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Pleins de notre vide

ABO Numéro 03 – 2021 mobilitéréseaustockvide - par Christophe Mincke -

À n’en pas douter, chaque société a développé sa conception du vide et lui a attribué une valeur particulière. La nature a-t-elle horreur du vide ? Peut-on concevoir la valeur zéro ? Qu’est-ce qu’une vie bien remplie et de quoi l’est-elle ? De quoi comblons-nous le silence des cartes et à quelles conditions pouvons-nous prétendre qu’un territoire est inoccupé ? Qui peut être tenu pour quantité négligeable ? Pourquoi pourrait-on souhaiter « faire le vide » en soi ? Les questions relatives au vide sont infinies et concernent d’innombrables aspects de nos vies individuelle et sociale. Aussi semble-t-il légitime de se demander quel type de rapport au vide nos sociétés ont développé.

À cet égard, les travaux que nous menons sur notre rapport contemporain à l’espace-temps et à la mobilité [1] nous incitent à nous pencher sur deux questions spécifiques : comment concevons-nous la manière adéquate de gérer le temps et comment pensons-nous les espaces et leur potentielle vacuité ? Il nous semble, en effet, que nos sociétés présentent cette particularité intéressante d’enjoindre à la fois de pourchasser tout vide dans notre emploi du temps et de renoncer à accumuler, à combler l’espace de nos productions et acquisitions. Il se dessine ici un...
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Christophe Mincke


Auteur

Christophe Mincke est codirecteur de La Revue nouvelle, directeur du département de criminologie de l’Institut national de criminalistique et de criminologie et professeur à l’Université Saint-Louis à Bruxelles. Il a étudié le droit et la sociologie et s’est intéressé, à titre scientifique, au ministère public, à la médiation pénale et, aujourd’hui, à la mobilité et à ses rapports avec la prison. Au travers de ses travaux récents, il interroge notre rapport collectif au changement et la frénésie de notre époque.