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MR de Liège, one point

Blog - Anathème - élections MR partis politiques par Anathème

septembre 2018

La nature est une source inépui­sable d’émerveillement et de divi­dendes, mais on néglige trop sou­vent le fait qu’elle est aus­si une ins­pi­ra­tion majeure pour nos déci­sions indi­vi­duelles et col­lec­tives. Veut-on inter­dire le mariage et l’adoption pour les couples homo­sexuels ? Il suf­fit de faire obser­ver que Dame Nature, dans son infi­nie sagesse, nous a dotés d’appareils reproducteurs […]

Anathème

La nature est une source inépui­sable d’émerveillement et de divi­dendes, mais on néglige trop sou­vent le fait qu’elle est aus­si une ins­pi­ra­tion majeure pour nos déci­sions indi­vi­duelles et col­lec­tives. Veut-on inter­dire le mariage et l’adoption pour les couples homo­sexuels ? Il suf­fit de faire obser­ver que Dame Nature, dans son infi­nie sagesse, nous a dotés d’appareils repro­duc­teurs dif­fé­rents et com­plé­men­taires pour que nous per­pé­tuions l’espèce. S’agit-il de pri­ver les plus faibles de leurs moyens de sub­sis­tance et de jus­ti­fier le déchai­ne­ment incon­trô­lé de la concur­rence ? Il suf­fi­ra de rap­pe­ler que, dans la nature, le plus fort sur­vit et s’arroge le droit de man­ger le plus faible. 

Dans le doute, l’exemple de la nature est tou­jours secou­rable, sur­tout pour la droite. Or, cette droite que je ché­ris entre toutes montre une fois de plus la voie à suivre.

Pour le com­prendre, consi­dé­rons les oiseaux. Nous les voyons, pour séduire leur Dul­ci­née, se cou­vrir de plu­mages cha­mar­rés, chan­ter à tue-tête et effec­tuer d’acrobatiques parades. Quelle débauche d’énergie ! Quelle prise de risque ! Dila­pi­dant leurs forces en des gigues démentes comme les grèbes, s’empêtrant dans leurs plumes d’apparat comme le paon, se signa­lant aux pré­da­teurs par leurs cou­leurs vives comme la fré­gate superbe ou par leur chant comme l’alouette des champs, per­dant leur temps en invrai­sem­blables amé­na­ge­ments d’une piste de parade comme les jar­di­niers sati­nés, ils hypo­thèquent leurs chances de sur­vie pour trou­ver l’âme sœur.

Ces han­di­caps accroissent la pres­sion sélec­tive, exi­geant d’eux une vigueur, une vigi­lance et une rapi­di­té hors du com­mun. Seuls les meilleurs peuvent tout à la fois se faire entendre à des cen­taines de mètres, entre­te­nir un plu­mage magni­fique, pas­ser leur temps à effec­tuer des danses nup­tiales com­plexes, sub­sis­ter et échap­per à leurs pré­da­teurs. Voi­là pour­quoi les plus m’as-tu-vu et les plus bruyants des oiseaux sont aus­si les meilleurs de leur espèce.

Je ne cherche pas ici à abor­der la parade nup­tiale humaine, mais bien à trai­ter d’une sai­son des amours par­ti­cu­lière, récem­ment ouverte : la parade élec­to­rale. En effet, depuis quelque temps, dans nos villes et vil­lages, des can­di­dats de tous bords riva­lisent pour atti­rer le regard de l’électeur. Après avoir assi­du­ment fré­quen­té les fêtes sco­laires du mois de mai, puis les écrans géants du Mon­dial de foot­ball, les voi­là dans les fes­ti­vals et les fêtes de l’été. Fai­sant la roue, tapant sur les épaules, payant des coups, rou­lant des yeux, ren­trant le ventre, se parant des cou­leurs cha­toyantes des Diables rouges, ils cour­tisent les citoyens. Mais cela ne suf­fit pas !

Alors, répa­rant un trot­toir, asphal­tant une rue, mar­quant à nou­veau les lignes d’un ter­rain de sport, offrant des bons d’achat1, deve­nant subi­te­ment éco­lo­gistes, brus­que­ment affec­tés par la pau­vre­té ou par l’insécurité, ils pro­mettent dot, contrat de mariage et de nom­breux enfants. Mais cela reste pour­tant insuffisant !

Il faut mar­quer les esprits et son ter­ri­toire, il faut prou­ver sa jeu­nesse et sa vigueur, il faut occu­per les réseaux sociaux, il faut uti­li­ser la vidéo, il faut… il faut chan­ter, bien sûr ! Cha­cun a encore en mémoire le magni­fique rap enton­né par Charles Michel et Moon Nas­si­ri ou encore le réjouis­sant lip dub de Benoit Cerexhe. Il va fal­loir faire plus fort.

Cette fois, ce sont Chris­tine Defraigne et Kat­ty Fir­quet, du MR de Liège, qui prennent des devants et se lancent dans les voca­lises en détour­nant un tube qui parle aux jeunes : Femme libé­rée, de Cookie Din­gler. Bra­vant les pré­da­teurs des autres listes, les rires et les quo­li­bets des inter­nautes écrou­lés devant leurs écrans, confiantes dans leur rési­lience, elles tentent de démon­trer qu’elles sont les plus résis­tantes, les mieux à même de triom­pher mal­gré le han­di­cap du ridi­cule, de paroles idiotes et de qua­li­tés vocales limi­tées. En faut-il du cou­rage pour jouer ain­si son va-tout !

C’est ça, la droite : la volon­té de faire triom­pher le meilleur, le plus apte, celui qui émer­ge­ra d’une concur­rence achar­née. Ce « man­ger ou être man­gé » nous ramène à notre sub­strat natu­rel, force l’admiration et trans­forme la lutte élec­to­rale en un com­bat éter­nel pour la vie !

C’est déci­dé, aux pro­chaines com­mu­nales, je vote pour la plus belle chanson.

  1. Comme Ludi­vine Dedon­der (PS), éche­vine du Com­merce de Tour­nai, qui pré­sente la très élé­gante et très fémi­niste cam­pagne « Les Tour­nai­siennes du shop­ping ».

Anathème


Auteur

Autrefois roi des rats, puis citoyen ordinaire du Bosquet Joyeux, Anathème s'est vite lassé de la campagne. Revenu à la ville, il pose aujourd'hui le regard lucide d'un monarque sans royaume sur un Royaume sans… enfin, sur le monde des hommes. Son expérience du pouvoir l'incite à la sympathie pour les dirigeants et les puissants, lesquels ont bien de la peine à maintenir un semblant d'ordre dans ce monde qui va à vau-l'eau.