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Qu’est ce que la censure ?

Blog - e-Mois - censure liberté d'expression libertés publiques Terrorisme par Christophe Mincke

février 2015

Plus que jamais, la liber­té d’expression est de tous les débats. C’est notam­ment dû au fait que l’attaque de la rédac­tion de Char­lie Heb­do et les assas­si­nats anti­sé­mites de l’Hyper Casher à Paris ont été col­lec­ti­ve­ment lus comme une ten­ta­tive de s’en prendre à la liber­té d’expression. La marche du 11 jan­vier a ain­si été pla­cée sous ce signe, éclip­sant notam­ment la dimen­sion anti­sé­mite du deuxième événement.

e-Mois

Cette foca­li­sa­tion1 semble avoir été d’autant plus facile que la thé­ma­tique de la liber­té d’expression fait régu­liè­re­ment son retour dans le débat public, sou­vent com­bi­née à une autre ques­tion lan­ci­nante, celle de la place des musul­mans et de l’islam en Europe et dans le monde. Cette conjonc­tion fut notam­ment fla­grante à l’occasion des publi­ca­tions de cari­ca­tures de Maho­met et des mani­fes­ta­tions qui s’ensuivirent2, mais éga­le­ment à celle de l’expression publique d’opinions racistes ou isla­mo­phobes, par exemple à l’occasion de la venue d’Eric Zem­mour en notre pai­sible royaume. Notons à cet égard que la Bel­gique est fami­lière de ces ques­tions, le cor­don sani­taire et média­tique – appli­qué bon an mal an depuis plus de vingt ans – ayant abou­ti à pri­ver d’effet poli­tique et de tri­bune média­tique cer­tains mou­ve­ments d’extrême droite, non sans débats.

C’est dans ce contexte d’une dra­ma­ti­sa­tion et d’une ten­sion crois­santes autour de ces pro­blé­ma­tiques que l’on voit aujourd’hui se dres­ser mille che­va­liers de la liber­té d’expression qui jurent que c’est les pri­ver de leur rai­son d’être que d’y por­ter atteinte. D’un côté, on ne peut que se réjouir de voir le point auquel la gram­maire démo­cra­tique imprègne les esprits et com­bien une popu­la­tion sou­vent décrite comme peu poli­ti­sée et apa­thique peut être par­fai­te­ment consciente de sa chance de vivre en démo­cra­tie… et de la fra­gi­li­té de ce régime.

D’un autre côté, force est de consta­ter que, dans le contexte belge et euro­péen actuel, il est dif­fi­cile de croire à un grand sur­saut démo­cra­tique. Alors que le racisme et l’islamophobie (re)trouvent droit de cité, alors que les inéga­li­tés sociales croissent, ren­dant chaque jour plus hypo­thé­tique l’exercice de leurs droits par des armées de crève-la-faim, alors que nous fer­mons fron­tières, cœurs et por­te­feuilles, l’avènement d’une socié­té ouverte, libre et apai­sée ne semble pas pour demain. Le malaise est d’autant plus grand que la liber­té d’expression semble un concept bien flou pour de nom­breux citoyens et que le débat manque cruel­le­ment de nuances.

Qu’est-ce que la liberté d’expression ?

La liber­té d’expression est mise à toutes les sauces, deve­nant un concept fourre-tout, voire l’étendard des causes les plus sus­pectes. Lors de l’affaire Zem­mour, nom­breux furent ceux qui sou­tinrent, non seule­ment qu’il ne fal­lait pas inter­dire la venue du polé­miste (notam­ment la Ligue des droits de l’homme, peu sus­cep­tible de sym­pa­thie pour ses thèses nau­séa­bondes), mais éga­le­ment que toute pro­tes­ta­tion, mise en cause publique des hôtes de M. Zem­mour, mani­fes­ta­tion publique ou autre bruyante pro­tes­ta­tion étaient atten­ta­toires au droit fon­da­men­tal de s’exprimer en ce qu’elles pous­se­raient des hôtes poten­tiels à se rétrac­ter, comme ce fut le cas pour Fili­granes3.

De la même manière, il est aujourd’hui par­ti­cu­liè­re­ment périlleux d’affirmer que l’on trou­vait l’humour de Char­lie Heb­do par­fai­te­ment imbé­cile et que, si les cari­ca­tures incri­mi­nées n’étaient pas repré­sen­ta­tives de l’ensemble du conte­nu du jour­nal, elles furent le porte-dra­peau d’une entre­prise de satire4 qui, pour légi­time qu’elle pût être, ne nous fai­sait pas rire.

Car, dès que l’on prend ses dis­tances, que l’on cri­tique, que l’on met en pers­pec­tive, voi­là que se dressent les croi­sés de la liber­té qui crient à la ten­ta­tive de cen­sure, à la jus­ti­fi­ca­tion des attaques ter­ro­ristes ou à la sou­mis­sion aux dik­tats des ter­ro­ristes. Mais qu’est donc cette liber­té d’expression dont ils se réclament ?

Elle est, avant tout, le droit d’être pro­té­gé des ingé­rences de l’État et de sa cen­sure. C’est essen­tiel­le­ment pour se pro­té­ger de ces der­niers que la bour­geoi­sie qui construi­sit les États démo­cra­tiques consa­cra cette liber­té publique. Celle-ci ne fut cepen­dant jamais totale, la répres­sion de la calom­nie, de la dif­fa­ma­tion et des injures publiques étant quelques cas de limi­ta­tion très anciens. Plus récem­ment, l’incitation à la haine ou à la dis­cri­mi­na­tion raciale fut pro­hi­bée, de même que la néga­tion du géno­cide juif.

De manière plus géné­rale, aucune liber­té fon­da­men­tale n’est abso­lue, ne serait-ce que parce que, si tel était le cas, elle empiè­te­rait néces­sai­re­ment sur d’autres droits fon­da­men­taux, au risque de les réduire à néant. Que serait donc le droit au res­pect de la vie pri­vée si l’on pou­vait tout dire ?

La liber­té d’expression implique éga­le­ment que l’État nous pro­tège lorsqu’un tiers tente par des moyens illé­gi­times de nous empê­cher de nous expri­mer. D’une manière géné­rale, cela res­sor­tit à la pro­tec­tion géné­rale contre les vio­lences et menaces, celles-ci pou­vant avoir pour objet de nous faire taire ou par­ler, payer ou consen­tir, etc. La liber­té d’expression est l’une des mani­fes­ta­tions de notre libre-arbitre que l’État doit s’engager à défendre.

En aucun cas, la liber­té d’expression n’implique un droit à accé­der aux médias ou à des réunions publiques contre la volon­té de leurs orga­ni­sa­teurs. Elle ne me per­met pas de contraindre un jour­nal à accep­ter mon article, une radio à m’interviewer, l’organisateur d’un évé­ne­ment à me lais­ser y prendre la parole. Elle ne fait par ailleurs qu’autoriser l’expression ; en aucun cas elle n’en jus­ti­fie le conte­nu dont elle empê­che­rait alors la cri­tique. De ce fait, si quelqu’un pro­teste bruyam­ment, fait connaître sa désap­pro­ba­tion, cri­tique la qua­li­té du mes­sage, fait savoir à une asso­cia­tion ou un com­merce qu’il ces­se­ra toute rela­tion avec lui, orga­nise une mani­fes­ta­tion, péti­tionne ou mène une cam­pagne dans les médias sociaux, et pour autant qu’il ne pro­fère ni menaces ni insultes, il n’enfreint en rien la liber­té d’expression d’autrui.

La libre expression de la critique

Plus encore, ce fai­sant, il use lui-même de sa liber­té d’expression. Celle de pro­cla­mer qu’il n’est pas Char­lie, que Fili­granes n’est pas une librai­rie5, que les élites qui pré­tendent régir — voire chan­ger — le monde devraient oser regar­der en face les résul­tats des réflexions d’intellectuels, plu­tôt que d’abreuver leurs pré­ju­gés des dia­tribes de mys­ti­fi­ca­teurs mal­hon­nêtes, ou encore qu’un des­sin, pour auto­ri­sé qu’il soit, n’en est pas moins une pro­vo­ca­tion inutile et idiote. Au nom de quoi, au fond, recon­naî­trait-on la sacra­li­té de la liber­té d’expression de cer­tains plu­tôt que d’autres ? Le pre­mier qui a par­lé pour­rait-il faire taire tous les autres ?

Plus encore, s’indigner des pro­tes­ta­tions publiques et des condam­na­tions morales revient à nier la res­pon­sa­bi­li­té des mar­chands de dis­cours de haine ou des mal­adroits zéla­teurs de la tolé­rance. Bien enten­du, Char­lie Heb­do a le droit de publier des cari­ca­tures osées et pro­vo­cantes, mais ne peut-on faire obser­ver qu’elles apportent de l’eau au mou­lin des extré­mistes qu’elles pré­tendent ridi­cu­li­ser et affai­blir ? Celui qui pro­duit et dif­fuse une telle cari­ca­ture ne peut-il être inter­pel­lé sur son action ? De même, Fili­granes a par­fai­te­ment le droit d’inviter M. Zem­mour, mais faut-il s’abstenir d’en conclure quoi que ce soit ? En fai­sant le choix de cet ora­teur par­mi mille autres pos­sibles, l’hôte prend une déci­sion dont il est nor­mal qu’on lui demande compte. Esprit de lucre, adhé­sion aux thèses de l’auteur, voire inten­tion de mon­trer publi­que­ment sa for­fai­ture en lui oppo­sant un contra­dic­teur che­vron­né, toutes les hypo­thèses sont envi­sa­geables… la ques­tion n’en est que plus légitime.

Attend-on sérieu­se­ment de nous que nous nous abs­te­nions de juge­ments poli­tiques, de condam­na­tions morales, de pro­tes­ta­tions publiques ? Veut-on que nous ava­lions le dik­tat consu­mé­riste selon lequel tout se vaut, aucun choix n’a de consé­quence notable, rien n’est affaire d’engagement et tout n’est que pures pré­fé­rences per­son­nelles… réver­sibles ? Ne voit-on pas que l’affirmation que la liber­té d’expression rend caduque toute inter­ro­ga­tion sur la per­ti­nence du mes­sage revient à consi­dé­rer que cette liber­té est pure­ment for­melle et que les mots n’ont, en eux-mêmes, aucune valeur ? Tout devrait être dit parce qu’il peut l’être… tout serait infi­ni­ment super­fi­ciel ; l’expression ne vau­drait que comme démarche, son conte­nu étant sans inté­rêt ni pertinence.

Ne voit-on pas qu’admettre cela revient à par­ti­ci­per de l’asphyxie de la démo­cra­tie, elle qui repose en large par­tie sur le dis­cours comme ins­tru­ment poli­tique ? Sous cou­vert de tolé­rer tout, jusqu’à l’intolérance, sous le pré­texte de nous abs­te­nir d’interroger l’exercice d’une liber­té fon­da­men­tale, on nous enjoint, non seule­ment de souf­frir que s’exprime ce qui nous révulse, mais éga­le­ment d’admettre que les mots sont sans impor­tance et que leur cri­tique relève de la cen­sure, et donc de l’atteinte à la démocratie.

Dans une socié­té où sont impu­né­ment stig­ma­ti­sés, les homo­sexuels, les femmes, les musul­mans, les immi­grés, les per­sonnes d’origine trop étran­gère, les chô­meurs et la cohorte des « sans valeur ajou­tée », admettre que tout se dit et qu’il n’en faut pas inter­ro­ger les consé­quences ni la jus­ti­fi­ca­tion revient à tour­ner le dos à ceux au visage des­quels on crache tous les jours. Cela revient à leur dire qu’ils s’émeuvent de bien peu et que tout cela n’est qu’enfantillages.

Certes, les dia­tribes zem­mou­riennes et les cari­ca­tures char­liesques ne sont pas mues par les mêmes res­sorts, mais les unes comme les autres exigent un regard cri­tique, au-delà de la simple affir­ma­tion qu’a prio­ri leur expres­sion est autorisée.

La victoire intellectuelle de la censure

Cela étant, les débats récents n’interrogent pas seule­ment ce qu’est la liber­té d’expression, ils posent aus­si la ques­tion de la manière dont nous conce­vons les normes. Ten­tez de sou­te­nir que le por­teur d’un mes­sage doit s’interroger sur la léga­li­té de ses pro­pos, mais aus­si sur leur per­ti­nence (par rap­port à des valeurs morales ou poli­tiques, des visées concrètes, des normes de poli­tesse et de bien­séance, etc.). Essayez de défendre l’idée que le locu­teur est res­pon­sable – au moins par­tiel­le­ment – de la manière dont il est com­pris et qu’il par­ti­cipe de l’éthique d’un démo­crate de se deman­der ce qui sera fait de son dis­cours. Ris­quez-vous à cela et on vous ren­ver­ra immé­dia­te­ment que la cen­sure est inac­cep­table. Rap­pe­lez que vous ne par­lez pas des ciseaux du cen­seur, mais de l’intelligence de celui qui porte une parole publique, rien n’y fera. Vous êtes du côté de la cen­sure, par­ti­san de l’interdiction, com­plice des extré­mistes, ven­du aux terroristes.

Il est donc deve­nu qua­si­ment impos­sible de faire entendre que, si la norme légale auto­rise la libre expres­sion, d’autres normes s’appliquent à son exer­cice qui peuvent inci­ter à modé­rer ou adap­ter cer­tains pro­pos, voire à renon­cer à les tenir dans cer­taines cir­cons­tances. Se moque-t-on pour­tant de la même manière des machos et des femmes bat­tues ? des intel­lec­tuels et des han­di­ca­pés men­taux ? des bien-por­tants et des mou­rants ? des dic­ta­teurs et de leurs peuples oppri­més ? des pré­lats et des simples croyants ? Un éche­veau de normes nous incite à adap­ter notre pro­pos et la manière dont nous le dif­fu­sons. Même l’impertinence n’échappe pas à la ques­tion de la pertinence.

Cette com­plexi­té nor­ma­tive semble cepen­dant deve­nue inad­mis­sible et tout se passe comme si, pour le plus grand nombre, il était deve­nu impos­sible de pen­ser la norme autre­ment que sous sa forme pénale. Appe­lée de ses vœux à chaque émoi col­lec­tif, cette norme par­mi d’autres est deve­nue l’archétype de la norme, la seule cen­sée régir notre vie d’êtres libres, la seule qui puisse légi­ti­me­ment nous contraindre. Une norme est alors néces­sai­re­ment une pro­hi­bi­tion éta­tique et, donc, une cen­sure. Dans cet uni­vers de pen­sée, qui appelle à une forme de res­pon­sa­bi­li­té de celui qui s’exprime ne peut avoir en tête qu’une res­pon­sa­bi­li­té pénale et être un censeur.

Notre socié­té, alors qu’elle demeure bien évi­dem­ment pétrie de nor­ma­ti­vi­tés diverses (morale, reli­gions, bien­séance, déon­to­lo­gies, etc.), en a per­du conscience. Nous serions libres de toute contrainte autre que légale, contrai­re­ment, bien enten­du, à ces autres, ces pièces rap­por­tées à notre socié­té, qui, elles, s’enfermeraient dans des normes reli­gieuses et morales mor­ti­fères. Nous, les libres, n’aurions alors aucune limite à res­pec­ter face aux alié­nés que sont ces corps étrangers.

Dans un tel contexte, il devient impos­sible de pen­ser de régu­la­tion de la liber­té d’expression sous une autre forme que pénale. Dès lors, le débat ne peut que se pola­ri­ser : soit vous êtes favo­rable à un enca­dre­ment de l’expression par la cen­sure6, soit vous sou­te­nez une expres­sion libé­rée de toute contrainte nor­ma­tive. L’invocation de normes idéo­lo­giques, morales ou de bien­séance pour faire l’examen des usages de la liber­té d’expression devient impen­sable, nous pri­vant de tout outil pour pen­ser l’usage éthique de la liber­té d’expression ou pour exa­mi­ner nos propres inter­dits, pour­tant bien réels.

Pour­tant, même Char­lie Heb­do en appelle à de telles normes quand il est confron­té à une expres­sion qui lui semble incon­ve­nante. Ain­si, récem­ment, l’avocat du jour­nal sati­rique s’est oppo­sé offi­ciel­le­ment à la créa­tion d’un Char­pie Heb­do, esti­mant que « Dans ce contexte, le titre Char­pie Heb­do évoque évi­dem­ment de manière directe ces évé­ne­ments et les vic­times, ce qui nous semble par­fai­te­ment indé­cent, étant pré­ci­sé qu’il ne sau­rait revê­tir un quel­conque carac­tère humo­ris­tique, dépas­sant lar­ge­ment “les lois du genre” de l’hu­mour sati­rique accep­table ».7 Les notions d’indécence et de lois du genre humo­ris­tique font clai­re­ment réfé­rence à des normes non légales au nom des­quelles il est pos­sible de juger une expres­sion inap­pro­priée et de s’y opposer.

Une grave consé­quence en découle : l’impossibilité d’échanger avec autrui. Plu­tôt que de pou­voir par­ler de nos normes avec autrui, nous nous conten­tons d’affirmer notre supé­rio­ri­té d’êtres libé­rés face aux oppri­més encore sou­mis à des nor­ma­ti­vi­tés étroites, à ceux qui les main­tiennent en sujé­tion et aux idiots utiles qui, comme moi, appellent à la nuance.

Il n’est certes pas ques­tion de capi­tu­ler devant toute reven­di­ca­tion qui nous vien­drait de quelqu’un se disant offen­sé par nos pro­pos, mais bien d’accepter de jouer le jeu du dia­logue, de la com­pré­hen­sion mutuelle, pour qu’en fin de compte le pro­pos soit adap­té ou non, mais le soit en connais­sance de cause, sur la base d’une prise de posi­tion consciente de son contexte et de ses consé­quences et non sur celle d’une pro­fes­sion de foi en notre abso­lue liberté.

Pauvre esprits que nous sommes, reje­tant avec vigueur les cen­seurs pour fina­le­ment en adop­ter la vision du monde : l’interdit pénal d’un côté, l’indifférence de l’autre, sté­ri­li­sant par là l’expression. Rien pour vivi­fier notre socié­té démo­cra­tique, pour fon­der un pro­jet, pour ali­men­ter le débat, pour sou­te­nir la ten­sion vers un monde meilleur. Car le meilleur ne l’est qu’au regard d’une norme, d’un juge­ment de valeur. Et la norme pénale, ici, ne fait que nous aveugler.

[(Mes­sage de la rédac­tion. Comme tou­jours à La Revue nou­velle, nous ne pen­sons pas que des évé­ne­ments de l’ampleur des récentes attaques ter­ro­ristes s’expliquent de manière sim­pliste, ni qu’il existe un regard auto­ri­sé et per­ti­nent unique, sus­cep­tible d’en rendre compte. Ce texte est donc une ten­ta­tive par­mi d’autres de don­ner des clés de com­pré­hen­sion. Nous vous ren­voyons à nos blogs et à la revue papier pour en lire davantage.)]

  1. À ce pro­pos, voyez le billet de Fran­çois Gemenne dans Bel­go­sphère. Fran­çois Gemenne, « Deux réflexions après les tue­ries de Paris — La revue nou­velle », Bel­go­sphère, un blog de la Revue nou­velle, 28 jan­vier 2015, http://www.revuenouvelle.be/Deux-reflexions-apres-les-tueries-de-Paris.
  2. A ce sujet, voyez Chris­tophe Mincke, « Liber­té d’expression, un dia­logue de sourds », Revue Nou­velle, no 10 (octobre 2012): 3‑7, http://www.revuenouvelle.be/Liberte-d-expression-un-dialogue-de-sourds.
  3. La librai­rie avait pro­gram­mé une cau­se­rie avec Eric Zem­mour, ensuite trans­for­mée en séance de signa­tures, avant d’être annulée.
  4. Marc Moli­tor, « Est-ce Char­lie ou le monde qui est cho­quant ? — La revue nou­velle », E‑mois — Un blog de la Revue nou­velle, 20 jan­vier 2015, http://www.revuenouvelle.be/Est-ce-Charlie-ou-le-monde-qui-est-choquant
  5. Fran­çois Gemenne, « Fili­granes est-il encore le nom d’une librai­rie ? — La revue nou­velle », 24 décembre 2014, http://www.revuenouvelle.be/Filigranes-est-il-encore-le-nom-d-une-librairie. Ibid.
  6. Ce qui a été réa­li­sé de manière consen­suelle pour ce qui concerne, par exemple, l’incitation à la haine ou la néga­tion du géno­cide juif.
  7. « L’avocat de Char­lie Heb­do s’oppose à Char­pie Heb­do », Tri­bune de Genève, 17 février 2015.

Christophe Mincke


Auteur

Christophe Mincke est codirecteur de La Revue nouvelle, directeur du département de criminologie de l’Institut national de criminalistique et de criminologie et professeur à l’Université Saint-Louis à Bruxelles. Il a étudié le droit et la sociologie et s’est intéressé, à titre scientifique, au ministère public, à la médiation pénale et, aujourd’hui, à la mobilité et à ses rapports avec la prison. Au travers de ses travaux récents, il interroge notre rapport collectif au changement et la frénésie de notre époque.