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Moyen-Orient : vous avez dit « Axe chiite » ?

Blog - e-Mois - Iran Moyen-Orient par Jonathan Piron

janvier 2018

« Une guerre entre sun­nites et chiites, avec la vic­toire de l’Iran en fili­grane » est, de manière résu­mée, l’idée qui expli­que­rait au mieux la situa­tion actuelle au Moyen-Orient. À grand ren­fort de concepts sim­pli­fi­ca­teurs, tels que « crois­sant chiite », « cor­ri­dor chiite », « camp sun­nite », nombre de jour­na­listes voire d’analystes finissent par réduire les bou­le­ver­se­ments régio­naux à une guerre de religions […]

e-Mois

« Une guerre entre sun­nites et chiites, avec la vic­toire de l’Iran en fili­grane » est, de manière résu­mée, l’idée qui expli­que­rait au mieux la situa­tion actuelle au Moyen-Orient. À grand ren­fort de concepts sim­pli­fi­ca­teurs, tels que « crois­sant chiite », « cor­ri­dor chiite », « camp sun­nite », nombre de jour­na­listes voire d’analystes finissent par réduire les bou­le­ver­se­ments régio­naux à une guerre de reli­gions aux racines anciennes. Le fon­da­men­ta­lisme isla­mique serait l’ossature défi­nis­sant le Moyen-Orient et orga­ni­sant son his­toire pas­sée, pré­sente et à venir. Or, mêlant à la fois idéo­lo­gie et mécon­nais­sance des réa­li­tés locales, ces posi­tion­ne­ments, en plus de brouiller les cartes, empêchent de réel­le­ment com­prendre les enjeux en cours. 

Au pre­mier plan de ces réflexions figure la poli­tique étran­gère de l’Iran. Avec l’effondrement ter­ri­to­rial de l’État Isla­mique et la vic­toire du régime de Bachar el-Assad, allié de Téhé­ran, l’idée d’une vic­toire chiite ira­nienne est mise en avant. La dimen­sion chiite, révo­lu­tion­naire, ani­me­rait les ambi­tions de la Répu­blique isla­mique, lea­deur d’une com­mu­nau­té reli­gieuse en soif de revanche. Ces dif­fé­rentes per­cep­tions sont à nuan­cer et à remettre en perspective. 

Il est un fait cer­tain. L’Iran connait une nou­velle ascen­sion régio­nale, depuis l’effondrement des Tali­bans et de Sad­dam Hus­sein au début des années 2000 jusqu’à la signa­ture de l’accord sur le nucléaire conclu en juillet 2015. La dis­pa­ri­tion de ses enne­mis his­to­riques et une poli­tique régio­nale active visant à sou­te­nir ses alliés, comme le conflit syrien le démontre, ont don­né à la Répu­blique isla­mique une place inédite depuis son avè­ne­ment en 1979. Son désen­cla­ve­ment sui­vi de son influence gran­dis­sante – au point de peser sur le deve­nir de cer­tains États – s’est réa­li­sé en même temps qu’une lutte indi­recte contre un autre « pilier » de la région, à savoir l’Arabie Saou­dite, pour assu­mer le lea­deur­ship du Moyen-Orient. 

L’argument chiite est régu­liè­re­ment repris pour expli­quer cette ambi­tion hégé­mo­nique ira­nienne. Avec un pour­cen­tage de chiites repré­sen­tant plus de 90 % de la popu­la­tion, l’Iran se posi­tionne comme le pre­mier repré­sen­tant d’un cou­rant reli­gieux mino­ri­taire au sein du Moyen-Orient, mais dont de nom­breuses com­mu­nau­tés se retrouvent en Irak, en Syrie, au Liban et dans d’autres pays du Golfe. Face aux menaces, l’Iran se déter­mi­ne­rait en tant que pre­mier pro­tec­teur de ses core­li­gion­naires. Téhé­ran ne fait pas mys­tère de ce recours au motif reli­gieux pour expli­quer ses ambi­tions régio­nales. L’exemple de l’intervention en Syrie en est par­ti­cu­liè­re­ment emblé­ma­tique avec la mobi­li­sa­tion d’une pro­pa­gande active en faveur de la défense des mau­so­lées chiites pré­sents dans le pays. Nombre de com­bat­tants chiites se seraient d’ailleurs enga­gés à la suite d’une pro­pa­gande par­ti­cu­liè­re­ment émo­tion­nelle, insis­tant sur la défense du chiisme et de ses pra­ti­quants face à la menace sun­nite incar­née par l’État Isla­mique1. Entre­te­nu éga­le­ment par le régime syrien, ce dis­cours a pour consé­quence une sec­ta­ria­ni­sa­tion du conflit par le rap­pel insis­tant à l’unité face au péril des tak­fi­ri djid­ha­distes sunnites. 

Même si l’argument reli­gieux occupe une place non négli­geable dans les moti­va­tions de la poli­tique étran­gère de l’Iran, il serait hasar­deux de ne voir que la seule logique confes­sion­nelle dans les inter­ven­tions de la Répu­blique isla­mique. La per­cep­tion que l’Iran a de son propre voi­si­nage est plus com­plexe et repose sur la mobi­li­sa­tion d’autres outils que le reli­gieux. Loin d’être fon­da­men­ta­liste, la poli­tique étran­gère de l’Iran repose sur des racines anciennes où le prag­ma­tisme n’est guère absent. À ces dimen­sions s’ajoutent d’autres aspects liés aux indi­vi­dus et aux réseaux en place, à tra­vers leurs influences et leurs pou­voirs. Vou­loir « com­prendre » l’Iran et ses objec­tifs, et donc adap­ter sa stra­té­gie face à ces posi­tion­ne­ments, ne peut s’entreprendre sans dis­sé­quer ces comportements. 

Pour ce faire, une pre­mière approche doit être réa­li­sée autour de la manière dont l’Iran per­çoit et défi­nit sa poli­tique étran­gère. Depuis la mort de l’ayatollah Kho­mei­ni en 1989 et la vic­toire d’un cou­rant « prag­ma­tique » sur un cou­rant « révo­lu­tion­naire », la Répu­blique isla­mique d’Iran fonde son prin­cipe idéo­lo­gique sur la pri­mau­té de l’intérêt du régime (maslahat‑e nezam) par rap­port au reli­gieux. Ce prin­cipe s’est fon­dé autour d’un syn­cré­tisme poli­tique, confes­sion­nel et his­to­rique sou­te­nant l’idée d’une « nation assié­gée » devant constam­ment res­ter atten­tive à l’évolution de son voi­si­nage. Pour les ana­lystes ira­niens, comme l’histoire longue du pays le prou­ve­rait, la Répu­blique isla­mique doit sans cesse trou­ver l’i­ni­tia­tive néces­saire pour trans­for­mer les menaces en oppor­tu­ni­tés ou, du moins, réduire les menaces se dres­sant devant elle. Celles-ci, constantes, mais aus­si mou­vantes, décou­lant de la « dupli­ci­té » de ses enne­mis, néces­sitent une capa­ci­té d’adaptation et donc de pré­pa­ra­tion per­met­tant au pays de cor­rec­te­ment y faire face2.

Dans les faits, les ini­tia­tives de la Répu­blique isla­mique se carac­té­risent par sa capa­ci­té à se sai­sir des brèches ouvertes par d’autres acteurs pour sor­tir de l’isolement impo­sé par l’extérieur. La prin­ci­pale dif­fi­cul­té pour Téhé­ran est d’assurer un péri­mètre de sécu­ri­té (harim‑e amniyat) dans un cadre où ses sou­tiens éta­tiques étran­gers sont faibles. C’est donc en s’appuyant sur toute une série d’acteurs non éta­tiques que l’Iran a cher­ché à étendre son influence dans son « étran­ger proche ». Cette atti­tude se fonde sur l’expérience menée et réus­sie au Liban dans les années 1980, qui a vu la nais­sance et le déve­lop­pe­ment du Hez­bol­lah vis-à-vis duquel Téhé­ran s’est par­ti­cu­liè­re­ment impli­qué. C’est donc très logi­que­ment que cette tac­tique a été reprise en Syrie et en Irak via le sou­tien à des milices chiites enga­gées sur dif­fé­rents fronts. Mais l’arme chiite est loin d’avoir été le prin­ci­pal outil uti­li­sé par le régime pour déchi­rer le « cor­don » tis­sé autour de lui. Des Kurdes ira­kiens au Hamas pales­ti­nien sun­nite en pas­sant par l’alliance poli­tique his­to­rique avec la Syrie des Assad, c’est la diver­si­fi­ca­tion qui aura été au cœur des poli­tiques ira­niennes. Le prag­ma­tisme de Téhé­ran ira même jusqu’à un aban­don de la cause chiite, comme en Irak où l’Iran lais­se­ra les mains libres au régime de Sad­dam Hus­sein dans la répres­sion d’un sou­lè­ve­ment de ses core­li­gion­naires au prin­temps 1991. 

Plus que l’enjeu « pan­chiite », l’ambition ira­nienne est de repous­ser au plus loin les menaces pou­vant peser sur ses fron­tières et d’assurer, en encou­ra­geant le déve­lop­pe­ment de mou­ve­ments fidèles à ses ordres, une dis­sua­sion asy­mé­trique envers ses enne­mis, comme Israël, tout en excluant d’autres enne­mis (les États-Unis) des zones sou­mises à son influence3. Le sup­port incon­di­tion­nel à l’égard du régime Assad peut d’ailleurs se lire éga­le­ment comme la démons­tra­tion, par Téhé­ran, de sa déter­mi­na­tion à ne pas aban­don­ner ses alliés, indis­pen­sables à son péri­mètre de sécu­ri­té. L’autre objec­tif reste, en effet, celui d’une hégé­mo­nie pro­fi­tant de (ou entre­te­nant) l’affaiblissement de ses voi­sins proches grâce à ces mou­ve­ments clien­té­listes ou tri­bu­taires. En Irak, le poids des milices Hashd al-Shaa­bi, for­mées notam­ment par les Pas­da­rans (Gar­diens de la Révo­lu­tion) ira­niens, n’est plus à démon­trer. Cer­tains cadres de ces milices chiites, à l’image de l’ancien ministre Hadi al-Ami­ri, ont ser­vi dans les rangs ira­niens durant le conflit avec l’Irak dans les années 1980. Cette réa­li­té se ren­contre éga­le­ment en Syrie avec le rôle incon­tes­table joué par l’Iran dans la for­ma­tion et la coor­di­na­tion des milices pro-régime, et dont la reprise d’Alep aux forces rebelles aura été un épi­sode saillant.

Enfin, le repo­si­tion­ne­ment actuel de l’Iran vis-à-vis de son « étran­ger proche » tient aus­si au consen­sus main­te­nu à l’intérieur du régime. La manière dont l’Iran mène sa poli­tique étran­gère est loin d’être une machine bien hui­lée. Les ten­sions et jeux de pou­voirs entre fac­tions ont long­temps pesé dans les orien­ta­tions du régime ira­nien. Les exemples des négo­cia­tions sur le nucléaire ou des ouvertures/fermetures de dis­cus­sions sur des enjeux régio­naux attestent des essais/erreurs dans les prises de déci­sions au som­met du régime. À la dif­fé­rence de la pré­si­dence Ahma­di­ne­jad, qui a ouvert des frac­tures au sein du régime, la pré­si­dence Rou­ha­ni a mis en avant la néces­si­té de l’unité entre les dif­fé­rents cercles de pou­voirs pour bri­ser l’isolement pesant sur le pays4.

On le voit, le pré­ten­du « arc chiite » est davan­tage poli­tique que cultu­rel ou reli­gieux. Le sou­tien à la Syrie est avant tout, pour l’Iran, un sou­tien stra­té­gique visant à évi­ter la prise de pou­voir d’un cou­rant sun­nite proche des monar­chies arabes, hos­tiles à Téhé­ran. Dis­po­sant de son propre agen­da, l’Iran essaie de rejouer la même par­ti­tion qui lui a per­mis d’occuper un rôle impor­tant dans la vie poli­tique au Liban. La Répu­blique isla­mique pro­meut d’ailleurs un « Axe de la Résis­tance » (mehvar‑e mogha­ve­mat) reliant l’Iran au Hez­bol­lah en pas­sant par une Syrie avec laquelle des liens forts sont entre­te­nus depuis les années 1980. Via son action en Syrie, la Répu­blique isla­mique s’y est dotée de ses propres « clients » ou tri­bu­taires, impo­sant son contrôle sur plu­sieurs pans de l’économie et dif­fé­rents centres de pou­voir. Les Ira­niens sont ain­si par­ve­nus à créer un réseau de fidèles, d’une part, dotés de leurs milices, de leurs hommes d’af­faires et de leurs capi­taux et, d’autre part, pro­gres­si­ve­ment enga­gés dans des dyna­miques sociales favo­ri­sant leur enracinement. 

Ces actions repré­sentent-elles une vic­toire déci­sive de l’Iran dans ces zones de conflits ? Il est encore trop tôt pour le dire. Cer­taines com­mu­nau­tés et mou­ve­ments chiites locaux ont, par le pas­sé, mis en avant leurs spé­ci­fi­ci­tés propres, en insis­tant sur l’intégrité d’États dont ils se consi­dèrent par­ties pre­nantes et consti­tu­tives5. L’analyse du fait chiite doit conti­nuer à se réa­li­ser sui­vant des pers­pec­tives natio­nales. Cette néces­si­té est d’autant plus forte que l’autorité spi­ri­tuelle d’Ali Kha­me­nei, Guide suprême de la Révo­lu­tion et à ce titre véri­table chef de l’État, est loin d’être recon­nue par l’ensemble des chiites. La notion même de Répu­blique isla­mique ne fait pas non plus l’unanimité au sein du cler­gé chiite. Des lea­deurs reli­gieux tels que les Shi­ra­zi en Iran ont ain­si cri­ti­qué le pou­voir isla­mique tel que pro­po­sé par Rou­hol­lah Kho­mei­ni. D’autres clercs, comme Muham­mad Bahr al-Ulum en Irak, s’opposent à la main­mise d’une idéo­lo­gie poli­tique per­çue comme étrangère.

Les dis­sen­sions sont donc vives donc au sein du pré­ten­du « axe chiite » et les réa­li­tés locales influent for­te­ment sur les com­por­te­ments des diverses com­mu­nau­tés6. Des jeux poli­tiques sont en cours, entraî­nant des alliances oppor­tu­nistes entre sun­nites et chiites, à l’image du rap­pro­che­ment récent du lea­deur chiite ira­kien Moq­ta­da al-Sadr avec les monar­chies sun­nites saou­diennes et émi­ra­ties7. Néan­moins, en jouant sur la frag­men­ta­tion et sur un rap­port de forces per­ma­nent, l’Iran par­vient à tirer son épingle du jeu et à être la prin­ci­pale force à même de peser sur les cli­vages poli­tiques en Irak. Par la pré­sence de milices inféo­dées ain­si que de res­sources finan­cières pou­vant être accor­dées aux par­tis et mou­ve­ments accep­tant de s’aligner sur sa poli­tique régio­nale, Téhé­ran dis­pose de moyens lui don­nant un avan­tage cer­tain. Cette « liba­ni­sa­tion » est tout autant active en Syrie où, via les milices confes­sion­nelles, une dyna­mique de « dé-baa­si­sa­tion » est en cours, ren­for­cée par les dou­lou­reux dépla­ce­ments confes­sion­nels de populations. 

La ques­tion de l’évolution du poids de l’Iran au Moyen-Orient reste cepen­dant posée. L’évolution à court et moyen termes de cette région est une équa­tion à plu­sieurs incon­nues dans laquelle des fac­teurs tant locaux que régio­naux et mon­diaux inter­viennent et peuvent entrer en col­li­sion. De nom­breux obs­tacles se dressent tou­jours devant les objec­tifs de la Répu­blique isla­mique, laquelle pour­rait dès lors s’avérer un colosse aux pieds d’argile.

Com­ment les régimes en place vont-ils se posi­tion­ner face à tous ces groupes qui, désor­mais, affirment leurs enra­ci­ne­ments poli­tiques et socio-éco­no­miques ? De même, com­ment réagi­ront des puis­sances comme Israël face au ren­for­ce­ment de la pré­sence des Ira­niens à leurs fron­tières ? Enfin, com­ment le régime ira­nien lui-même va-t-il s’organiser par rap­port à de nou­velles pro­jec­tions ? Des ten­sions pour­raient-elles émer­ger entre prag­ma­tiques ouverts à la négo­cia­tion et radi­caux refu­sant l’idée de dia­logue avec les Occi­den­taux ? Il s’agira de prendre le recul néces­saire pour ana­ly­ser ces évé­ne­ments et leur inter­ac­tion. Une chose est néan­moins cer­taine à l’heure actuelle : ces dif­fé­rentes dyna­miques ouvrent une nou­velle séquence de l’histoire du Moyen-Orient qui est encore loin d’être sor­ti de sa zone de turbulence. 

  1. Le motif reli­gieux n’est tou­te­fois pas le seul élé­ment d’engagement. La pro­messe de l’accès à un emploi et un loge­ment en Iran, dans le cas des Afghans incor­po­rés dans les bri­gades Fate­miyoun, est une réa­li­té. De même, la moti­va­tion mer­can­tile de volon­taires ira­niens a fait l’objet de nom­breux débats sur les réseaux sociaux iraniens.
  2. Meh­di Minean, « Mohit‑e amniyat‑e Djom­hou­ri-ye esla­mi-ye Iran dar sath‑e men­ta­gha­ha-ye va bina mela­li », in Revue Isla­mique de l’U­ni­ver­si­té Isla­mique Azad, n ° 6, Uni­ver­si­té isla­mique d’Azad, Téhé­ran, 2009, Reza Sim­ber, Roo­hol­lah Ghas­se­mian, « Moa’lefa-ye asa­si-ye mohit‑e amniyat‑e Iran va sou­riyyeh », in Revue de recherche en stra­té­gie poli­tique, Volume 3, Numé­ro 9, Uni­ver­si­té Alla­meh Taba­ta­ba’i , Téhé­ran, Été 2014, p. 143 – 178.
  3. Cette « peur » des fron­tières s’incarne autour de la crainte d’une nou­velle inva­sion, notam­ment sur ses fron­tières occi­den­tales. Le régime s’appuie sur plu­sieurs réfé­rents his­to­riques, dont le prin­ci­pal est celui de la guerre avec l’Irak de 1980 à 1988. D’autres sou­ve­nirs sont entre­te­nus comme l’invasion anglo-sovié­tique de l’I­ran en 1941 ain­si que les inter­ven­tions amé­ri­caines au Moyen-Orient (Hosein Ala­jah, Djaygah‑e Iran dar mohit‑e amniyat‑e Kha­var Mia­neh, Kha­ba­ron­line, 15 avril 2013)
  4. L’importance de cette uni­té a été sou­li­gnée par Has­san Rou­ha­ni, en 2011, dans son ouvrage à pro­pos des négo­cia­tions sur le nucléaire (Has­san Rou­ha­ni, Amniyat‑e Mel­li va Diplo­ma­si-ye Has­te’i, Téhé­ran, Cen­ter for Stra­te­gic Research, 2011).
  5. En Irak, mal­gré la recon­nais­sance récente par Qas­sem Solei­ma­ni du rôle joué par le grand aya­tol­lah Ali Sis­ta­ni, ce der­nier conti­nue à s’inscrire dans une pos­ture natio­nale. Lors d’une réunion avec le repré­sen­tant spé­cial de l’ONU pour l’Irak, Ján Kubiš, Sis­ta­ni, à l’origine de la mobi­li­sa­tion des milices popu­laires chiites, a lui-même décla­ré qu’il était impor­tant de veiller à l’application de la loi qui garan­ti­rait que les armes res­tent exclu­si­ve­ment dans les mains de l’État ou que les milices ne devraient pas être impli­quées dans les élections.
  6. Sabri­na Mer­vin, « En atten­dant l’Imam : auto­ri­té reli­gieuse et pou­voir poli­tique dans le chiisme duo­dé­ci­main », in Islams poli­tiques. Cou­rants, doc­trines et idéo­lo­gies, Sabri­na Mer­vin et Nabil Mou­line (dir.), Paris, CNRS Édi­tions, 2017, p. 131 sq.
  7. De nom­breuses ren­contres bila­té­rales ont été menées au cours de l’année 2017, en plus de la réou­ver­ture des fron­tières entre l’Arabie Saou­dite et l’Irak et de la reprise des vols com­mer­ciaux vers Bag­dad (Edward Yera­nian, Iraq, Sau­di Ara­bia Reo­pen Land Bor­der and Pre­pare to Resume Air Links, Voice of Ame­ri­ca, 8 août 2017).

Jonathan Piron


Auteur

historien, spécialiste du Moyen-Orient, il dirige le pôle prospective d’Etopia. Il enseigne également les relations internationales contemporaines à Helmo et est chercheur-associé au Grip