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Avorter ? Et puis quoi encore ? Sortir de la misère, peut-être ?

Blog - Anathème par Anathème

février 2014

Tout cela est bel et bon, mais il faut conve­nir que l’Espagne fait dans la demi-mesure. Il est certes très posi­tif d’empêcher au maxi­mum les femmes d’avorter. Leur fonc­tion repro­duc­trice est essen­tielle à notre socié­té et ce ne sont pas les couples homo­sexuels qui nous sau­ve­ront du déclin démo­gra­phique, moral et mili­taire. Il faut être réaliste, […]

Anathème

Tout cela est bel et bon, mais il faut conve­nir que l’Espagne fait dans la demi-mesure. Il est certes très posi­tif d’empêcher au maxi­mum les femmes d’avorter. Leur fonc­tion repro­duc­trice est essen­tielle à notre socié­té et ce ne sont pas les couples homo­sexuels qui nous sau­ve­ront du déclin démo­gra­phique, moral et militaire.

Il faut être réa­liste, la fina­li­té repro­duc­tive de la femme est essen­tielle et il est hors de ques­tion d’y lais­ser por­ter atteinte. Hor­mis de rares cas, tout avor­te­ment est « de confort » en ce qu’il fait pas­ser l’individu avant le groupe, la nation et l’humanité. Peut-on rêver plus égoïste qu’un avortement ?

Mais notre socié­té ne repose pas seule­ment sur la repro­duc­tion sexuée. Elle doit éga­le­ment beau­coup à la repro­duc­tion sociale. Que ferions-nous si tout le monde était ingé­nieur, méde­cin, artiste, riche, bien por­tant ? Il est évident que l’inégalité est un des moteurs de notre socié­té et du pro­grès de l’humanité. Tout don­ner à cha­cun pro­vo­que­rait un arrêt du pro­grès humain par abou­lie1. Une fois de plus, il s’agirait de sacri­fier l’intérêt de l’espèce à l’égoïsme des indi­vi­dus. Car peut-on ima­gi­ner que cha­cun se lève par plai­sir ? Fran­che­ment, qui s’acquitterait spon­ta­né­ment de ces mille tâches dont per­sonne ne veut, comme ramas­ser les ordures, laver les vieux, éle­ver les mômes ou cas­ser la gueule aux mani­fes­tants ? Je vous le demande un peu…

Il faut res­ter rai­son­nable et consi­dé­rer que, sans la peur des uns de chu­ter et celle des autres de cre­ver de faim, rien ne bou­ge­rait en ce bas monde. Il faut donc nous pro­té­ger de l’égalité. Or, rien n’en pro­tège plus effi­ca­ce­ment – et pour un coût déri­soire – que la repro­duc­tion sociale, laquelle nous assure que les enfants souf­fri­ront des maux qui tour­mentent leurs parents et joui­ront de leurs privilèges.

Le gou­ver­ne­ment actuel l’a bien com­pris, qui a déci­dé de dyna­mi­ser notre socié­té en pré­ci­pi­tant dans la misère, la mal­nu­tri­tion et le mal-être social des hordes d’allocataires sociaux bien­tôt en fin de droits… accom­pa­gnés de leurs familles, désor­mais condam­nées à la stag­na­tion sociale. Recon­nais­sons-le, les exclu­sions indi­vi­dua­li­sées n’étaient pas suf­fi­santes. Le tra­vail à la pièce, l’activation, les rap­pels à l’ordre et l’exclusion au cas par cas consti­tuent un arti­sa­nat qui a sa noblesse, mais qui manque cruel­le­ment d’efficacité. Des mesures linéaires sont net­te­ment pré­fé­rables, qui concernent d’un coup des cohortes d’individus. De la même manière, il faut saluer toute réduc­tion de la pro­gres­si­vi­té de l’impôt, l’impunité pour les puis­sants et la dua­li­sa­tion du sys­tème d’enseignement. Seules des mesures mas­sives res­ti­tue­ront notre socié­té à sa vivi­fiante inéga­li­té ! Pour main­te­nir cette stra­ti­fi­ca­tion, il suf­fit de lais­ser les choses suivre leur cours et la repro­duc­tion sociale œuvrer.

Les mesures actuelles ne sont bien enten­du qu’un timide début. Il convient en effet de voir les choses sous un angle plus large, bien plus large… C’est ain­si que toute mesure atten­ta­toire à la repro­duc­tion sociale doit être tra­quée, sauf à de rares excep­tions moti­vées par des néces­si­tés de com­mu­ni­ca­tion. Il convient en effet de ne conser­ver de mesures d’interruption volon­ta­ristes de gâchis social qu’aux fins de démons­tra­tion de l’efficacité de la méri­to­cra­tie. Celle-ci per­met, à ceux qui le veulent vrai­ment et qui en ont réel­le­ment les capa­ci­tés, de deve­nir ce qu’ils veulent ! Et il faut que cela se sache.

Toutes les autres mesures autre­fois dites de « jus­tice sociale » doivent être consi­dé­rées pour ce qu’elles sont : des avor­te­ments sociaux, des crimes contre la repro­duc­tion sociale.

Qui a dit que notre socié­té était en panne de projets ?

  1. Si vous sou­hai­tez savoir ce qu’est l’aboulie, il vous fau­dra le méri­ter et aller consul­ter un dictionnaire.

Anathème


Auteur

Autrefois roi des rats, puis citoyen ordinaire du Bosquet Joyeux, Anathème s'est vite lassé de la campagne. Revenu à la ville, il pose aujourd'hui le regard lucide d'un monarque sans royaume sur un Royaume sans… enfin, sur le monde des hommes. Son expérience du pouvoir l'incite à la sympathie pour les dirigeants et les puissants, lesquels ont bien de la peine à maintenir un semblant d'ordre dans ce monde qui va à vau-l'eau.