Les falsifications des œuvres d’art sont aussi anciennes que le marché lui-même : dès qu’apparait une demande surgissent les faussaires ; n’importe quelle collection a ses faux. L’affaire Beltracchi, du nom de ce faussaire condamné en 2011 à six ans de prison, illustre le fonctionnement d’un marché entre cupidité et crédulité qui brasse des sommes considérables, recycle de l’argent sale, n’est pas affecté par la crise, peu enclin à élaborer un code de déontologie. Au-delà se pose la question de la valeur de l’œuvre et de la copie, question indécidable tant le faux peut être divers et couvre un spectre large. De surcroit, le courant postmoderniste, depuis les années soixante, discrédite la notion même d’original.