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Quoi de neuf ? La Revue nouvelle

Numéro 2 février 2014 par Thomas Lemaigre

février 2014

Voi­là un bon moment que notre revue est nou­velle. Est-ce parce qu’elle a bien chan­gé depuis 1945 qu’elle a pu le res­ter ? Est-elle pour autant mécon­nais­sable ? Sans doute pas, mais le chan­tier per­pé­tuel qui l’anime est de res­ter en phase avec son temps, par­fois même un chouïa en avance, et de demeu­rer un lieu d’animation intel­lec­tuelle, de […]

Voi­là un bon moment que notre revue est nou­velle. Est-ce parce qu’elle a bien chan­gé depuis 1945 qu’elle a pu le res­ter ? Est-elle pour autant mécon­nais­sable ? Sans doute pas, mais le chan­tier per­pé­tuel qui l’anime est de res­ter en phase avec son temps, par­fois même un chouïa en avance, et de demeu­rer un lieu d’animation intel­lec­tuelle, de débat, de ques­tion­ne­ment, de cri­tique et de proposition.

Luc Van Cam­pen­houdt en a été le direc­teur depuis mai 2007. Il a mis en œuvre de nom­breuses évo­lu­tions : maquette, rubri­cage, ton, recru­te­ment de nou­velles plumes, etc. Il a aus­si pris une part très active à la pro­duc­tion de conte­nu : édi­to­riaux, articles de fond, dos­siers, etc. On ne compte plus les pages qu’il nous a don­nées. Le plus impor­tant est cepen­dant qu’il y a joué le rôle d’un ani­ma­teur, d’un pro­mo­teur du gai savoir, d’un pas­seur d’interrogations, d’un homme encou­ra­geant, capable tout à la fois de confiance et d’exigence. Rares sont ceux qui allient l’esprit et le cœur. Luc Van Cam­pen­houdt est de ceux-là.

Après plu­sieurs années d’implication forte, il a sou­hai­té pas­ser la main. Ne pas se croire indis­pen­sable est la marque d’une par­ti­cu­lière intel­li­gence ; la nou­velle équipe direc­to­riale qui se met en place tâche­ra d’en prendre de la graine. Cette nou­velle équipe s’est d’ailleurs assu­rée que Luc Van Cam­pen­houdt res­te­rait par­ti­cu­liè­re­ment actif dans la revue… Même s’il ne dis­pa­rait pas de nos pages, qu’il soit cha­leu­reu­se­ment remer­cié pour tout ce qu’il a appor­té à La Revue nou­velle et à ceux qui l’ont ani­mée avec lui. D’ailleurs, si les nou­veaux codi­rec­teurs entament leur man­dat avec un plein havre­sac de pro­jets, c’est en bonne par­tie grâce au pro­ces­sus de réflexion qu’il a tenu à susciter.

Notre socié­té se pré­tend ration­nelle. Elle se dit même « socié­té du savoir ». Pour­tant, il est dif­fi­cile de plus mal se connaitre. Elle est dite de l’«information », mais le bruit y est assour­dis­sant et les voix sus­cep­tibles d’éclairer, d’ouvrir des dia­logues, d’apporter du neuf, d’aider à pen­ser et d’accompagner la vie démo­cra­tique sont bien faibles. Elle se pré­tend démo­cra­tique, mais le niveau du débat poli­tique y est sou­vent affli­geant. Les besoins sont énormes que La Revue nou­velle a pour voca­tion d’aider à satis­faire. C’est pour­quoi nous pen­sons que ce pro­jet mérite d’être encore défen­du et qu’il exis­te­ra encore long­temps des lec­teurs pour nous suivre dans l’aventure. Des lec­teurs qui ne se contentent plus de rece­voir pas­si­ve­ment, qui nous répondent, qui dia­loguent ? Tant mieux ! Pour notre part, nous enten­dons bien les y inviter.

Une nou­velle équipe arrive, donc. Nous avons été dési­gnés codi­rec­teurs par l’assemblée géné­rale de la revue du 10 jan­vier der­nier. Il nous appar­tient main­te­nant, for­te­ment sou­te­nus par une équipe rédac­tion­nelle moti­vée, de pour­suivre l’infini pro­jet qu’est une revue. Les chan­tiers sont nom­breux : diver­si­fi­ca­tion des styles et des plumes, révi­sion du for­mat, arti­cu­la­tion des sup­ports papier et élec­tro­nique, valo­ri­sa­tion des archives de la revue, etc. Sans comp­ter le défi quo­ti­dien qu’est la pro­duc­tion d’une publi­ca­tion de qualité.

Notre ambi­tion est aus­si d’être à la fois plus foca­li­sés sur l’avenir, sur la pros­pec­tive, sur la détec­tion et le déco­dage des mou­ve­ments du pré­sent, aux côtés des acteurs qui inventent et expé­ri­mentent le chan­ge­ment. Nous sommes fati­gués de la sinis­trose inhi­bi­trice, du sup­po­sé sen­ti­ment d’impuissance, du confort des dénon­cia­tions, des cri­tiques culpa­bi­li­santes de l’individualisme, sans même par­ler des appels à de chi­mé­riques révo­lu­tions ou points de bas­cule his­to­riques. Car oui, notre sou­ci et notre enga­ge­ment constants, c’est de lire notre temps et, chaque fois que nous le pour­rons, de par­ti­ci­per à sa marche ; tou­jours en ché­ris­sant notre indé­pen­dance, notre liber­té de ton et de pen­sée, notre sou­ci de per­ti­nence et d’utilité sociale.

Notre objec­tif est donc bien de pour­suivre le pro­jet Revue nou­velle tout en lui don­nant un nou­veau souffle. Pour ce faire, il fau­dra éga­le­ment que notre média trouve sa place dans un contexte en pro­fonde muta­tion. Le déve­lop­pe­ment de l’internet a pro­vo­qué d’importantes modi­fi­ca­tions des habi­tudes de consul­ta­tion de l’information et de lec­ture. C’est l’ensemble de l’édition de jour­naux et de revues qui est actuel­le­ment sur la sel­lette. Com­ment pro­duire et dif­fu­ser des écrits de qua­li­té dans un envi­ron­ne­ment qui sur­va­lo­rise la rapi­di­té ? Com­ment faire sens dans un contexte d’érosion de la hié­rar­chie des dis­cours ? Com­ment vendre de la qua­li­té quand le médiocre est gra­tuit ? Com­ment arti­cu­ler papier et publi­ca­tions en ligne, notam­ment les blogs de la revue1 ? Com­ment nour­rir un pro­jet démo­cra­tique qui n’a pas assez confiance en lui-même ?

Plus lar­ge­ment, les muta­tions sociales actuelles — mais de quelle socié­té n’a‑t-on pas dit qu’elle était en pro­fonde muta­tion ? — agissent sur les attentes de nos lec­teurs poten­tiels, sur la manière dont vous ouvrez nos paru­tions, dont vous les lisez, dont vous les com­men­tez, dont vous nous êtes fidèles… ou pas. Cha­cun de vous, lec­teurs, se mérite, sur­tout quand l’ambition ne se limite pas à la dif­fu­sion de pro­grammes télé ou à celle d’images volées aux célé­bri­tés du moment. Quels sujets ? Quelle pério­di­ci­té ? Quelle lon­gueur d’articles ? Quel ton ? Quel niveau de com­plexi­té ? Telles sont quelques-unes des ques­tions que nous nous posons… et aux­quelles nous pré­pa­rons des réponses en actes.

Faire une revue en 2014, c’est dan­ser sur un fil qui ne cesse de bou­ger. La Revue nou­velle entame donc une mue impor­tante. Dans les mois qui viennent, vous la ver­rez chan­ger… pour un mieux, bien enten­du. Votre avis nous sera alors essen­tiel, de même que, si vous appré­ciez les muta­tions en cours, la pro­mo­tion de la revue autour de vous. Il ne sera pos­sible de conti­nuer à vous l’offrir que si vous n’êtes pas seul à l’acheter…

  1. www.revuenouvelle.be/blog

Thomas Lemaigre


Auteur

Thomas Lemaigre est économiste et journaliste. Il opère depuis 2013 comme chercheur indépendant, spécialisé sur les politiques sociales et éducatives, ainsi que sur les problématiques socio-économiques régionales. Il exerce également des activités de traduction NL>FR et EN>FR. Il est co-fondateur de l'Agence Alter, éditrice, entre autres, du mensuel {Alter Echos}, qu'il a dirigée jusqu'en 2012. Il enseigne ou a enseigné dans plusieurs Hautes écoles sociales (HE2B, Helha, Henallux).