

Deuxièmement, les critiques du courant apocalyptique des médias (dont Bourdieu peut faire partie) ont montré une absence de corrélation entre le genre d’un programme et la richesse de son contenu (Brants, 2003). Certains relevaient que l’analyse des programmes télévisés était parfois difficile car le public considérait la télévision comme « un médium sale » (Jost, 2017, p. 17). Analyser une émission de RTL peut apparaitre comme une épreuve indigne de l’intelligence pour ceux qui pensent la distinction du service public/privé en terme binaire. Pourtant, il n’est pas exagéré de dire que cette émission est brillante. Elle parvient à informer le public sur de nombreuses problématiques, elle propose des témoignages « concernants » et laisse entrevoir des moments de conflits politiques qui nourrissent le débat démocratique. L’exposition de sa faiblesse face au pouvoir politique n’est que le miroir d’un rapport de force qui s’établit entre média et politique où rarement le média peut prendre le dessus. Sous la législature 2014 – 2019 et depuis le changement de majorité en Wallonie à l’été 2017, le MR a incontestablement une position dominante face aux médias, position qui semble poser beaucoup plus de problèmes au système démocratique que la mise en spectacle du conflit politique dans les médias depuis le début des années 1990. Cette émission peut prétendre à ouvrir un programme de recherche plus important sur les émissions en Belgique, très peu traitées dans la littérature. Elle remet en question une quantité d’éléments avancés par la sociologie des médias : la qualité d’une émission-spectacle, l’ouverture aux deux communautés dans un espace linguistique cloisonné, ou même le prétendu pouvoir des médias tout à fait incapables de maintenir le dispositif d’une émission face à plus puissant que lui.

Guillaume Grignard


Auteur

chercheur aspirant FNRS en sciences politiques au Cevipol (ULB)
La Revue Nouvelle
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